lundi 20 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2305359 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MIRAN |
Vu la procédure suivante :
I. - Par une requête, enregistrée, sous le n° 2305359, le 17 août 2023, Mme B A épouse C, représentée par Me Miran, demande au tribunal :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2023, par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois, et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la motivation de l'arrêté est lacunaire et illustre le défaut d'examen de sa situation particulière ;
- le refus de titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article 6-5° de l'accord franco-algérien et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il méconnaît les dispositions de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale par exception d'illégalité ; elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle méconnaît les dispositions de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
II.-Par une requête, enregistrée, sous le n° 23005360, le 17 août 2023, M. D C, représenté par Me Miran, demande au tribunal :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2023, par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois, et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient les mêmes moyens que ceux développés dans la requête n° 2305359.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Barriol ;
- les observations de Me Miran, représentant les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes de Mme B A et M. D C sont relatives à la situation administrative des ressortissants étrangers de la même famille, posent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. Mme A et M. C, ressortissants algériens, nés respectivement le 21 janvier 1980 et le 15 juin 1981, sont entrés régulièrement en France le 11 août 2018 sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires françaises à Oran valable du 4 mars 2018 au 30 août 2018. Ils se sont maintenus irrégulièrement sur le territoire à l'expiration de leur visa, et ont sollicité le 22 juillet 2022 la délivrance d'un certificat de résidence algérien au regard de l'article 6-5° de l'accord franco-algérien. Par deux arrêtés contestés du 21 juillet 2023, le préfet de l'Isère leur a opposé un refus, qu'il a assorti d'une obligation de quitter le territoire français et d'une décision fixant le pays de renvoi.
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur les requêtes de Mme A et de M. C, de les admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne les refus de délivrance d'un titre de séjour :
4. En premier lieu, les décisions contestées, qui énoncent les considérations de droit et de fait sur lesquelles elles sont fondées, sont suffisamment motivées. Il ressort des termes même de ces décisions que le préfet de l'Isère a examiné la situation personnelle de ce couple. Les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen de la situation des requérants doivent par suite être écartés.
5. En deuxième lieu, M. et Mme C font valoir qu'ils sont présents sur le territoire depuis plus de cinq années, qu'ils ont quatre enfants dont le dernier est né en France, qu'ils bénéficient de promesse d'embauche et qu'ils ont des attaches familiales et personnelles en France. Toutefois, les requérants ne peuvent être regardés comme dépourvus de tout lien en Algérie puisqu'ils sont entrés en France à l'âge de 38 et 37 ans. Si le père de M. C est de nationalité française et que des cousins résident également en France, son père vit à Montpellier et ils ont vécu éloigné les uns des autres pendant de nombreuses années. Les arrêtés attaqués n'impliquent aucune séparation familiale, dès lors que rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue en Algérie et que leurs quatre enfants, nés en 2008, 2010, 2016 et 2020 poursuivent leur scolarité dans ce pays. Par suite, alors même qu'ils résident en France depuis plusieurs années, qu'ils ont fait preuve d'une volonté d'insertion et disposent de promesses d'embauche, les décisions attaquées n'ont pas porté une atteinte disproportionnée au droit des requérants à une vie privée et familiale. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, ces arrêtés ne méconnaissent pas les stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien.
6. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit, la décision contestée n'a ni pour objet ni pour effet de séparer les requérants de leurs enfants et rien ne s'oppose à la scolarisation des enfants en Algérie. Dans ces conditions, les arrêtés ne méconnaissent pas l'article 3-1 de la convention internationale du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant.
7. En quatrième lieu, les arrêtés, pour tous les motifs précédemment exposés, ne sont pas entachés d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne les obligations de quitter le territoire français :
8. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de l'annulation des décisions d'obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence de l'illégalité des refus de titre de séjour doit être écarté.
9. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de la méconnaissance des stipulations de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonctions et d'astreinte ainsi que les conclusions de Me Miran tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er :Mme B A et M. D C sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 :Le surplus des conclusions des requêtes de Mme B A et de M. D C est rejeté.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à M. D C, à Me Miran et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 6 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Sauveplane, président,
- Mme Barriol, première conseillère,
- Mme Aubert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2023.
La rapporteure,
E. Barriol
Le président,
M. Sauveplane La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2, 2305360
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026