jeudi 10 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2304666 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | ZOUAOUI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Zouaoui, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 11 juillet 2023 par lequel la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans avec signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen.
M. B soutient que :
L'arrêté dans son ensemble :
- a été signé par une autorité incompétente ;
- n'a pas été précédé de l'examen de sa situation personnelle ;
- est insuffisamment motivé.
La décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant interdiction de retour sur le territoire français ne tient pas compte de sa situation personnelle.
La décision fixant le pays de destination n'est pas fondée.
Il a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour auprès de la préfecture des Yvelines qui est en cours d'instruction. Il y a donc lieu d'enjoindre à la préfète de réexaminer sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2023, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme E a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant turc né le 14 septembre 1990, déclare être entré en France irrégulièrement en 2010. Il a sollicité l'asile qui lui a été refusé par décision de la cour nationale du droit d'asile le 6 octobre 2011. Par l'arrêté contesté du 11 juillet 2023, la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans avec signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen.
Sur l'arrêté pris dans son ensemble :
2. L'arrêté a été signé par M. Pierre Puyastier, secrétaire administratif de classe supérieure, qui dispose d'une délégation de compétence en cas d'absence ou d'empêchement simultanés de Mme G D, directrice de la citoyenneté et de l'intégration de la préfecture de l'Ain, et de M. F C, chef du bureau de l'éloignement et du contentieux, en vertu d'un arrêté édicté par la préfète de l'Ain le 11 avril 2023 publié au recueil des actes administratifs du même jour. Dès lors qu'il n'est pas démontré que Mme D et M. C n'auraient pas été absents ou empêchés à la date de la décision attaquée, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cette décision doit être écarté.
3. L'arrêté contesté vise les textes dont il fait application, notamment les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et expose les circonstances de faits propres à la situation personnelle de M. B sur lesquelles la préfète de l'Ain s'est fondée pour l'obliger à quitter le territoire français sans délai, fixer le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office ainsi que pour décider, dans son principe et dans sa durée, de prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire national. Par suite, l'arrêté contesté, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et permettent ainsi à M. B d'en contester utilement le bien-fondé, est suffisamment motivé au regard de sa situation personnelle et des dispositions citées au point précédent. Il ne ressort ni de cette décision ni d'aucune autre pièce du dossier que la préfète de l'Ain n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant avant de prendre la décision attaquée.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme, " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
5. Si M. B se prévaut, sans la justifier, d'une présence en France depuis 2010, de son activité professionnelle et de la présence de sa sœur et son frère en France, il ressort toutefois de l'ensemble des pièces du dossier, que le requérant s'est maintenu en situation irrégulière sur le territoire français depuis son arrivée et qu'il n'a pas exécuté deux précédentes mesures d'éloignement prises en 2010 et 2021. M. B, qui est célibataire et sans enfant, ne démontre pas entretenir de liens d'une particulière intensité avec son frère et sa sœur, ni que sa présence auprès d'eux serait indispensable. Il n'établit pas davantage qu'il serait dépourvu de toutes attaches dans son pays d'origine, où il a vécu au moins jusqu'à l'âge de 20 ans. En tout état de cause, les activités professionnelles exercées par le requérant l'ont été sans autorisation de travail, son premier contrat de travail ayant été conclu en janvier 2021. Dès lors, eu égard aux conditions d'entrée et de séjour en France de l'intéressé, la préfète de l'Ain n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale en l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, ni entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision fixant le pays de destination :
6. Si M. B soutient qu'il est présent en France depuis au moins treize années et qu'il justifie de garanties de représentation, ces circonstances sont sans incidence sur la décision de fixation du pays de destination.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
7. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
8. L'arrêté litigieux vise l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et relève, notamment, qu'il a fait l'objet de deux mesures d'éloignement qu'il n'a pas exécutées et séjourne irrégulièrement en France depuis environ treize ans. Ainsi, la décision contestée énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde pour interdire à M. B de revenir sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français prononcée par la préfète de l'Ain ne prendrait pas en compte sa situation personnelle.
9. En dernier lieu, M. B soutient que la préfète doit réexaminer sa situation au regard de la demande d'admission exceptionnelle de titre de séjour qu'il a déposé auprès de la préfecture des Yvelines. Toutefois, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B ainsi que les conclusions d'injonction doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Zouaoui et à la préfète de l'Ain.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 août 2023.
La magistrate désignée,
AS. ELa greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026