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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2304157

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2304157

mardi 12 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2304157
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSCHURMANN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 30 juin et 24 août 2023, M. B D, représenté par Me Schürmann, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 9 juin 2023 par lequel le préfet de l'Isère a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays de destination ;

3°) d'ordonner au préfet de l'Isère de lui délivrer le titre de séjour mention " étranger malade ", dans le mois suivant la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour retard ; à défaut, d'enjoindre au préfet de l'Isère de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir et de le mettre en possession d'une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de ce réexamen, et ce sous astreinte de 150 euros par jour de retard ; d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer une attestation de demande d'asile et à défaut de réexaminer sa situation, dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir et de le mettre en possession d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans l'attente de ce réexamen, et ce sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- La décision est signée par une autorité incompétente ;

- la décision n'est pas motivée ;

- le préfet qui ne produit pas les avis médicaux, ne justifie pas qu'il a bien recueilli l'avis du collège de médecins de l'OFII ;

- l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été méconnu ;

- la décision est entachée d'erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- le Préfet a retiré finalement les articles 2 et 3 de la mesure d'éloignement concernant l'obligation de quitter le territoire et le pays de destination ; toutefois, le Tribunal prononcera l'annulation de cet arrêté dans son intégralité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2023, le préfet de l'Isère conclut au non-lieu partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il soutient que l'article 2 et l'article 3 de l'arrêté préfectoral n°2023 - SB87 ont été retirés ; que les moyens soulevés à l'encontre du refus de séjour ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 3 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 24 août 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Vial-Pailler,

- les observations de Me Schürmann, représentant M. D.

Considérant ce qui suit :

1. M. B D, né le 31 décembre 1992 à Bénin City au Nigéria, de nationalité nigériane, est entré en France le 23 décembre 2020 afin de solliciter l'asile. Il a été placé en procédure Dublin. Sa demande d'asile a été reprise par la France le 16 août 2022 et une attestation de demandeur d'asile lui a été délivrée. En outre, l'intéressé a déposé une demande de titre de séjour " étranger malade " auprès de la préfecture de l'Isère, le 27 septembre 2022. Aux termes de l'arrêté attaqué du 9 juin 2023, le préfet de l'Isère a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays de destination.

2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B D, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur l'exception de non-lieu :

3. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait plus lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte retiré aurait reçu exécution. En revanche, dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le recours formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.

4. En l'espèce, il est constant que l'arrêté du 13 juillet 2023 retirant, en cours d'instance, la décision obligeant M. D à quitter le territoire français et celle fixant le pays de destination, n'a pas acquis, à la date où le juge statue, un caractère définitif. Les conclusions à fin de non-lieu à statuer présentées par le préfet de l'Isère doivent donc être rejetées.

Sur les conclusions en annulation :

5. Aux termes des dispositions de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français ". Aux termes de l'article L. 541-2 du même code : " L'attestation délivrée en application de l'article L. 521-7, dès lors que la demande d'asile a été introduite auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, vaut autorisation provisoire de séjour et est renouvelable jusqu'à ce que l'office et, le cas échéant, la Cour nationale du droit d'asile statuent. ". Aux termes l'article L. 542-1 de ce code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ".

6. Le requérant soutient que bénéficiant toujours du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 541-1 et L. 541-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il est fondé à demander l'annulation de toutes les décisions attaquées qui sont privées de base légale.

7. En application des dispositions de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile rappelées au point 5, le préfet de l'Isère ne pouvait éloigner M. D, qui bénéficiait du droit de se maintenir sur le territoire français tant que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides n'avait pas statué sur sa demande d'asile. Toutefois, ces dispositions ne constituent pas la base légale du refus de séjour au titre de la santé. Par suite, elles ne peuvent être utilement invoquées à l'encontre du refus de séjour pris sur le seul fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'ensuit que M. D est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté en date du 9 juin 2023 en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et fixe le pays de destination.

En ce qui concerne le refus de séjour :

8. L'arrêté attaqué a été signé par Mme C, chef du service de l'immigration et de l'intégration, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature par arrêté du 26 juillet 2022, régulièrement publié. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cette décision manque en fait.

9. L'arrêté attaqué comprend les considérations de droit et les éléments de fait qui le fondent. Le préfet, qui est tenu par le secret médical, n'a pas l'obligation de mentionner de manière exhaustive tous les éléments tenant à la situation personnelle dont le requérant entend se prévaloir. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté serait insuffisamment motivé ni que le préfet de l'Isère n'aurait pas procédé à un examen sérieux de sa situation personnelle.

10. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. (). ". Par ailleurs, l'article R. 425-11 du même code dispose que : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. (). ". En outre, aux termes de l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. / () / Il transmet son rapport médical au collège de médecins. (). ". L'article R. 425-13 dudit code dispose que : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. (). ". Aux termes de l'article 3 de l'arrêté susvisé du 27 décembre 2016 : " Au vu du certificat médical et des pièces qui l'accompagnent ainsi que des éléments qu'il a recueillis au cours de son examen éventuel, le médecin de l'office établit un rapport médical (). ". Aux termes de l'article 5 du même arrêté : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport. ". Enfin, aux termes de l'article 6 du même arrêté : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. ".

11. L'avis rendu par le collège de médecins de l'OFII sur l'état de santé de M. D, du 2 février 2023, a été produit par le préfet de l'Isère et communiqué à l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'avis de l'OFII manque en fait et doit être écarté. Cet avis est signé par les docteurs Fresneau, Quilliot et Millet. Il ressort des pièces du dossier que cet avis a été rendu sur la base du rapport médical rédigé par le docteur A. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure, du fait de l'irrégularité de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, doit être écarté.

12. En quatrième lieu, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. Le tribunal doit s'assurer, eu égard à la pathologie du requérant, de l'existence d'un traitement approprié et de sa disponibilité dans des conditions permettant d'y avoir accès. Il ne lui appartient pas de rechercher si les soins dans le pays d'origine sont équivalents à ceux offerts en France.

13. Le requérant soutient qu'il a besoin de soins en France non disponibles au Nigéria, qu'il bénéficie en France de soins liés à son état dépressif et en raison d'un syndrome d'apnée du sommeil sévère, qu'il bénéficie d'un appareil électrique la nuit, que son médecin relève qu'il présente 45 étouffements par heure de sommeil et que ces étouffements sont responsables d'une chute du taux d'oxygène dans le sang et à la longue, d'une augmentation du risque cardiovasculaire et d'une surmortalité, qu'il bénéficie aussi d'un suivi psychiatrique et d'un traitement anti dépresseur, que son médecin relève des conduites suicidaires en raison d'un trouble de stress post-traumatique, que les soins psychiatriques au Nigéria sont de mauvaise qualité, voire inaccessibles compte-tenu du nombre de psychiatres et du coût de la prise en charge en hôpital, que son traitement médicamenteux est indisponible au Nigéria.

14. Toutefois, les deux rapports généraux de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) du 10 novembre 2017 et du 22 janvier 2014, qui soulignent la faiblesse des soins au Nigéria, l'absence d'assurance maladie concernant les maladies psychiatriques en particulier, mentionnent que le coût d'une prise en charge appropriée au Nigéria est inabordable pour la majeure partie de la population, ne permettent pas à eux seuls de contredire sérieusement l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration quant à la possibilité d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Les certificats médicaux produits par le requérant ne se prononcent pas sur la disponibilité des soins dans le pays d'origine. Le requérant, qui ne donne aucune indication sur les médicaments qui lui sont prescrits, n'établit pas que des médicaments comportant un principe actif comparable ne sont pas disponibles au Nigéria alors que le préfet de l'Isère justifie d'une offre de soins au Nigéria en pneumologie et en psychiatrie. Enfin, le requérant n'établit pas que les soins ne lui seraient pas financièrement accessibles. Par suite, M. D n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Isère, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, a méconnu les dispositions des articles L. 425-9 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Eu égard à ce qui précède, il n'est pas davantage fondé à soutenir que le préfet de l'Isère, en adoptant la décision en litige, a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

15. Il résulte de tout ce qui précède que M. D est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté en date du 9 juin 2023 en tant que le préfet de l'Isère l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

16. En vertu de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, lorsqu'une obligation de quitter le territoire est annulée, " l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ". Le présent jugement n'implique pas d'autres mesures d'exécution que celles qui découlent nécessairement de ces dispositions.

Sur les frais du litige :

17. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de l'Etat au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'arrêté en date du 9 juin 2023 par lequel le préfet de l'Isère a obligé M. D à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination est annulé.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 :Le présent jugement sera notifié à M. D, à Me Schürmann et au préfet de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 4 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Vial-Pailler, président,

Mme Frapolli, première conseillère,

Mme Pollet, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2023.

Le président-rapporteur,

C. Vial-Pailler

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

I. Frapolli

Le greffier,

G. Morand

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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