mardi 18 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2304456 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SENEGAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 juillet 2023, Grenoble-Alpes métropole, représentée par Me Senegas, demande au juge des référés :
1°) de mettre fin, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, à la mesure d'injonction prononcée par l'ordonnance du juge des référés n°2304165 du 3 juillet 2023 ;
2°) de condamner in solidum Mme F H, M. D N, Mme G J, M. C H, M. M L et Mme B A au versement d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du Code de Justice Administrative.
La métropole soutient que :
- il n'y a plus lieu à statuer sur la requête initiale dès lors que les travaux sont quasiment terminés, seuls restant à implanter trois potelets autour de l'accès à la parcelle AB n°1280 ;
- il n'y a pas d'urgence à suspendre les travaux : la réalisation des travaux aujourd'hui presque achevés présente un intérêt public sur le plan de la sécurité de la circulation et des piétons et pour assurer une meilleure accessibilité du quai d'autobus aux usagers piétons, alors que l'accès existant à la parcelle AB 1280 a été maintenu ; l'atteinte au droit de propriété des requérants fait défaut dès lors que la rampe d'accès à ce quai se situe dans l'emprise du domaine public routier, à 2,25 mètres du mur de clôture, que la prétendue limite de propriété dont se prévalent les requérants est en réalité une limite cadastrale qui n'a aucune valeur quant à la détermination de la limite de propriété, que le plan de division parcellaire produit par les requérants initiaux révèle lui-même que l'empiétement sur la propriété privée riveraine fait défaut ; alors qu'une réunion d'information sur les travaux s'est tenue le 1er juin 2023, que les requérants initiaux ont mis en demeure la métropole d'y renoncer le 9 juin et que les travaux ont commencé le 12 juin, la requête en référé n'a été introduite que le 30 juin ;
- il n'est pas porté atteinte au droit de propriété ; les travaux ne constituent pas une emprise irrégulière dès lors que les requérants initiaux n'établissent pas avec certitude les limites de leur propriété ; la limite des parcelles AB 1282 et 1283 dont se prévalent les requérants initiaux est seulement une limite cadastrale ; aucune limite de propriété n'est pas indiquée dans les actes notariés ; en admettant même que les parcelles cadastrées AB 1282 et 1283 trouvent leur délimitation dans la limite cadastrale, les ouvrages installés par la métropole sont situés en dehors de ces parcelles ;
- si la privation de tout accès à la voie publique est susceptible de constituer une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, tel n'est pas le cas en l'espèce dès lors que les parcelles AB 1280 et 1281 conservent un accès à la voie publique et si le passage des véhicules entre celles-ci et les parcelles adjacentes AB 1282 et 1283 n'est pas possible en raison de la présence d'un muret ou d'une haie, cette circonstance d'ordre privé ne peut être reprochée à la métropole ; de plus, les parcelles AB 1282 et 1283 n'ont pas vocation permettre le stationnement dès lors que leur largeur étant insuffisante, le stationnement empiète sur l'accotement destiné au cheminement des piétons ; au surplus, un impératif de sécurité publique justifierait un éventuel empêchement d'accéder aux parcelles AB 1282 et 1283 depuis la voie publique, la dangerosité des lieux ayant d'ailleurs conduit le maire de Vaulnaveys-le-Bas à édicter des arrêtés d'interdiction de stationnement les 15 janvier 2013 et 23 juin 2023 ; en tout état de cause, les travaux n'empêchent matériellement pas de stationner les véhicules ;
- l'atteinte alléguée au droit de propriété des requérants initiaux n'est pas grave et manifestement illégale dès lors que les aménagements n'ont pas été implantés sur leurs parcelles, que le seul impact est la perte de places de stationnement, laquelle constitue une simple gène et une perte d'une simple tolérance ; cette prétendue atteinte n'est pas manifestement illégale dès lors que les requérants initiaux ne délimitent pas leurs propriétés respectives de façon certaine, que les ouvrages litigieux sont, en tout état de cause, implantés en dehors de la limite parcellaire de la propriété des requérants et que la perte d'aisance de voirie n'est pas démontrée.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 juillet 2023, Mme F H, M. D N, Mme G J, M. C H, M. M L et Mme B A concluent à la confirmation de l'ordonnance rendue le 3 juillet 2023 et à la condamnation de Grenoble-Alpes métropole au versement de la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 3 juillet 2023 n° 2304165 du juge des référés du tribunal ;
Vu :
- le code de la voirie routière ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. K pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 13 juillet 2023 en présence de Mme Bourechak, greffière, M. K a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Séchaud, substituant Me Senegas, avocat de Grenoble-Alpes métropole, et les éclaircissements de Mme I E, agent de Grenoble-Alpes métropole ;
- les observations de Me Cantèle, avocate de Mme H et autres.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. "
2. La parcelle cadastrée AB 173 sur le territoire de la commune de Vaulnaveys-le-Bas a fait l'objet d'un arrêté d'alignement individuel du président de Grenoble-Alpes métropole en date du 9 décembre 2019, l'alignement correspondant au nu extérieur du muret clôturant la propriété le long de l'avenue des Vaulnaveys. Cette parcelle a été divisée en quatre parcelles cadastrées AB 1280, 1281, 1282 et 1283, les deux dernières, d'une superficie de 50 m² chacune, correspondant à la partie du terrain située le long de l'avenue des Vaulnaveys, à l'extérieur du muret de clôture. En 2020, les consorts H, M. N et Mme J ont acquis la parcelle bâtie cadastrée AB 1280 et la parcelle AB 1283 qui la jouxte. M. L et Mme A ont acquis la même année la parcelle 1281 où ils ont fait bâtir une maison et la parcelle AB 1282 qui la jouxte. Ils stationnement leurs véhicules sur les parcelles AB 1282 et AB 1283. Le 21 juin 2023, Grenoble Alpes Métropole a entrepris des travaux d'aménagement d'un cheminement piéton le long de l'avenue des Vaulnaveys. Au droit des parcelles issues de l'ancienne parcelle AB 173, les travaux consistent en une installation de bordures surélevées dites doubles-vues séparant les voies de circulation de l'accotement, en un aménagement à une extrémité d'un abribus et en une pose de potelets à l'autre extrémité du cheminement ainsi que de chaque coté de l'entrée de la parcelle AB 1280, de façon à faire obstacle à l'accès et au stationnement des véhicules à quatre roues sur l'espace ainsi délimité. Les propriétaires des parcelles concernées ont saisi le 30 juin 2023 le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative pour obtenir l'arrêt des travaux. Par l'ordonnance n° 2304356 du 3 juillet 2023, le juge des référés a enjoint à Grenoble Alpes Métropole de faire cesser immédiatement les travaux entrepris sur les parcelles cadastrées AB 1282 et AB 1283 jusqu'à ce qu'ait été opéré à son profit le transfert de propriété de ces parcelles ou, à tout le moins, recueilli l'accord amiable de leurs propriétaires respectifs. Grenoble-Alpes métropole, qui fait valoir qu'elle n'avait pas été destinataire de la notification de la requête du 30 juin 2023 en raison d'un incident d'ordre général ayant affecté l'application Télérecours, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de mettre fin à cette injonction. Mme H et autres doivent être regardés comme demandant le maintien de l'arrêt des travaux.
3. Grenoble-Alpes métropole produit une photographie prise le 7 juillet 2023, postérieurement à l'ordonnance du 3 juillet 2023, montrant que l'état d'avancement des travaux à cette date ne fait pas obstacle au stationnement des véhicules de Mme H et autres sur les parcelles concernées. Elle n'est ainsi, en tout état de cause, pas fondée à conclure dans la présente instance au non-lieu à statuer sur la requête de Mme H et autres au motif que les travaux seraient quasiment achevés.
4. Il résulte de l'instruction que l'installation de bordures doubles-vues et de pontets fera obstacle au stationnement de véhicules entre la chaussée de l'avenue des Vaulnaveys et le muret de clôture des deux propriétés riveraines appartenant aux requérants. Or, une partie de cet espace est constituée des parcelles cadastrées AB 1282 et 1283 appartenant aux requérants, lesquels ne pourront ainsi plus les utiliser pour le stationnement de leurs véhicules. Ainsi, les travaux en litige ont pour effet, sinon pour objet, la création, entre la chaussée et ces propriétés, d'un cheminement piétonnier dégagé de toute présence d'automobile stationnée dans son entière largeur, y compris les parcelles privées, alors qu'il résulte de l'instruction que la largeur de ces parcelles permet le stationnement de véhicules de largeur commune sans empiétement sur le domaine public. Par ailleurs, l'arrêté d'alignement du 9 décembre 2019 fait obstacle au remplacement du muret actuel, qui sépare les parcelles AB 1280 et 1281 des parcelles AB 1282 et 1283, par une clôture qui séparerait ces dernières parcelles des dépendances de la voie publique et qui permettrait ainsi aux requérants d'utiliser l'intégralité de leur terrain, et notamment de stationner leurs véhicules sur les parcelles AB 1282 et 1283. Ainsi, à l'issue des travaux, et sauf s'ils renoncent à toute clôture séparant leurs propriétés de cette avenue supportant un trafic non négligeable, les requérants ne pourront utiliser en aucune façon les parcelles AB 1282 et 1283, lesquelles seront de fait utilisées par le public comme cheminement piétonnier, sans que la collectivité ait préalablement procédé à leur acquisition et à l'indemnisation des propriétaires. Enfin, si Grenoble-Alpes métropole soutient que les aménagements en cours de réalisation ne sont pas implantés sur les propriétés privées, elle n'établit pas que c'est le cas des potelets destinés à faire obstacle à l'entrée des voitures sur les parcelles AB 1282 et 1283 dont la largeur, ainsi qu'il a été dit, est supérieure à celle d'une voiture de dimensions communes. Dès lors, en réalisant ces travaux, Grenoble-Alpes métropole porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit de propriété qui constitue une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
5. Grenoble-Alpes métropole n'est pas fondée à soutenir que l'arrêt des travaux ordonnée par le juge des référés a perdu son caractère d'urgence dès lors qu'ainsi qu'il a été dit, leur état d'avancement actuel ne fait pas obstacle au stationnement des véhicules de Mme H et autres sur les parcelles concernées. La métropole soutient également que l'urgence devant faire l'objet d'une appréciation globale, il y a lieu de prendre en compte l'urgence à assurer la sécurité des piétons qui longent les propriétés des requérants et la sécurité de circulation automobile, le stationnement des véhicules au bord de l'avenue causant une perte de visibilité à proximité de l'entrée du parking d'une association. Toutefois, il résulte de l'instruction que les bordures doubles-vues qui délimitent le cheminement piétonnier et évitent aux piétons de marcher sur la chaussée ont déjà été installées et il ne résulte pas de l'instruction que la largeur du domaine public situé entre ces bordures doubles-vues et les parcelles AB 1282 et 1283 serait insuffisante pour permettre le passage des piétons et des usagers de l'abribus, la collectivité n'alléguant pas que le cheminement piéton empiète nécessairement sur les propriétés privées. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit, la largeur des parcelles AB 1282 et 1283 permet le stationnement d'automobiles d'une largeur habituelle, sans empiétement sur le domaine public affecté au cheminement des piétons, et l'arrêté que le maire de Vaulnaveys-le-Bas a édicté le 23 juin 2023 pour interdire le stationnement des véhicules sur cette section de l'avenue des Vaulnaveys est de nature à prévenir le risque d'un tel empiétement sur le domaine public.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les éléments nouveaux que fait valoir Grenoble-Alpes métropole ne justifient pas qu'il soit mis fin à l'injonction d'arrêt des travaux ordonnée par le juge des référés le 3 juillet 2023.
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme H et autres, qui ne sont pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Grenoble-Alpes métropole au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Grenoble-Alpes métropole une somme de 1000 euros au titre des frais exposés par Mme H et autres et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Grenoble-alpes métropole est rejetée.
Article 2 : Grenoble-alpes métropole versera à Mme H et autres la somme globale de 1000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme F S H, M. D R N, Mme O J, M. P H, M. M L, à Mme B Q A et à Grenoble Alpes Métropole.
Fait à Grenoble, le 18 juillet 2023.
Le juge des référés,
T. K
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026