jeudi 12 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2305955 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ASTERIO - CABINET D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 septembre et 6 octobre 2023, Mme A B, représentée par Me Genet Sainte Rose, demande au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 17 mai 2023 du maire de Bourg-Saint-Maurice instaurant une servitude de limitation d'usage sur le bâtiment édifié sur sa propriété cadastrée K 101, 1301 et 1303 ;
2°) de condamner la commune de Bourg-Saint-Maurice au versement d'une somme de 5 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- le maire ne pouvait légalement prendre cette décision en l'absence de dépôt d'une demande d'autorisation d'urbanisme et du fait que son bien est desservi par les réseaux ;
- l'arrêté est entaché de défaut de motivation ;
- il instaure une discrimination illégale dès lors que d'autres biens dans la même situation ne se sont pas vu imposer de servitude d'usage ;
- lors de la vente, la commune avait institué une servitude perpétuelle de passage sans restriction de période d'utilisation et le bâtiment ne peut être qualifié de chalet d'alpage ;
- l'arrêté porte atteinte à ses droits acquis.
Par des mémoires enregistrés les 29 septembre et 11 octobre 2023, la commune de Bourg-Saint-Maurice, représentée par Me Bracq, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de Mme B à lui verser une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'aucun des moyens n'est sérieux.
Vu :
- la requête en annulation enregistrée sous le n° 2305833 ;
- les autres pièces du dossier ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 11 octobre 2023 à 13 heures 30 au cours de laquelle ont été entendus Me Hérisson-Garin pour Mme B et Me Teston pour la commune de Bourg-Saint-Maurice.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande de suspension d'exécution :
1. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.
3. En interdisant à Mme B l'usage de son bien pour la période hivernale du 1er novembre au 30 avril, l'arrêté porte une atteinte grave à son droit de propriété. Cette interdiction entrant en vigueur dans moins d'un mois, la condition d'urgence est remplie.
4. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de la violation de l'article L. 122-11 du code de l'urbanisme, d'une part, du fait que le bâtiment ne peut être qualifié de chalet d'alpage, d'autre part, en l'absence de réalisation de travaux est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.
5. Dans ces conditions, il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 17 mai 2023.
Sur les frais de procès :
6. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la commune de Bourg-Saint-Maurice doivent dès lors être rejetées.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner la commune de Bourg-Saint-Maurice à verser à Mme B une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E
Article 1er :L'exécution de l'arrêté du 17 mai 2023 est suspendue.
Article 2 :La commune de Bourg-Saint-Maurice versera à Mme B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Les conclusions de la commune de Bourg-Saint-Maurice présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la commune de Bourg-Saint-Maurice.
Fait à Grenoble, le 12 octobre 2023.
Le juge des référés,
C. Sogno
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2305955
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026