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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2305855

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2305855

lundi 4 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2305855
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantCANS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 septembre 2023, Mme A G, représentée par Me Cans, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 février 2023 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a désigné le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du prononcé du jugement sous le bénéfice d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser au conseil de la requérante qui s'engage à renoncer à percevoir la somme correspondante à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- les trois décisions sont entachées d'incompétence ;

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

- il est entaché d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance de l'arrêté du 27 décembre 2016 pris en application de l'article R.425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur de fait tenant à la comptabilité de son état de santé avec une sortie du territoire ;

- il méconnait son droit à une vie privée et familiale, tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui s'exerce désormais en France ;

- il méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnait l'article L. 611-3-9 du CESEDA ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire enregistré le 17 octobre 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête en faisant valoir que ses moyens ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 14 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 25 octobre 2023.

Mme G a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 juillet 2023.

Vu :

- l'arrêté attaqué ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Au cours de l'audience publique du 20 novembre 2023, Mme D a lu son rapport. Me Cans a présenté des observations pour Mme G.

Le préfet de l'Isère n'était ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A G est une ressortissante géorgienne, âgée de 29 ans. Elle déclare être entrée en France le 10 décembre 2018. Sa demande d'asile déposée le 8 janvier 2019 a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 26 mars 2019 et cette décision a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Mme G a fait l'objet d'un arrêté de refus de titre de séjour et d'éloignement le 30 août 2019. Elle s'est toutefois maintenue sur le territoire national et le préfet lui a accordé un titre de séjour entre le 10 août 2021 et le 9 août 2022 au regard de son état de santé. Le 8 août 2022, Mme G a présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a désigné le pays de destination.

Sur les conclusions en annulation :

En ce qui concerne le moyen commun :

2. Par un arrêté du 26 juillet 2022 publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial, le préfet de l'Isère a donné délégation à M. F B, directeur de la citoyenneté, de l'immigration et de l'intégration, à l'effet de signer les arrêtés d'obligation de quitter le territoire français avec refus de séjour et fixant le pays de destination d'un ressortissant étranger. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit donc être écarté.

En ce qui concerne le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français :

3. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. ()/ La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'État.() " Selon les termes de l'article R.425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration./L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () " L'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission du rapport médical et de l'avis visés par ces textes prévoit : " Article 5 : Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport. () Article 6 : Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant :/a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ;/b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ;/c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ;/d) la durée prévisible du traitement./Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays./Cet avis mentionne les éléments de procédure./Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle./L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. "

4. La requérante soutient que la preuve n'est pas rapportée que l'avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ait été recueilli, qu'un rapport médical, établi par un médecin de l'OFII, ait été transmis au collège de médecins préalablement à son avis et que les articles 5 et 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 aient été respectés. Toutefois, il ressort de l'avis de l'OFII en date du 13 novembre 2022 qu'il a été émis après que le rapport médical du Docteur C lui a été transmis, que le collège qui s'est prononcé était composé de trois médecins différents de celui qui a rédigé le rapport médical et qu'enfin il comporte les mentions relatives aux éléments de la procédure suivie, sans que celle-ci soit critiquée. Dans ces conditions, le moyen tiré du vice de procédure, qui manque en fait, doit être écarté.

5. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dont il peut effectivement bénéficier dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires et des éventuelles mesures d'instruction qu'il peut toujours ordonner.

6. Pour refuser la délivrance du titre de séjour sollicité, le préfet de l'Isère s'est fondé sur l'avis du collège de médecins de l'OFII, émis le 13 novembre 2022, indiquant que si l'état de santé de Mme G nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine et voyager sans risque.

7. Il ressort des certificats médicaux établis le 23 février 2023 par le médecin coordinateur du centre de référence des infections ostéo-articulaires complexe de Lyon et par le chirurgien prenant en charge la requérante depuis 2019 et produits par cette dernière qu'elle souffre d'une pseudarthrose septique de la diaphyse de son fémur droit, infection osseuse grave et complexe ayant nécessité de multiples chirurgies et nécessitant encore des soins consistant en une surveillance rapprochée, notamment par le centre de référence des infections ostéo-articulaires complexe de Lyon, de la kinésithérapie et la prise d'antalgiques. Toutefois, ces certificats médicaux ne se prononcent pas sur l'indisponibilité des soins appropriés dans son pays d'origine et l'intéressée n'établit pas qu'elle ne pourrait pas bénéficier en Géorgie de la surveillance médicale et des soins de kinésithérapie et de prise en charge de la douleur sus-décrits. Enfin, l'attestation de son chirurgien indiquant que l'état de santé de Mme G n'est pas compatible avec une sortie du territoire au moins pour 6 mois à compter du 23 février 2023 n'est pas circonstanciée et n'est pas de nature à infirmer l'avis du collège des médecins de l'OFII sur ce point. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté comme non fondé.

8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

9. Mme G soutient résider en France depuis le 10 décembre 2018 et justifie de sa vie commune avec M. E H depuis avril 2022. Ils sont mariés depuis le 20 mai 2023 et la requérante fait valoir qu'elle entretient des liens affectifs forts avec Manoa, le fils de son époux âgé de 10 ans. Elle justifie par ailleurs avoir suivi une formation linguistique d'une durée de 105 heures. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que Mme G est entrée irrégulièrement sur le territoire français, qu'elle s'y est maintenue sans titre entre le 30 août 2019 et le 10 août 2021 alors même qu'elle faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. A la date de la décision contestée, la vie commune avec son compagnon ne datait que de 10 mois. Enfin, la requérante n'est pas dépourvue d'attaches familiales en Géorgie où résident ses parents et où elle a vécu jusqu'à l'âge de 24 ans. Au regard de l'ensemble de ces éléments, le refus de titre de séjour qui lui a été opposé n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance, par cette décision, des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés doit être écarté. Pour les mêmes motifs, cette décision n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de Mme G.

10. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant :" dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale." Ces stipulations sont applicables à toute décision affectant, de manière suffisamment directe et certaine, la situation d'un enfant mineur.

11. En l'espèce, les décisions contestées ne concernent que Mme G et non l'enfant de son époux. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance, par cette décision, des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant est inopérant et doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

12. Aux termes de l'article L. 611-3: " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français: () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () "

13. Pour les motifs indiqués aux points 6 et 7, la situation de Mme G ne répond pas aux conditions du 9° de l'article L.611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen doit être écarté.

14. Pour les motifs indiqués aux points 9 et 11, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, la décision d'éloignement n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de Mme G.

15. Le refus de titre n'étant pas annulé, la décision d'éloignement ne peut faire l'objet d'une annulation par voie de conséquence.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

16. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi:/ 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile;/ 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral;/ 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. /Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. " Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme : " Personne ne peut subir des tortures ou être traité de manière inhumaine ou dégradante. "

17. La requérante soutient qu'elle serait gravement menacée en cas de retour dans son pays d'origine mais la seule production du récit de sa demande d'asile, qui n'a pas été accueillie, ne permet pas de l'établir. Comme examiné plus avant, il ne ressort pas des pièces du dossier que les troubles de santé de Mme G ne pourront pas être pris en charge en Géorgie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme doit être écarté.

18. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision fixant comme pays de renvoi celui dont est originaire la requérante affecte, de manière suffisamment directe et certaine, la situation de l'enfant mineur de son conjoint.

19. Enfin, le refus de titre et la décision d'éloignement n'étant pas annulés, la décision fixant le pays de renvoi ne peut faire l'objet d'une annulation par voie de conséquence.

20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation présentées par Mme G doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions en injonction.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

21. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées par Me Cans, avocate de Mme G tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme G est rejetée.

Article 2 :Les conclusions de Me Cans tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique sont rejetées.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme A G, à Me Cans et au préfet de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 20 novembre 2023 à laquelle siégeaient :

M. Sauveplane, président,

Mmes D et Barriol, premières conseillères.

Rendu public par mise à disposition du greffe, le 4 décembre 2023.

La rapporteure,

E. D

Le président,

M. Sauveplane

La greffière,

C. Jasserand

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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