jeudi 17 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2305174 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PY CONSEIL SOCIETE D'AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 août 2023, Mme C F, Mme B E et Mme D A, représentées par Me Vives, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 juin 2023 par lequel le maire de la commune de Saint-Martin-de-la-Cluze a délivré un permis d'aménager pour l'aménagement d'un lotissement destiné à une " zone d'activité " à la SAS Novelia Aménagement sur un terrain situé Impasse du Pigeonnier ;
2°) de condamner la commune de Saint-Martin-de-la-Cluze à leur verser une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- elles ont intérêt à agir ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet au regard des exigences des dispositions de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme en ce qu'il ne comporte pas de précision sur l'équipement à usage de collecte des déchets ;
- l'arrêté méconnaît la section 1 du règlement de la zone 1AUe dès lors que la destination " activités artisanales " est interdite dans cette zone ;
- il méconnaît la section 3 du règlement de la zone 1AUe et l'OAP n°1 du plan local d'urbanisme dès lors qu'aucun nouvel accès sur la RD 1075 n'est autorisé ;
- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme car l'accès sur la RD n° 1075 est particulièrement dangereux ;
- il méconnaît l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme à défaut de saisine pour avis du département, gestionnaire de la voie ;
- les travaux sont incompatibles avec l'OAP n°1 du plan local d'urbanisme ; le principe d'implantation du bâti n'est pas respecté et l'OAP prévoyait douze lots maximum ; le tracé de la voirie et de l'aire de retournement sont différents ; la haie paysagère n'est pas prévue ; le projet ne comporte pas de cheminement piéton le long de la RD 1075 ;
- l'arrêté est illégal au regard du SCoT de la région grenobloise car la zone artisanale recouvre en grande partie un espace potentiel de développement à très long terme de la carte des limites pour la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers ;
- le remplacement de la zone artisanale sur le secteur de la Coynelle mentionnée au projet de plan local d'urbanisme a été modifié lors de l'adoption du plan local d'urbanisme pour se retrouver sur le secteur du Pigeonnier plus au Nord et à l'ouest sans que ce changement ne procède de l'enquête publique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2024, la commune de Saint-Martin-de-la-Cluze, représentée par Me Py, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, au sursis à statuer afin de permettre la régularisation du permis d'aménager et demande au tribunal de mettre à la charge des requérantes une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'intérêt à agir des requérantes n'est pas établi ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Barriol,
- les conclusions de Mme Paillet-Augey, rapporteure publique,
- et les observations de Me Vives, avocate des requérantes, de Me Py, avocat de la commune et de M.Jouglard, pour la société SJO Conseil (SAS Novelia Aménagement).
Une note en délibéré, enregistrée le 4 avril 2025, a été présentée pour les requérantes, non communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Le 31 mars 2023, la SAS Novelia Aménagement a déposé un dossier de permis d'aménager pour l'aménagement d'un lotissement dénommé ZAE " La Coynelle " d'un maximum de dix-sept lots à usage d'activité pour une surface de plancher maximale de 18 000 m2 sur les parcelles cadastrées section AE 22 et 29 situées impasse du pigeonnier sur la commune de Saint-Martin-de-la-Cluze. Par un arrêté du 23 juin 2023, le maire de la commune de Saint-Martin-de-la-Cluze a délivré le permis d'aménager sollicité. Mme C F et autres demandent l'annulation du permis d'aménager du 23 juin 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique ".
3. Il résulte des dispositions précitées que les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
En ce qui concerne la complétude du dossier du permis d'aménager :
4. Aux termes de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant:/ 1° L'état initial du terrain et de ses abords et indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants;/ 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet: () b) La composition et l'organisation du projet, la prise en compte des constructions ou paysages avoisinants, le traitement minéral et végétal des voies et espaces publics et collectifs et les solutions retenues pour le stationnement des véhicules;/ c) L'organisation et l'aménagement des accès au projet;/ d) Le traitement des parties du terrain situées en limite du projet; / e) Les équipements à usage collectif et notamment ceux liés à la collecte des déchets. ".
5. Le programme des travaux (PA n°8) comporte une rubrique ordures ménagères indiquant que la collecte des ordures ménagères se fera au porte à porte. Il est indiqué que ce point sera précisé dans le cadre des permis de construire en fonction des déchets produits. Dans ces conditions, et alors que les différentes activités qui seront réalisées sur les dix-sept lots prévus ne sont pas connues, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier doit être écarté.
En ce qui concerne la destination de la zone :
6. Aux termes de l'article 1AUe " destinations de constructions autorisées " : " Seules sont autorisées, sans condition, les destinations de constructions précisées dans l'article 4 des dispositions générales et qui ne sont pas mentionnées dans les destinations de constructions interdites ou soumises à condition / Les destinations de constructions suivantes sont interdites dans l'ensemble de la zone 1AUe : ' exploitations agricoles ; / ' habitations ;/ ' artisanat et le commerce de détail ; /' restauration ;/ ' commerce de gros ; /' activités de services où s'effectue l'accueil d'une clientèle ; /' hébergement hôtelier et touristique ; /' cinéma ;/ ' établissements d'enseignement, de santé et d'action sociale ; /' salles d'art et de spectacles ; ' équipements sportifs ; /' autres équipements recevant du public ; ' bureaux/ ; ' centres de congrès et d'exposition. ". L'article 5 des dispositions générales du règlement écrit intitulé " précisions quant aux notions de destination des constructions au titre du code de l'urbanisme " indique que " la sous-destination " industrie " recouvre les constructions destinées à l'activité extractive et manufacturière du secteur primaire, les constructions destinées à l'activité industrielle du secteur secondaire ainsi que les constructions artisanales du secteur de la construction ou de l'industrie. Cette sous-destination recouvre notamment les activités de production, de construction ou de réparation susceptibles de générer des nuisances ".
7. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet de lotissement permette l'implantation de constructions dont la compatibilité avec la destination de la zone 1AUe ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises. La seule circonstance que le formulaire Cerfa mentionne dans la rubrique " description du projet " la création d'un " lotissement de zone artisanale ", tout comme la délibération du conseil municipal du 6 juillet 2022, n'établit pas une illégalité au regard de la destination de la zone alors que d'autres documents mentionnent tantôt " zone d'activités " tantôt " zone économique ". Dans ces conditions, et alors que sont notamment autorisées dans cette zone les constructions destinées à l'activité industrielle du secteur secondaire ainsi que les constructions artisanales du secteur de la construction ou de l'industrie, le moyen tiré la méconnaissance de l'article 1AUe du règlement de la zone doit être écarté.
En ce qui concerne la consultation du gestionnaire de la voie :
8. Aux termes de l'article R 423-53 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l'autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l'autorité ou le service gestionnaire de cette voie, sauf lorsque le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d'accès à ladite voie ".
9. Il est constant que le projet prévoit un débouché sur la route départementale 1075. Or, le département de l'Isère gestionnaire de la voie a rendu un avis favorable le 2 juin 2023 dont les prescriptions sont reprises par l'arrêté contesté. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme doit être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne l'accès sur la RD 1075 :
10. En premier lieu, l'article 1AUe " desserte par les voies publiques ou privées " de la section 3 Equipements et réseaux prévoit qu' " aucun nouvel accès privatif ne sera autorisé sur la RD 1075 ". Il ressort du paragraphe 3 " Position du projet dans son territoire immédiat " du rapport de présentation du projet que le long de la limite Est du lotissement se trouve l'impasse du Pigeonnier, voirie communale connectée à la RD n° 1075 et que dans le prolongement de cette connexion se situe l'actuel accès au terrain objet de l'opération d'aménagement. Il est précisé que la position de cet accès sera conservée. Ainsi, le projet qui ne prévoit aucun nouvel accès sur la RD n° 1075 est conforme à la section 3 de l'article 1AUe. Le moyen tiré de la méconnaissance de la section 3 du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone 1AUe doit être écarté.
11. En second lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
12. Le secteur dans lequel s'insère le tènement en litige est desservi par la route départementale 1075 dont il n'est pas démontré qu'elle ne pourrait pas absorber dans de bonnes conditions de sécurité le surplus de trafic généré par l'aménagement sollicité. Il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment de l'annexe 2 intitulée " Hypothèse d'aménagement d'un carrefour sur la route départementale 1075 " du rapport de présentation qui comporte un tourne-à-gauche que l'accès à cette route départementale est dangereux. Le service aménagement du département de l'Isère a d'ailleurs émis un avis favorable au projet le 2 juin 2023 en relevant que la géométrie du tourne-à-gauche à créer sur la route départementale 1075 est conforme au guide d'aménagement des carrefours interurbains. Ce même service a émis des modifications s'agissant de la signalisation et l'arrêté contesté est délivré sous réserve de respecter ces prescriptions. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne la compatibilité avec l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) n° 1 ZA La Coynelle :
13. L'article L. 152-1 du code de l'urbanisme prévoit que les OAP s'imposent aux autorisations individuelles d'urbanisme dans un rapport de compatibilité. Pour son application, doit être regardé comme incompatible avec une OAP, un projet qui, notamment, en contrarie les objectifs.
S'agissant de l'implantation du bâti et du nombre de lots :
14. Le schéma de principe d'aménagement qui accompagnait la description littérale de l'OPA n° 1 de la ZA La Coynelle prévoit douze lots. Sur ce point, le rapport de présentation (PA2) du dossier de permis d'aménager indique que le lotissement comprend seize lots de terrain à bâtir et un lot prévu dans le cas d'un éventuel échange avec un riverain (lot dix-sept) sans droit à construire. Il ressort du plan de composition (PA4) que ces lots respectent l'implantation du bâti proposé par le schéma de principe de l'OAP. La seule circonstance que le projet prévoit quatre lots à construire supplémentaire n'est pas incompatible avec l'OAP dès lors qu'elle n'en contrarie pas ses objectifs.
S'agissant du tracé de la voirie et de l'emplacement de l'aire de retournement :
15. La légende du schéma de principe d'aménagement prévoit expressément que les voies de desserte et la voie de bouclage à étudier sont des tracés de principe. Le projet litigieux prévoit une circulation centrale de 6 mètres de large minimum, ainsi qu'une aire de retournement. A ce titre, est sans incidence le fait que leur localisation n'est pas exactement la même que celle figurant dans l'OAP, avec laquelle le projet n'entretient qu'un rapport de compatibilité. Dans ces conditions, et alors même que le tracé et l'emplacement de l'aire de retournement n'est pas en tout point identique au schéma de principe, le projet est compatible avec l'OAP n° 1.
S'agissant des cheminements piétons :
16. Il est fait grief au projet de ne pas comporter de cheminement piétons le long de la route départementale 1075, comme indiqué sur le schéma de principe de l'OAP. Toutefois, la légende du schéma de principe d'aménagement précise que les cheminements de piétons sont des tracés de principe. Le projet prévoit une circulation piétonne assurant la desserte de chacun des lots, la liaison entre les différents espaces verts communs et le maillage entre la voie communale n°5 et la route départementale n°1075. Ainsi, et alors même que le cheminement piétonnier ne longe pas la route départementale 1075, le projet ne contrarie pas les objectifs de l'OAP.
S'agissant de la haie paysagère :
17. Il est reproché au projet de ne pas prévoir de haie paysagère sans plus de précision. L'OAP indique que des haies paysagères seront plantées en limite de secteur (cf. schéma de principe). Elle prévoit qu'une bande verte paysagère sera réalisée en entrée de la zone d'activité, que deux merlons végétalisés seront aménagés et plantés de manière à former un écran végétal à l'interface avec le lieu-dit du Pigeonnier et à l'interface avec la scierie et que des haies paysagères seront plantées en limite de secteur.
18. Il ressort de la rubrique 6-1 " Dispositifs paysagers " du rapport de présentation (PA2) du projet qu'une bande verte paysagère en entrée d'opération est réalisée. Sont prévus également un rideau paysager sur la limite Ouest, avec mise en place d'au moins dix arbres, complétés d'arbres et arbustes et trois merlons (un au Nord à l'interface avec le hameau du Pigeonnier, un au Sud à l'interface avec le hameau de la Coynelle et un à l'interface avec la scierie), végétalisés par de l'herbe fourragère et complétés par des arbrisseaux, arbustes et espèces de sous-strates en fonction des spécificités de chaque merlon. Il est également précisé que la végétation existante à l'Ouest des lots 10 à 15 devra être maintenue. En tout état de cause, à supposer qu'une haie paysagère ne soit pas réalisée sur une limite du secteur, cette divergence partielle n'est pas suffisante pour caractériser une incompatibilité avec l'OAP n° 1.
19. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompatibilité du permis d'aménager avec l'OAP n° 1 doit être écarté dans ses différentes branches.
En ce qui concerne la méconnaissance du SCoT :
20. Aux termes de l'article L. 142-1 du code de l'urbanisme : " Sont compatibles avec le document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale : () / 4° Les opérations foncières et les opérations d'aménagement définies par décret en Conseil d'Etat ; () ". Aux termes de l'article R. 142-1 du même code : " Les opérations foncières et les opérations d'aménagement mentionnées au 4° de l'article L. 142-1 sont : / () 3° Les lotissements, les remembrements réalisés par des associations foncières urbaines et les constructions soumises à autorisations, lorsque ces opérations ou constructions portent sur une surface de plancher de plus de 5 000 mètres carrés ; () ". Il résulte de ces dispositions qu'à l'exception des cas limitativement prévus par la loi dans lesquels les schémas de cohérence territoriale peuvent contenir des normes prescriptives, ceux-ci doivent se borner à fixer des orientations et des objectifs avec lesquels les opérations foncières et d'aménagement sont soumises à une simple obligation de compatibilité. Pour apprécier la compatibilité d'une opération foncière ou d'aménagement avec un schéma de cohérence territoriale, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert en prenant en compte l'ensemble des prescriptions du document supérieur, si cette opération ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision.
21. L'analyse de la carte de la trame verte et bleue du SCoT de la région urbaine de Grenoble révèle que la zone 1AUe est définie comme un espace potentiel de développement à très long terme. Contrairement à ce que soutiennent les requérantes, il ne s'agit pas d'une zone protégée et aucun corridor ni réservoir de biodiversité n'est identifié sur le secteur. En outre, le rapport de présentation du plan local d'urbanisme indique en page 354 qu'afin de développer l'économie productive, une zone à urbaniser a été mise en place au lieu-dit de la Cognelle (zone 1AUe), destinée à être aménagée en zone d'activités économiques et que cette zone d'activités est identifiée dans le SCoT de la région urbaine de Grenoble comme zone dédiée à l'économie (non compatible avec l'habitat) et qu'elle aura donc vocation à accueillir des activités non compatibles avec l'habitat. Dès lors, le permis d'aménager n'est pas incompatible avec le document d'orientations et d'objectifs du SCoT de la région urbaine de Grenoble qui prévoyait la création d'une zone d'activités à cet endroit.
En ce qui concerne l'exception d'illégalité du plan local d'urbanisme :
22. Les requérantes soutiennent que l'emplacement de la zone artisanale sur le secteur de la Cognelle mentionné au projet de plan local d'urbanisme a été modifié lors de l'adoption de ce document au profit du secteur du Pigeonnier sans que ce changement ne procède de l'enquête publique. Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier et notamment pas de la carte du projet d'aménagement et de développement durable du plan local d'urbanisme qui matérialise en mauve l'emplacement de la future zone d'activité économique sur le site de la Cognelle incluant d'ailleurs l'autoroute ainsi que la route départementale que son emplacement a été modifié durant l'enquête publique. Il ressort d'ailleurs des nombreux éléments contenus dans le rapport de présentation que le site se trouve au lieu-dit de la Cognelle notamment sur les parcelles cadastrées AE 29 et AE 22, à l'ouest du village de Saint-Martin-de-la-Cluze et de l'autoroute A 51 et de la RD 1075 où est implantée une scierie et à proximité du hameau du Pigeonnier situé au Nord. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'exception d'illégalité du plan local d'urbanisme doit être écarté.
23. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérantes doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
24. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser à chaque partie la charge de ses frais d'instance au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme F et autres est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C F en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la commune de Saint-Martin-de-la-Cluze et à la société SJO Conseil.
Délibéré après l'audience du 3 avril 2025, à laquelle siégeaient :
M. Wyss, président,
Mme Barriol, première conseillère,
Mme Galtier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 avril 2025.
La rapporteure,
E. Barriol
Le président,
JP WyssLa greffière,
A. Zanon
La République mande et ordonne à la préfète de l'Isère en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026