mercredi 16 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2304719 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 2 |
| Avocat requérant | MAINTENANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 23 et le 25 juillet 2023, M. A, représenté par Me Maintenant, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à titre provisoire à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2023 par lequel le préfet de la Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai avec interdiction d'y revenir pendant une durée d'un an et a fixé le pays de destination en cas d'exécution forcée de la mesure d'éloignement ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 800 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît les articles 6-5, 6-7 et 7 de la convention franco-algérienne ;
- méconnaît 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Le refus de délai de départ
- est dépourvu de motivation,
- doit être annulé par voie de conséquence
- méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
L'interdiction de retour :
- est insuffisamment motivée ;
- doit être annulée par voie de conséquence
- est disproportionnée et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Le préfet a adressé des pièces le 26 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Triolet en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 août 2023 à 11 heures 30 :
- le rapport de Mme Triolet,
- et les observations de Me Maintenant, représentant M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
1. M. A, ressortissant algérien né en mai 1989, dit être entré en France fin 2019 pour subvenir aux besoins de sa famille suite au décès de son père. Il indique avoir travaillé de janvier 2020 à 2022 pour l'association Emmaüs qui l'hébergeait. Il a travaillé d'octobre 2022 au 12 juin 2023 comme opérateur de production dans le cadre d'un contrat d'insertion. M. A a été contrôlé le 21 juillet 2023 alors qu'il occupait un logement de l'EPFL qu'il a indiqué avoir loué à un tiers. Par l'arrêté attaqué du 21 juillet 2023, le préfet de la Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai avec interdiction d'y retourner pendant une durée de trois ans et a fixé le pays de renvoi.
2. Eu égard à l'urgence à statuer sur la requête, il y a lieu d'admettre M. A à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, l'obligation de quitter le territoire mentionne les éléments de fait propres à la situation de M. A et les considérations de droit sur lesquels il se fonde. La circonstance que le préfet n'a pas mentionné l'ensemble des éléments relatifs à la vie privée du requérant ne constitue pas un défaut de motivation. Par suite le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir des stipulations des articles 6-5, 6-7 et 7 de la convention franco-algérienne qui régissent les conditions de délivrance de titres de séjour, qu'il s'est abstenu de demander. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant pourrait manifestement prétendre à un droit au séjour en France.
5. En troisième lieu, M. A ne fait état d'aucune attache en France, où il serait arrivé à l'âge de 30 ans, sans chercher à régulariser sa situation. Il justifie avoir travaillé illégalement, ainsi qu'il a été dit au point 1, et être suivi et traité pour des problèmes thyroïdiens. Il produit des bulletins de paie peu lisibles mais qui confortent ses déclarations aux policiers selon lesquelles son revenu mensuel moyen est de 1 350 euros. Toutefois, au vu de la durée et des conditions de son séjour, ces seules circonstances sont insuffisantes pour considérer que la mesure d'éloignement porterait une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme doit être écarté. Dans les mêmes circonstances, elle n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Sur le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
6. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". L'article L. 612-3 du même code définit huit motifs de présomption légale de soustraction.
7. Contrairement à ce que soutient le requérant, l'arrêté en litige rappelle qu'un délai de départ peut être refusé en cas de risque de soustraction à l'exécution de la mesure et retient trois des motifs légaux de présomption de soustraction, à savoir que M. A est entré irrégulièrement sans chercher à régulariser sa situation, qu'il a répondu aux policiers qu'il refusait de retourner en Algérie et que, faute de documents d'identité, il ne présente pas de garanties de représentation. Le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
8. M. A ne conteste aucun de ces motifs. Il ne peut se prévaloir utilement ni de ce qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ni d'une disproportion de la mesure. En l'état des pièces produites, le suivi médical ne permet pas de retenir une erreur manifeste d'appréciation qui n'est au demeurant pas soulevée comme telle. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-2 précité doit être écarté.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire national :
9. L'interdiction de retour, qui mentionne les éléments de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, est suffisamment motivée.
10. Aux termes de l'article L. 612-6 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".
11. Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
12. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le traitement médical de M. A exigerait sa présence en France. Le moyen tiré de la disproportion, fondé sur cet argument, ne peut en tout état de cause qu'être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des moyens d'annulation, y compris ceux tirés de l'annulation par voie de conséquence, ne peuvent qu'être écartés. Les conclusions en annulation doivent ainsi être rejetées, de même que les conclusions en injonction et au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A, Me Maintenant et au préfet de la Savoie.
Rendu public par mise à disposition greffe le 16 août 2023.
La magistrate désignée,
A. TrioletLa greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026