LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2304500

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2304500

mardi 13 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2304500
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantROUVIER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a annulé l'arrêté du 22 juin 2023 par lequel la préfète du Rhône avait interdit à M. C, pour neuf mois, l'accès aux abords des matchs de football de l'Olympique Lyonnais et de l'équipe de France, et lui avait imposé des obligations de convocation. Le tribunal a jugé que cette décision, qui constitue une mesure de police restrictive de liberté, devait être précédée d'une procédure contradictoire en application des articles L. 121-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. En l'espèce, la préfète n'a pas démontré que M. C avait été régulièrement informé de la procédure, le courrier de convocation n'ayant pas été réceptionné. Ce défaut de procédure contradictoire a privé l'intéressé d'une garantie et a entaché l'arrêté d'illégalité, conduisant à son annulation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 juillet 2023, M. B C, représenté par Me Rouvier, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 juin 2023 par lequel la préfète du Rhône lui a fait interdiction, pour une durée de neuf mois, de pénétrer ou de se rendre aux abords d'une enceinte où se déroule un match de football joué à domicile ou à l'extérieur, y compris sur le territoire d'un Etat étranger, par l'équipe de football professionnelle masculine de l'Olympique Lyonnais ou par l'équipe de France de football masculine, lui a fait obligation de répondre aux convocations du directeur départemental de la sécurité publique de l'Isère au moment du déroulement de ces manifestations sportives et lui a fait obligation d'informer de manière circonstanciée, sans délai et par tous moyens, l'autorité qui l'a convoquée de toute impossibilité de déférer à une convocation ;

2°) de mettre à la charge de la préfète du Rhône la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'il n'a pas été précédé d'une procédure contradictoire ;

- il est entaché d'un défaut de motivation ;

- l'interdiction administrative de stade est entachée d'erreur de fait et porte atteinte au respect de la présomption d'innocence ;

- l'obligation de présentation méconnaît les dispositions de l'article L. 332-16 du code du sport ;

- elle est disproportionnée et porte atteinte à ses libertés fondamentales.

Une mise en demeure de produire un mémoire en défense dans un délai d'un mois a été adressé à la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes, préfète du Rhône, le 6 février 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du sport ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Pfauwadel, président,

- les conclusions de M. Journé, rapporteur public,

- les observations de Me Rouvier, avocat de M. C.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 22 juin 2023, la préfète du Rhône a interdit à M. C, pour une durée de neuf mois, de pénétrer ou de se rendre aux abords d'une enceinte où se déroule un match de football, joué à domicile ou à l'extérieur, y compris sur le territoire d'un Etat étranger, par l'équipe de football professionnelle masculine de l'Olympique Lyonnais ou par l'équipe de France de football masculine, lui a fait obligation de répondre aux convocations du directeur départemental de la sécurité publique de l'Isère au moment du déroulement de ces manifestations sportives et lui a fait obligation d'informer de manière circonstanciée, sans délai et par tout moyen, l'autorité qui l'a convoqué de l'impossibilité de déférer à une convocation. M. C demande l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant. ".

3. La préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes, préfète du Rhône, qui n'a produit aucune observation en défense avant la clôture de l'instruction malgré la mise en demeure qui lui a été adressée, doit être réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête, en application des dispositions précitées. Cette circonstance ne dispense toutefois pas le tribunal, d'une part, de vérifier que les faits allégués par le requérant ne sont pas contredits par les autres pièces versées au dossier et, d'autre part, de se prononcer sur les moyens de droit que soulève l'examen de l'affaire.

4. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ".

5. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

6. La décision portant interdiction administrative de stade est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Elle doit, par suite, être précédée d'une procédure contradictoire. Le respect du caractère contradictoire de la procédure constitue une garantie pour l'intéressé. Si l'arrêté en litige vise le courrier recommandé avec accusé de réception du 10 mai 2023, par lequel la préfète du Rhône a invité M. C à produire ses observations, et indique que celui-ci n'a pas été réceptionné par l'intéressé et a été retourné à la préfecture par les services postaux, le requérant soutient qu'il n'a pas été informé de l'envoi de ce courrier recommandé. Cette circonstance n'est pas contredite par les pièces du dossier, aucun élément ne permettant d'établir que la préfète a effectivement invité l'intéressé à présenter ses observations par un courrier adressé à son domicile. Elle doit, par conséquent, être réputée établie par l'acquiescement aux faits résultant de l'absence d'observation en défense. Le moyen tiré du vice de procédure doit, dès lors, être accueilli.

7. Aux termes de l'article L. 332-16 du code du sport : " Lorsque, par ses agissements répétés portant atteinte à la sécurité des personnes ou des biens à l'occasion de manifestations sportives, par la commission d'un acte grave à l'occasion de l'une de ces manifestations (), une personne constitue une menace grave pour l'ordre public, le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, prononcer à son encontre une mesure d'interdiction de pénétrer ou de se rendre aux abords des enceintes où de telles manifestations se déroulent ou sont retransmises en public. / L'arrêté, valable sur le territoire national, fixe le type de manifestations sportives concernées. Il ne peut excéder une durée de douze mois. Toutefois, cette durée peut être portée à vingt-quatre mois si, dans les trois années précédentes, cette personne a fait l'objet d'une mesure d'interdiction. () / Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent également imposer, par le même arrêté, à la personne faisant l'objet de cette mesure l'obligation de répondre, au moment des manifestations sportives objet de l'interdiction, aux convocations de toute autorité ou de toute personne qualifiée qu'il désigne. Le même arrêté peut aussi prévoir que l'obligation de répondre à ces convocations s'applique au moment de certaines manifestations sportives, qu'il désigne, se déroulant sur le territoire d'un Etat étranger. Cette obligation doit être proportionnée au regard du comportement de la personne. / L'obligation prévue au troisième alinéa du présent article ne peut être imposée que s'il apparaît manifestement que son destinataire entend se soustraire à la mesure d'interdiction prévue au premier alinéa. () ".

8. Il ressort de la lecture de la décision attaquée que la préfète du Rhône s'est fondée, pour prononcer une interdiction administrative de stade à l'encontre de M. C, sur la circonstance que l'intéressé aurait, à l'issue du match opposant l'Olympique Lyonnais à l'Olympique de Marseille, le 23 avril 2023 au Groupama Stadium, outragé des fonctionnaires de police en quittant le stade, frappé l'un d'eux lors de son interpellation et fait l'objet d'une procédure judiciaire consécutive à celle-ci. Ces faits, constitutifs d'un acte grave survenu dans le cadre d'une manifestation sportive, révèlent que l'intéressé est susceptible de constituer une menace grave pour l'ordre public au sens des dispositions précitées, justifiant l'édiction d'une interdiction administrative de stade. Toutefois, le requérant conteste les faits qui lui sont reprochés et, en l'absence de production d'un mémoire en défense, la préfète du Rhône est réputée acquiescer aux faits exposés par le requérant, qui ne sont pas contredits par les pièces du dossier. Dans ces conditions, M. C est fondé à soutenir que la préfète du Rhône a entaché sa décision d'une erreur de fait.

9. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la décision portant interdiction administrative de stade doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, les décisions portant obligation de répondre aux convocations du directeur départemental de la sécurité publique de l'Isère et de l'obligation de l'informer de toute impossibilité de déférer à une telle convocation, prises pour son exécution.

10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 22 juin 2023 est annulé.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur.

Copie sera transmise à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 10 avril 2025, à laquelle siégeaient :

M. Pfauwadel, président,

Mme Permingeat, première conseillère,

Mme Coutarel, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2025.

Le président rapporteur,

T. Pfauwadel

L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

F. Permingeat

Le greffier,

M. A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions