mardi 8 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2304858 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 1 |
| Avocat requérant | ROUVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Rouvier, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 18 juillet 2023 par lequel la préfète du Rhône a décidé de sa remise aux autorités espagnoles pour l'examen de sa demande d'asile ;
3°) d'enjoindre à la préfète d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour en qualité de demandeur d'asile, sous 48 heures et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à défaut d'enjoindre à la préfète de réexaminer sa demande sous huit jours et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros qui sera versée à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice d'incompétence ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- la décision ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprend ;
- il n'est pas rapporté la preuve de la délivrance d'une information conforme aux prescriptions de l'article 4 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 ;
- il n'a pas bénéficié d'un entretien prévu par l'article 5 du même règlement, mené par une personne qualifiée et d'une durée raisonnable, avec assistance d'un interprète en langue arabe ;
- l'article 17 du règlement UE n°604/2013 aurait dû être mis en œuvre car il justifie de problèmes médicaux.
Par des mémoires enregistrés les 2 et 4 août 2023, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 8 août 2023 à 10 heures au cours de laquelle la magistrate désignée a présenté son rapport en l'absence des parties.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
2. En premier lieu, l'arrêté a été signé par Mme D C, adjointe à la cheffe du pôle régional Dublin, au bénéfice d'une délégation du 31 mai 2023 régulièrement publiée au recueil des actes administratifs le 1er juin suivant. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit, dès lors, être écarté.
3. En deuxième lieu, l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que la décision de transfert dont fait l'objet un ressortissant de pays tiers ou un apatride qui a déposé auprès des autorités françaises une demande d'asile dont l'examen relève d'un autre Etat membre ayant accepté de le prendre ou de le reprendre en charge doit être motivée, c'est-à-dire qu'elle doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Pour l'application de ces dispositions, est suffisamment motivée une décision de transfert qui mentionne le règlement (UE) n° 604/2013 et comprend l'indication des éléments de fait sur lesquels l'autorité administrative se fonde pour estimer que l'examen de la demande présentée devant elle relève de la responsabilité d'un autre Etat membre, une telle motivation permettant d'identifier le critère du règlement communautaire dont il est fait application.
4. En l'espèce, l'arrêté vise le règlement (UE) n° 604/2013 et, en mentionnant que M. B a été identifié en Espagne le 17 février 2023 suite à un franchissement irrégulier de la frontière, comprend les éléments de fait permettant d'identifier le critère dont il fait application. Par ailleurs, la motivation de l'arrêté dans son ensemble atteste que la préfète du Rhône s'est livrée à un examen particulier de la situation personnelle de M. B.
5. En troisième lieu, l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 impose aux Etats membres d'informer le demandeur d'asile des modalités d'application du règlement. Le § 2 de cet article prévoit que ces informations sont données par écrit dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement penser qu'il la comprend. En l'espèce, le préfet du Rhône a versé au dossier la copie des premières pages des brochures d'information A et B en langue française que M. B a déclaré comprendre, paraphées par celui-ci le 9 mai 2023. Le moyen tiré de la violation de cet article doit donc être écarté.
6. En quatrième lieu, il résulte des dispositions de l'article 5 du même règlement que le demandeur d'asile doit pouvoir bénéficier d'un entretien individuel dans une langue qu'il comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et que l'entretien doit être mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. En l'espèce, contrairement à ce que soutient M. B, cet entretien a eu lieu le 9 mai 2023 en préfecture de l'Isère, en langue française, langue que l'intéressé a dit comprendre. M. B a été entendu par un agent de la préfecture et, dès lors, l'entretien a été mené par une personne qualifiée au sens de cet article. Enfin, il n'est aucunement établi que cet entretien s'est déroulé dans des conditions ne permettant pas à l'intéressé de faire valoir tous les éléments de sa situation personnelle. A cet égard aucune disposition du règlement (UE) n° 604/2013 ou du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'impose que l'entretien ait une durée minimale ou que sa durée soit mentionnée sur son compte rendu. Ainsi, M. B n'est pas fondé à soutenir que les dispositions de l'article 5 du règlement ont été méconnues.
7. Enfin, si M. B fait valoir des problèmes de santé, il produit un certificat médical qui fait état de difficultés au pied gauche sans qu'il soit établi que M. B soit dans l'impossibilité de se déplacer en Espagne ou qu'il puisse si nécessaire recevoir des soins adaptés dans ce pays. Dès lors, la préfète du Rhône n'a pas pris sa décision en méconnaissance des garanties accordées aux réfugiés par l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 ni commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de la clause discrétionnaire prévue au § 1 de l'article 17 du règlement et en décidant de sa remise aux autorités espagnoles.
8. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er :M. B est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :Le surplus de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Rouvier et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 août 2023.
La magistrate désignée,
AS. VAILLANTLa greffière,
J. BONINO
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026