lundi 29 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2305364 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SARL NOVAS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 août 2023 et le 1er février 2024, M. E I A, représenté par Me Combes, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 6 juillet 2023 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil rétroactivement à compter du 8 juin 2023, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision contestée est entachée de l'incompétence de son auteur ;
- elle méconnait l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors, d'une part, qu'il justifie d'un motif légitime à n'avoir pas déposé sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours et, d'autre part, qu'il se trouve dans un état de vulnérabilité.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 décembre 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête au motif qu'elle est infondée.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 novembre 2023.
Vu la décision contestée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme B, en l'absence des parties.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 10 mars 1996, a déposé une demande d'asile le 8 juin 2023. Le même jour, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il avait déposé sa demande d'asile au-delà du délai de 90 jours sans motif légitime. M. A a formé un recours administratif prélable obligatoire contre cette décision, qui a fait l'objet du rejet contesté daté du 6 juillet 2023. Parallèlement à son recours administratif, M. A a saisi le juge des référés à fin de suspension de la décision du 8 juin 2023. Par une ordonnance du 13 septembre 2023, le juge des référés l'a suspendue et enjoint au réexamen de la situation du requérant. L'administration a de nouveau refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. A le 18 septembre 2023. Le rejet implicite du recours administratif exercé par le requérant contre cette décision, intervenu le 23 décembre 2023, a de nouveau été suspendu par le juge des référés qui a enjoint à l'administration de rétablir le requérant dans ses droits, sous astreinte.
2. En premier lieu, M. D G, directeur général adjoint de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, signataire de la décision contestée, a reçu délégation à cet effet par une décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 10 novembre 2020 à effet du 16 novembre 2020, mise en ligne le 13 novembre 2020 sur le site internet de l'office. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants: / 4o Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3o de l'article L. 531-27. / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. " Aux termes de l'article L.531-27 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée à la demande de l'autorité administrative chargée de l'enregistrement de la demande d'asile dans les cas suivants: ()/ 3o Sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France; "
4. M. A, qui déclare être entré en France le 13 mars 2022, a présenté sa demande d'asile le 8 juin 2023, au-delà du délai de quatre-vingt-dix jours imparti par les dispositions du 3° de l'article L. 531-27 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il fait valoir qu'il a été mal conseillé dans ses démarches en déposant d'abord la demande de protection temporaire pour les personnes déplacées d'Ukraine en raison de la guerre, puis une demande de titre de séjour étudiant en raison de sa qualité d'étudiant en Ukraine et que ce n'est que suite à ces deux refus en date des 15 avril 2022 et 10 mai 2023 qu'il a appris l'existence de la procédure d'asile. Il ajoute que son état mental était altéré par les lourds traumatismes qu'il venait de vivre.
5. Toutefois, les allégations de M. A au terme desquelles il n'a eu connaissance de la possibilité de déposer une demande d'asile qu'à l'issue des refus opposés à ses demandes de titre de protection temporaire et de titre de séjour étudiant ne sont assorties d'aucune précision ou justification permettant au juge administratif d'en apprécier le bien-fondé. Par ailleurs, si la souffrance psychique qu'il invoque est crédible au regard du récit de son histoire versé aux débats, M. A ne produit aucun document notamment médical permettant d'établir une impossibilité ou des difficultés pour faire valoir ses droits. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que M. A a effectivement entrepris des démarches en lien avec sa situation administrative dans les trois mois suivant son entrée en France. Dans ces conditions, le requérant ne justifie pas d'un motif légitime à avoir déposé sa demande d'asile plus de quatorze mois après son arrivée sur le territoire français. Par suite, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, relever l'absence de motif légitime à ne pas avoir présenté sa demande dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France pour refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
6. M. A est célibataire et sans enfant sur le territoire français. Il ne justifie pas de problèmes de santé. Par suite et bien qu'il fasse état de son absence de ressources et d'une demande au titre de l'hébergement d'urgence, il ne peut être regardé comme présentant une vulnérabilité particulière justifiant l'octroi des conditions matérielles d'accueil. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'Office français de l'immigration et de l'intégration aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa vulnérabilité.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 6 juillet 2023 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Il y a lieu de rejeter, par voie de conséquence, les conclusions accessoires à fin d'injonction.
8. L'Office français de l'immigration et de l'intégration n'étant pas partie perdante, les conclusions de Me Combes tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. A est rejetée.
Article 2 :Les conclusions de Me Combes tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sont rejetées.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. E I A, à Me Combes et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 5 avril 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Mathieu Sauveplane, président,
- Mme C F, première-conseillère,
- Mme Emilie Aubert , première-conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 avril 2024.
La rapporteure,
E. B
Le président,
M. H
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026