mercredi 20 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2305287 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 6 |
| Avocat requérant | TERRASSON |
Vu la procédure suivante :
I) Par une requête enregistrée le 12 août 2023, M. D, représenté par Me Terrasson, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à titre provisoire à l'aide juridictionnelle ;
2°) à titre principal d'annuler l'arrêté du 24 juillet 2023 par lequel préfet de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
3°) à titre subsidiaire de suspendre cette décision par application de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
4°) d'enjoindre audit préfet à titre principal de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement et subsidiairement de réexaminer sa situation dans le même délai ;
5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 900 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que :
En ce qui concerne la décision prise dans son ensemble :
- la compétence de l'auteur de l'arrêté n'est pas rapportée ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision est entachée d'une erreur de fait ;
- la décision méconnaît article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la fixation du pays de destination :
- la décision est illégale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle méconnait l'article L 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
les requérants soutiennent qu'ils ont fui leur pays d'origine pour venir demander l'asile en France au motif que qu'ils ont été menacés par leur propriétaire à la suite d'un incendie qui s'est déclaré dans leur logement. Toutefois les requérants n'établissent pas la réalité des faits allégués, ni l'existence de menaces actuelles et personnelles pesant sur eux, de nature à les exposer à des traitements prohibés par les dispositions précitées de l'article L. 721-4 et L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article 3 et de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2023 le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
II) Par une requête enregistrée le 12 août 2023, Mme C, représentée par Me Terrasson, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à titre provisoire à l'aide juridictionnelle ;
2°) à titre principal d'annuler l'arrêté du 24 juillet 2023 par lequel préfet de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
3°) à titre subsidiaire de suspendre cette décision par application de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
4°) d'enjoindre audit préfet à titre principal de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement et subsidiairement de réexaminer sa situation dans le même délai ;
5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 900 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme C soutient que :
En ce qui concerne la décision prise dans son ensemble :
- la compétence de l'auteur de l'arrêté n'est pas rapportée ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision méconnaît article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la fixation du pays de destination :
- la décision est illégale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle méconnait l'article L 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2023 le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Morel en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Morel a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant pas présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience,
Considérant ce qui suit :
1. M. D et Mme C, ressortissants Georgiens sont nés respectivement en 1979 et 1986 à Tbilissi. Ils sont mariés et déclarent être entrés en France le 9 octobre 2022. Le bénéfice d'une protection au titre de l'asile leur a été refusé par une décision de l'office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) du 21 mars 2023 prise en procédure accélérée. Par des arrêtés du 24 juillet 2023 le Préfet de l'Isère leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
2. Eu égard à l'urgence à statuer sur les requêtes, il y a lieu d'admettre M. D et Mme C à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
3. Par un arrêté du 26 juillet 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs, le préfet de l'Isère a donné à M. E A, directeur de la citoyenneté, de l'immigration et de l'intégration, délégation pour signer tous actes à l'exception de décisions limitativement énumérées parmi lesquelles ne figurent pas celles relatives au séjour et à l'éloignement des étrangers. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés attaqués doit, dès lors, être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
5. M. D et Mme C indiquent qu'ils résident sur le territoire français avec leurs deux enfants, âgés de 11 et 10 ans et qu'ils n'ont plus d'attaches effectives dans leur pays d'origine. Toutefois la durée de leur séjour en France est récente et elle est liée à l'instruction de leurs demandes d'asile. Ils ont vécu la majeure partie de leur vie dans leur pays d'origine où ils conservent nécessairement des attaches personnelles et sociales. En outre leur demande d'asile a été rejetée. M. D et Mme C étant de même nationalité, aucune circonstance ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue dans leur pays d'origine. Ainsi, les requérants ne sont pas fondés à soutenir, qu'en adoptant les décisions du 24 juillet 2023, le Préfet de l'Isère aurait méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. Par suite les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de ces décisions ;
En ce qui concerne la fixation du pays de destination :
7. Compte tenu de ce qui a été indiqué au point 6 la décision n'est pas illégale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
8. Aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais codifié à l'article L. 721-4 du même code : " () / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes des stipulations de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne :"Nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants."
9. Les requérants soutiennent qu'ils ont fui leur pays d'origine pour venir demander l'asile en France au motif qu'ils ont été menacés par leur propriétaire à la suite d'un incendie qui s'est déclaré dans leur logement. Toutefois les requérants n'établissent pas la réalité des faits allégués, ni l'existence de menaces actuelles et personnelles pesant sur eux, de nature à les exposer à des traitements prohibés par l'article les dispositions précitées de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 3 et de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Le moyen sera écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. D et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés attaqués. Par voie de conséquence, leurs conclusions présentées aux fins d'injonction au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. D et Mme C sont admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D et Mme C, à Me Terrasson, et au Préfet de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition greffe le 20 septembre 2023
Le magistrat désigné,
M. Morel Le greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne au Préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 235287 2305288
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026