mardi 17 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2304457 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | PINSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 juillet 2023, M. B A, représenté par Me Pinson, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 juin 2023 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de délivrer un titre de séjour et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour " travailleur saisonnier ", ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.
M. A soutient que :
- le signataire de l'arrêté ne justifie pas de sa compétence à ce titre ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa demande ;
- le refus de titre de séjour est illégal puisque le préfet a motivé sa décision en référence à ses liens familiaux en France alors que le titre de séjour sollicité n'a pas pour objet une installation durable sur le territoire français ; il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire français est privée de base légale compte tenu de l'illégalité du refus de titre de séjour en vertu de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il en est de même de la décision fixant le pays de renvoi.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 septembre 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Holzem a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais, est entré en France le 24 décembre 2022, selon ses déclarations. Il a sollicité auprès des services préfectoraux la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué le préfet de l'Isère a refusé de délivrer le titre de séjour sollicité et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions d'annulation :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme C D, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration, qui bénéficiait à ce titre d'une délégation de signature accordée par arrêté du préfet de l'Isère en date du 26 juillet 2022, régulièrement publié. Le moyen d'incompétence doit, par suite, être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet de l'Isère a procédé à un examen individuel sérieux de la demande de titre de séjour de M. A, précisant même que le requérant détenait un contrat de travail ainsi qu'une autorisation de travail. Le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
5. En troisième lieu, pour refuser le titre de séjour sollicité, le préfet a constaté que M. A ne détenait pas un visa long séjour ou un titre de séjour " résident longue durée UE " et ne pouvait donc prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. S'il a dans un deuxième temps procédé à un examen de ses liens familiaux en France, cette analyse n'est pas le motif de refus du titre de séjour sollicité, le préfet ayant pris soin de vérifier ainsi si le requérant pouvait prétendre à un titre de séjour au titre de son pouvoir de régularisation. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit par suite être écarté.
6. En quatrième lieu, alors que M. A ne fait état d'aucune circonstance particulière qui s'opposerait à la délivrance d'un visa long séjour et alors même qu'il n'est pas contesté qu'il a donné satisfaction dans son travail, l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
7. En cinquième lieu, les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination n'étant pas dépourvues de base légale, compte tenu de la légalité du refus de titre de séjour, les moyens d'erreur de droit soulevés doivent être écartés.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation de M. A ainsi que par voie de conséquence ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées u titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetés.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Pinson et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Holzem, première conseillère,
Mme Naillon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.
La rapporteure,
J. Holzem
Le président,
C. Sogno
Le greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2304457
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026