vendredi 22 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2305926 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SOURTY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 septembre 2023, M. A B, représenté par Me Sourty, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 avril 2023 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un certificat de résidence dans le délai d'un mois suivant la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et de lui délivrer dans l'attente un récépissé de demande de titre de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros, à verser à son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour a été signée par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît le 1° de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- elle méconnaît le 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été signée par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Pfauwadel a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né en 1981, est entré en France le 16 juin 2011 sous couvert d'un visa de court séjour. Il a sollicité le 17 mai 2022, la délivrance d'un certificat de résidence en se prévalant, notamment, d'une présence en France depuis plus de dix ans. Par l'arrêté attaqué du 13 avril 2023, le préfet de l'Isère lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
2. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : / 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans () ".
3. Le préfet de l'Isère a refusé de délivrer un certificat de résidence à M. B sur le fondement des dispositions précitées au motif qu'il ne justifiait pas d'une résidence habituelle en France et qu'en particulier pour les années 2017, 2018, 2020 et 2021, il avait fourni peu de pièces
justifiant de sa présence et qu'il n'avait accompli aucune démarche auprès des services préfectoraux entre 2011 et 2022 pour régulariser sa situation. Dans son mémoire en défense, le préfet soutient que la résidence habituelle en France de M. B n'est également pas justifiée pour les années 2013, 2014, 2016 et 2022.
4. Le requérant produit, pour chaque semestre de 2011 à 2022, plusieurs pièces de nature à attester de sa présence en France. Si ces pièces sont majoritairement constituées de relevés de son compte postal, la fréquence des dépôts de chèques et des retraits d'agent avec une carte, ainsi que leurs montants et leur localisation sont de nature à établir que ces opérations ont été effectués par le titulaire du compte et non par un tiers. La présence de l'intéressé au cours de chacun des semestres des années 2011 à 2022 est corroborée par d'autres pièces. Pour ce qui concerne les années indiquées par le préfet de l'Isère, le requérant produit, notamment, un courrier de remise d'un passe Navigo du 13 février 2013, une facture d'un examen médical pratiqué le 11 juin 2013, une facture de soins dentaires dispensés le 20 juin 2013, un imprimé de remboursement de soins rempli par un médecin le 17 septembre 2013, un courrier du 1er janvier 2014 l'informant qu'il bénéficiait de la réduction solidarité transport jusqu'au 31 août 2014, un avis de chèque impayé du 5 mai 2014, une demande de pièce complémentaire adressée par la caisse d'assurance maladie le 6 août 2014, un courrier du 25 décembre 2014 l'informant qu'il bénéficiait de la réduction solidarité transport jusqu'au 31 août 2015, une demande de pièce complémentaire adressée par la caisse d'assurance maladie le 22 avril 2016, les résultats d'un examen de laboratoire du 13 mai 2016, une ordonnance du 26 mai 2016, une attestation d'élection de domicile pour l'aide médicale d'Etat du 25 juillet 2016, une ordonnance du 13 septembre 2016, un avis d'impôt sur le revenu du 25 octobre 2016, une ordonnance d'un dentiste du 12 décembre 2016, des ordonnances de plusieurs médecins des 30 mars 2017, 4 avril 2017, 19 août 2017, 29 août 2017, une attestation de l'aide médicale d'Etat du 10 octobre 2017, des ordonnances du 30 mars 2018, du 31 mai 2018, du 27 septembre 2018, un avis d'imposition du 30 avril 2018, une facture d'achat de téléphone du 15 juillet 2018, un avis de réception d'une demande d'aide médicale d'Etat du 15 novembre 2018, des ordonnances médicales du 10 mars 2020, du 2 septembre 2020 et 8 décembre 2020, un compte-rendu opératoire du 17 septembre 2020, une ordonnance pour des séances de rééducation du 10 octobre 2020 l'avis de réception d'un courrier de l'AME du 8 juillet 2020, un avis d'imposition du 7 juillet 2020, une attestation d'élection de domicile du 8 juillet 2020, des ordonnances médicales du 6 février 2021, 9 février 2021, 5 juin 2021, 7 septembre 2021, des comptes-rendus de radiographie et d'examen par résonnance magnétique du genou des 28 octobre 2021 et 2 novembre 2021, un billet SNCF nominatif du 20 avril 2022, un avis de renouvellement des droits à l'aide médicale d'Etat du 10 mai 2022 et un récépissé de demande de carte de séjour délivré par la préfecture de l'Isère le 11 mai 2022. Il ressort de l'ensemble de ces pièces que M. B justifie résider habituellement sur le territoire français depuis une durée de dix ans au sens des dispositions de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien. Par suite, il est fondé à soutenir que le refus de délivrance d'un certificat de résidence méconnaît ces stipulations. Dès lors, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, cette décision doit être annulée. Il en est de même, par voie de conséquence, des décisions relatives à l'éloignement de M. B.
5. L'annulation de l'arrêté attaqué implique nécessairement, compte tenu de son motif, que le préfet de l'Isère délivre à M. B un certificat de résidence d'un an. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Isère d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
6. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Sourty, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Sourty de la somme de 900 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de l'Isère du 13 avril 2023 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Isère de délivrer un certificat de résidence à M. B dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Sourty une somme de 900 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Sourty renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Sourty et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Bailleul, première conseillère,
Mme Permingeat, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.
Le président rapporteur,
T. Pfauwadel
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
C. Bailleul
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026