vendredi 21 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2304192 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 3 |
| Avocat requérant | MATHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 juin 2023, Mme B A, représentée par Me Mathis, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 12 juin 2023 par lequel le préfet de la Savoie l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a pris à son encontre une interdiction de retour pour une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Savoie de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Savoie de supprimer l'inscription de non admission au fichier d'information Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
* l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français :
- est insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'une erreur de fait ;
- méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale ;
- méconnait l'article 3§1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
* la décision fixant le pays de destination :
- est entaché d'un défaut de motivation et d'examen de sa situation ;
- méconnait les articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- est entachée d'illégalité dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale ;
- méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale ;
- méconnait l'article 3§1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
* l'interdiction de retour :
- est illégale dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale ;
- est insuffisamment motivée au regard des critères devant être pris en compte ;
- est entachée d'une erreur de droit au regard de l'état de santé de sa fille ;
- n'est pas nécessaire.
Par un mémoire enregistré le 13 juillet 2023, le préfet de la Savoie conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir qu'il a abrogé la décision attaquée par un arrêté du 11 juillet 2023 compte tenu du rendez-fixé en préfecture fixé au 25 juillet 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier,
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950,
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 20 juillet 2023 à 11 heures 15 au cours de laquelle la magistrate désignée a présenté son rapport et a entendu les observations de Me Mathis pour Mme A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante arménienne née le 12 juin 1991, soutient être entrée en France le 7 juillet 2022. Elle a sollicité le bénéfice d'une protection au titre de l'asile qui lui a été refusé par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 21 octobre 2022, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 16 mai 2023. Par l'arrêté attaqué du 12 juin 2023, le préfet de la Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an.
2. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre provisoirement Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
3. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi, même si l'acte rapporté a reçu exécution.
4. Le préfet de la Savoie a, le 11 juillet 2023, postérieurement à l'arrêté contesté, retiré son arrêté préfectoral N°2023/138 du 12 juin 2023 portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et interdisant de retour sur le territoire pendant une durée d'un an au motif que Mme A avait obtenu un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour le 25 juillet 2023. L'arrêté du 11 juillet 2023 a eu pour effet d'abroger les effets de la mesure d'éloignement qui n'avait reçu aucune application. Par suite il n'y a plus lieu de statuer sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination et portant interdiction de séjour.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés en cours d'instance et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :
Article 2 :
Article 3 :
Article 4 :Mme A est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de Mme B A.
Les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.
Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Mathis et au préfet de la Savoie.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2023.
La magistrate désignée,
E. Barriol
Le greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°230419
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026