mercredi 16 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2304713 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 2 |
| Avocat requérant | ROUVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 23 et le 25 juillet 2023, M. D, représenté par Me Rouvier, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à titre provisoire à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 juillet 2023 par lequel le préfet de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai avec interdiction d'y revenir pendant une durée d'un an et a fixé le pays de destination en cas d'exécution forcée de la mesure d'éloignement ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que :
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- est illégale faute d'établir une consultation régulière du fichier de traitement des antécédents judiciaires ;
- méconnaît l'article L. 611-1 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il dispose d'un droit au séjour en Italie ;
- méconnaît 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Le refus d'octroi de délai de départ :
- est insuffisamment motivé ;
- est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
La décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence ;
L'interdiction de retour :
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît l'article L. 612-6 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Triolet en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Triolet a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
1. M. B D, ressortissant tunisien se disant né le 24 septembre 2001 ou le 24 août 2000, dit être entré en France " récemment ". Il a été interpellé le 20 juillet 2023 dans le cadre d'une intervention policière pour des faits de vol d'un téléphone portable et tentatives de vol d'un vélo ainsi que des menaces avec arme au directeur et à l'agent de sécurité du magasin. Par l'arrêté attaqué du 22 juillet 2023, le préfet de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai avec interdiction d'y revenir pendant une durée d'un an et a fixé le pays de renvoi.
2. Eu égard à l'urgence à statuer sur la requête, il y a lieu d'admettre M. D à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, la décision en litige a été signée par M. A C, directeur de cabinet du préfet de l'Isère, qui disposait par un arrêté du 10 juillet 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour, d'une délégation à l'effet de signer, dans le cadre de la permanence, les décisions relatives à l'éloignement des étrangers et aux interdictions de retour. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit, dès lors, être écarté.
4. En deuxième lieu, l'obligation de quitter le territoire, qui comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () "
6. Il ressort des visas comme des termes de l'arrêté en litige que la mesure d'éloignement de M. D est fondée sur les dispositions précitées et non sur la menace à l'ordre public. Par suite et en tout état de cause, les mentions superfétatoires reprenant certaines informations des procès-verbaux de police résultant de la consultation du traitement des antécédents judiciaires sans vérification des suites judiciaires et, au surplus, en en ajoutant certaines par l'effet d'une erreur de plume, sont sans incidence sur le fondement légal de l'obligation de quitter le territoire. Le moyen doit être écarté.
7. En quatrième lieu, en se bornant à indiquer qu'il dispose d'un droit au séjour en Italie, M. D n'assortit pas son moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-1 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Au demeurant, il ne justifie pas du titre de séjour italien dont il se prévaut.
8. En cinquième lieu, M. D, qui ne produit aucune pièce, n'indique pas sa date d'arrivée en France, ne fait état d'aucun lien personnel ou familial dans ce pays, a été interpellé pour vol en réunion et menace avec arme et a répondu aux policiers n'avoir ni emploi ni ressources, ne saurait sérieusement soutenir que l'obligation de quitter le territoire méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ou serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Sur le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
9. Le refus de délai de départ, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et qui auraient permis au requérant de le contester utilement. Cette décision est, par suite, suffisamment motivée.
10. M. D qui se borne à indiquer qu'il dispose " d'attaches sur le territoire national au-delà de disposer d'une cellule familiale ", ce qui ne ressort d'aucune pièce du dossier ni du reste de ses écritures, ne soutient pas sérieusement le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences du refus de délai de départ.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire national d'une durée d'un an :
11. Aux termes de l'article L. 612-6 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
12. L'interdiction de retour, qui comporte les considérations de droit et de fait propres à la situation du requérant et qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée.
13. La circonstance que M. D disposerait, ce qui n'est pas établi, d'un titre de séjour italien ne caractérise pas une circonstance humanitaire au sens des dispositions précitées de l'article L. 612-6. Le moyen tiré de l'erreur de droit et de " l'erreur manifeste d'appréciation " de ces dispositions doit être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les moyens invoqués par M. D ne sont pas de nature à caractériser une illégalité de l'arrêté en litige. Ses conclusions en annulation, y compris par voie de conséquence, ne peuvent qu'être rejetées. Les conclusions en injonction et au titre des frais de procédure doivent donc également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. D est admis à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. D est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D, à Me Rouvier et au préfet de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition greffe le 16 août 2023.
La magistrate désignée,
A. TrioletLa greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026