jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2306079 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BORGES DE DEUS CORREIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 septembre 2023, M. A B, représenté par Me Borges De Deus Correia, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative :
- 1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
- 2°) de suspendre l'exécution des decisions attaquées, à savoir de la décision implicite lui refusant le renouvellement de son récépissé venu à expiration le 21 juin 2023 et, d'autre part, du refus implicite de lui délivrer une carte de résident suite à son admission au statut de réfugié par décision de la Cour nationale du droit d'asile le 16 août 2022 ;
- 3°) d'enjoindre au préfet de la Drôme sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir de lui délivrer une carte de résident " Réfugié " et à défaut un récépissé de demande de demande carte de séjour avec droit au travail, et encore à défaut sous les mêmes conditions de délai et astreinte de réexaminer sa demande et de lui notifier une décision ;
- 4°) de condamner l'Etat à verser à son conseil la somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A B soutient que :
- la condition d'urgence est remplie : il a été admis au statut de réfugié depuis une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 16 août 2022, soit depuis presque 13 mois ; il résulte des dispositions de l'article 24 de la Directive 2011/95/UE du parlement européen et du conseil du 13 décembre 2011 qu'un titre de séjour devait dès lors lui être délivré dès que possible, et au maximum dans un délai de trois mois selon les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il n'a toujours pas de titre de séjour ; il n'a plus de récépissé depuis plus de trois mois pour lui permettre de justifier de sa situation administrative et de faire valoir ses droits ; cette situation porte gravement atteinte à ses droits et intérêts ;
- il existe un doute sérieux concernant la légalité de la décision : ces deux décisions encourent l'annulation pour défaut de motivation, erreur de droit et erreur manifeste d'appréciation ; les articles L 424-1 et R 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnus.
La requête a été communiquée au préfet de la Drôme qui n'a pas produit de mémoire en defense.
Vu la requête enregistrée sous le n° 2306078, le 21 septembre 2023, par laquelle M. A B, représenté par Me Borges De Deus Correia, demande l'annulation de la décision attaquéeué.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Vial-Pailler, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 octobre 2023 à 11H :
- le rapport de M. Vial-Pailler.
- les observations de Me Borges De Deus Correia, représentant M. A B,
qui a indiqué que par une décision du 25 septembre 2023, le préfet de la Drôme a délivré à M. B un nouveau récépissé de demande de carte de séjour valable dix ans qui autorise son titulaire à travailler ; que, toutefois, il n'a pas de titre de séjour et que les conséquences de ces refus ne sont pas réparées.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".
2. En raison de l'urgence liée à la procédure de référé, il y a lieu d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
En ce qui concerne la décision implicite lui refusant le renouvellement de son récépissé venu à expiration le 21 juin 2023 :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. Il résulte de l'instruction que postérieurement à la décision attaquée et à l'enregistrement de la requête, M. B s'est vu accorder, le 25 septembre 2023, un nouveau récépissé de demande de carte de séjour qui autorise son titulaire à travailler. Par suite, les conclusions de la requête tendant à la suspension du refus implicite de lui renouveler son récépissé de demande de titre de séjour se trouvent dépourvues d'objet. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur ces conclusions, ni sur celles tendant au prononcé d'une injonction.
En ce qui concerne la décision implicite refusant de lui délivrer une carte de résident suite à son admission au statut de réfugié :
5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, lorsqu'il lui est demandé de suspendre l'exécution d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour ou le bénéfice d'une mesure de regroupement familial, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète du demandeur et de ses proches. Si cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas du retrait ou du refus de renouvellement d'un titre de séjour, il appartient en revanche au requérant, dans les autres cas, de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
6. Aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "L'étranger auquel la qualité de réfugié a été reconnue en application du livre V se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans.". Aux termes de l'article R. 424-1 du même code : " Le préfet procède à la délivrance de la carte de résident prévue aux articles L. 424-1 ou L. 424-3 dans un délai de trois mois à compter de la décision de reconnaissance de la qualité de réfugié par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile. ()".
7. Par une décision du 16 août 2022 de la Cour nationale du droit d'asile, M. B a été admis au statut de réfugié. Il résulte des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile susvisées, qu'un titre de séjour devait être délivré au requérant, au maximum dans un délai de trois mois à compter de la décision de reconnaissance de la qualité de réfugié. M. B n'a toujours pas de titre de séjour. Cette situation porte gravement atteinte à ses droits et intérêts.
8. D'autre part, les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 424-1 et R. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers apparaissent, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
9. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de suspendre, jusqu'au jugement de la requête au fond, les effets de la décision par laquelle le préfet de la Drôme a implicitement refusé de délivrer une carte de résident à M. B.
10. Le juge des référés de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut prononcer que des mesures conservatoires et provisoires. Par ailleurs, M. B s'est vu délivrer, le 25 septembre 2023, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Par suite, la suspension de l'exécution de la décision attaquée n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les frais irrépétibles :
11. M. B a été admis à l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Borges de Deus Correia, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Borges de Deus Correia de la somme de 800 euros.
O R D O N N E
Article 1er : M. B est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension du refus implicite de renouveler son récépissé de demande de titre de séjour présentées par M. B.
Article 3 : L'exécution de la décision par laquelle le préfet de la Drôme a implicitement refusé de délivrer une carte de résident à M. B est suspendue jusqu'au jugement de la requête au fond.
Article 4 : Sous réserve que Me Borges De Deus Correia renonce au bénéfice de la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, l'Etat versera à Me Borges De Deus Correia, avocat de M. B, la somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Borges De Deus Correia et au préfet de la Drôme.
Fait à Grenoble, le 19 octobre 2023.
Le juge des référés,
C. Vial-Pailler
Le greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026