jeudi 21 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2304342 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BLANC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 juillet 2023, Mme B A, représentée par Me Blanc, demande au tribunal :
- d'annuler l'arrêté du 20 juin 2023 par lequel le préfet de la Haute-Savoie a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé la destination d'éloignement et prononcé une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de dix-huit mois ;
- d'enjoindre au préfet de procéder sans délai au réexamen de son dossier, de lui délivrer un titre de séjour et, dans l'attente de l'instruction de son dossier, de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour ;
- de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros qui sera versée à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- le refus de titre de séjour viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision l'obligeant à quitter le territoire méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant le pays de destination viole l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- La décision d'interdiction de retour est insuffisamment motivée et méconnaît l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 juillet 2023, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par ordonnance du 18 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 10 août 2023.
Des pièces complémentaires ont été enregistrées pour Mme A le 24 août et le 4 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Bailleul, premier conseiller, et constaté l'absence des parties.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante albanaise née en 1983, est entrée en France en avril 2021 avec ses deux filles mineures. Sa demande d'asile a été rejetée par décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 14 juin 2021 et de la Cour nationale du droit d'asile du 7 décembre 2021. Par arrêté du 15 septembre 2021 dont la légalité a été confirmée par un jugement du 28 octobre 2021, le préfet de la Haute-Savoie a refusé son admission au séjour et prononcé une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours assortie d'une interdiction de retour d'une durée d'un an. La demande de réexamen enregistrée le 28 janvier 2022, a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 15 février 2022, confirmée le 17 mai 2022 par la Cour nationale du droit d'asile. Assignée à résidence en vue de son éloignement par un arrêté du 23 mai 2022, Mme A a déposé une nouvelle demande de réexamen de sa demande d'asile le 2 août 2022, rejetée le 9 août 2022 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis par la Cour nationale du droit d'asile, le 6 janvier 2023. Le 8 septembre 2022, elle a déposé une demande de protection contre l'éloignement en raison de son état de santé. Sa demande a été rejetée par une décision du 25 janvier 2023 à la suite de l'avis rendu le 26 septembre 2022 par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration estimant que son état de santé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité. Le 24 février 2023, sur invitation des services de l'Etat, elle a déposé une demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant malade. Par l'arrêté attaqué du 20 juin 2023, le préfet de la Haute-Savoie a refusé de lui délivrer le titre sollicité, l'a obligée à quitter sans délai le territoire français et prononcé une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de dix-huit mois.
2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
3. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () "
4. Par un avis du 12 juin 2023, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que l'état de santé de la fille de Mme A, âgée de onze ans, nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle pouvait voyager sans risque vers le pays de renvoi. Les éléments médicaux joints à la présente instance ne permettent pas de contredire l'avis rendu par le collège des médecins de l'Office. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la mesure d'éloignement méconnaitrait les dispositions citées au point précédent.
5. Mme A, présente en France depuis deux ans, n'est pas dépourvue d'attaches en Albanie où elle a vécu jusqu'à l'âge de trente-huit ans et ne justifie pas de perspectives d'intégration en France. Si elle est divorcée de son époux, condamné en Albanie pour des violences familiales, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a relevé dans sa décision du 14 juin 2021 qu'elle avait bénéficié d'une protection de la part des autorités policières et judiciaires albanaises qui ont procédé à l'interpellation et à l'incarcération de son conjoint. Les éléments transmis par la requérante ne sont pas de nature à établir que l'Etat albanais ne pourrait lui venir en aide en cas de menaces de la part de son époux. Par suite, l'arrêté en litige ne porte pas à son droit à une vie privée et familiale normale, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée et ne viole pas les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Selon l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () "
7. L'arrêté attaqué mentionne l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et énonce, en prenant en compte l'ensemble des critères prévus par l'article L. 612-10 du même code, les considérations de fait qui justifient que soit prise à l'égard de la requérante une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois. La décision portant interdiction de retour est, ainsi, régulièrement motivée.
8. Mme A, présente en France depuis deux ans ne justifie pas d'attaches sur le territoire en dehors de ses deux filles mineures et a fait l'objet d'une première mesure d'éloignement par arrêté du 15 septembre 2021. Dans ces conditions, en édictant une décision d'interdiction de retour sur le territoire, le préfet de la Haute-Savoie n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er :Mme A est admise à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :La requête de Mme A est rejetée.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Blanc et au préfet de la Haute-Savoie.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Bailleul et Mme C, assesseurs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023.
Le rapporteur,
C. Bailleul
Le président,
T. Pfauwadel
Le greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026