jeudi 10 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2304703 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARLU JEAN-MARC PETIT-AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par requête enregistrée le 21 juillet 2023, la société JP et Mme C A, représentées par la société d'Avocats CDMF- Affaires publiques, demandent au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 1er mars 2022 par lequel le maire de Val d'Isère a délivré un permis de construire n° PC 073 304 21 M 1041 à la SAS Serena pour la construction d'un chalet individuel, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Val d'Isère et de la SAS Serena la somme de 3000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les requérantes soutiennent que :
- elles ont intérêt à agir en leur qualité de voisines immédiates du projet de construction ;
- en application de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme, l'urgence est présumée ;
- les moyens suivants sont de nature à un créer un doute sérieux sur la légalité du permis de construire :
-- l'incompétence de son signataire ;
-- l'insuffisante motivation de la décision attaquée ;
-- l'incomplétude du dossier de permis de construire, entaché de contradictions ou d'inexactitudes dans les mentions qu'il comporte et d'insuffisance sur l'insertion du projet de construction dans son environnement ;
-- l'accord du gestionnaire du domaine public rendu nécessaire par les dispositions de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme fait défaut dans le dossier de permis de construire ;
-- l'exception d'illégalité du plan local d'urbanisme tirée de l'erreur manifeste d'appréciation du classement de la parcelle du projet de construction en zone Ua ;
-- de ce que le projet de construction méconnait l'ancien plan d'occupation des sols et notamment le règlement de la zone UAa, remis en vigueur après une annulation contentieuse ;
-- de ce que le projet de construction méconnait les dispositions de l'article Ua1 du plan local d'urbanisme (PLU), au regard de son objet annoncé dans le dossier de permis de construire ;
-- de ce que le projet de construction méconnait les dispositions de l'article Ua 3 du PLU et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme eu égard aux conditions d'accès des véhicules :
-- de ce qu'il méconnait les dispositions de l'article Ua 6 du PLU ;
-- de ce qu'il méconnait les dispositions de l'article Ua 7 du PLU ;
-- de ce qu'il méconnait les dispositions de l'article Ua 11 du PLU et celles de son annexe n° 1 ;
-- de ce qu'il méconnait les dispositions de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme et le plan de prévention des risques naturels du fait du risque d'inondation qui affecte le secteur dans lequel il s'insère ;
-- de ce que le dossier de permis de construire est entaché de fraude sur la nature même du projet de construction.
Par un mémoire du 9 août 2023, la commune de Val d'Isère, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et demande qu'il soit mis à la charge des requérantes la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérantes ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté attaqué.
Par un mémoire du 9 août 2023, la SAS Serena, représentée par Me Sevino, conclut au rejet de la requête et demande qu'il soit mis à la charge des requérantes la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie et que les moyens soulevés par les requérantes ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté attaqué.
Vu la requête enregistrée sous le n° 2205443, le 26 août 2022 par laquelle la société JP et Mme C A, représentées par la société d'Avocats CDMF Affaires publiques, demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné Mme Letellier, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.
Après avoir convoqué les parties à l'audience publique du 10 août 2023.
Au cours de l'audience publique du 10 août 2023, qui s'est tenue à 11 heures, ont été entendus :
- le rapport de Mme Letellier, juge des référés ;
- les observations de Me Ponçin pour les requérantes ;
- les observations de Me Marquet, représentant la commune de Val d'Isère ;
- et les observations de Me Bennani, représentant la SAS Serena.
Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme : " Un recours dirigé contre une décision de non-opposition à déclaration préalable ou contre un permis de construire, d'aménager ou de démolir ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. / La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite ".
Sur l'urgence :
2. L'article L. 600-3 du code de l'urbanisme dispose que la condition d'urgence est présumée satisfaite pour les recours dirigés contre une autorisation individuelle d'urbanisme. La circonstance que les requérantes aient attendu le terme du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort dans le recours en annulation ne peut retirer au recours en suspension son caractère d'urgence dans la mesure où, s'il était fait droit à l'argument, cela conduirait à l'impossibilité définitive pour les requérantes de déposer une telle demande. Ainsi, la condition d'urgence est remplie.
Sur l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
3. Aux termes de l'article Ua 11 " L'aspect extérieur des constructions et l'aménagement de leurs abords " du règlement du plan local d'urbanisme de Val d'Isère : " () 2. Tout projet devra respecter les prescriptions architecturales relatives à l'aspect extérieur des constructions en annexe n° 1 du présent règlement (). " Aux termes du 3 " Toitures " de l'annexe n° 1 - " Prescriptions applicables à l'ensemble des zones relatives à l'aspect extérieur des constructions " : " () Les fenêtres de toit de type " velux " et les skydômes sont interdits () ".
4. Le dossier de permis de construire prévoit le percement dans un pan de la toiture d'une large ouverture dénommée " verrière acier ", sur le plan de masse. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Ua 11 du règlement du plan local d'urbanisme, combiné à l'annexe n° 1, est de nature, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
5. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, en l'état du dossier soumis au juge des référés, aucun autre moyen n'est susceptible d'entraîner la suspension de l'exécution de la décision contestée du 1er mars 2022.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 1er mars 2022 du maire de la commune de Val d'Isère.
Sur les frais d'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérantes, qui ne sont pas parties perdantes dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés par la commune de Val d'Isère ou la SAS Serena et non compris dans les dépens.
8. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Val d'Isère et de la SAS Serena le versement aux requérantes d'une somme de 800 euros, chacune, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 1er mars 2022 est suspendue.
Article 2 : La commune de Val d'Isère versera aux requérantes une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La SAS Serena versera aux requérantes une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à la société JP, en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la SAS Serena et à la commune de Val d'Isère.
Copie en sera adressée au procureur de la république près le tribunal judiciaire d'Albertville.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 août 2023.
Le juge des référés,La greffière,
Mme Letellier Mme B
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026