mardi 12 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2306367 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | HOURLIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2023, Mme B A, représentée par Me Hourlier, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 2 octobre 2023 par lequel le préfet de la Savoie l'a assignée à résidence pour une durée de 6 mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que la décision :
- est entachée d'une erreur de droit ;
- est entachée d'un détournement de procédure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 octobre 2023, le préfet de la Savoie conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 16 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 6 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Vial-Pailler,
- et les observations de Me Leroy, représentant Mme B A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante albanaise née le 20 mars 1993, déclare être entrée en France le 15 juillet 2021, accompagnée de ses deux enfants mineurs également de nationalité albanaise. Sa demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA par une décision du 22 novembre 2021 qui a été confirmée par une décision de la CNDA en date du 14 février 2022. Le 27 janvier 2022, le préfet de la Savoie a pris un arrêté portant obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, confirmée par un jugement du tribunal administratif de Grenoble en date du 25 mars 2022. Le 8 juin 2022, la requérante a introduit une demande de réexamen de sa situation auprès de l'OFPRA qui a une nouvelle fois rejeté sa demande par une décision du 25 août 2022 et qui a été confirmée par une décision de la CNDA en date du 21 décembre 2022. Le 19 avril 2023, le préfet de la Savoie a pris un arrêté portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par un arrêté du 7 juin 2023, le préfet de la Savoie a assigné l'intéressée à résidence pour une durée de 45 jours, renouvelé le 18 août pour une même durée. Par un arrêté du 2 octobre 2023, le préfet de la Savoie a assigné Mme A à résidence pour une durée de 6 mois. La requérante demande l'annulation de cette dernière décision.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de Mme A à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. D'une part, aux termes de l'article L.731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé. ". D'après l'article L.732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. Elle est renouvelable une fois dans la même limite de durée. ".
4. D'autre part, aux termes de l'article L.731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants :1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; ". Aux termes de l'article L. 732-4 du même code : " " Lorsque l'assignation à résidence a été édictée en application des 1° () de l'article L. 731-3, elle ne peut excéder une durée de six mois. Elle peut être renouvelée une fois, dans la même limite de durée. ".
5. Pour renouveler l'assignation à résidence de Mme A pour une durée de six mois sur le fondement des dispositions précitées de l'article L.731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Savoie s'est fondé sur le fait qu'une demande de vol a été introduite le 13 septembre 2023 et que cette demande n'a toujours pas abouti alors que le délai des 90 jours portant assignation à résidence prenait fin le 3 octobre 2023 et que, ainsi, Mme A justifiait être dans l'impossibilité de regagner son pays d'origine de manière coercitive à bref délai. Toutefois, il est constant que l'intéressée n'était pas dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou de regagner son pays d'origine ou de se rendre dans aucun autre pays et que son éloignement demeurait une perspective raisonnable, contrairement à ce que mentionne la décision en litige. En effet, Mme A dispose d'un passeport albanais en cours de validité et d'un laisser passer consulaire obtenu auprès du consulat d'Albanie par les services de la Préfecture le 7 septembre 2023 après une demande enregistrée le 30 août 2023, alors que Mme A était assignée à résidence depuis le 3 juillet 2023. Une demande de vol auprès des services compétents est en cours depuis le 13 septembre 2023, conformément à ce que mentionne l'arrêté attaqué. Dès lors, la perspective d'éloignement de Mme A paraît raisonnable et le préfet de la Savoie ne pouvait décider de l'assignation à résidence de l'intéressée sur le fondement de l'article L.731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni prolonger l'assignation préexistente prise aux fins d'exécution de la mesure d'éloignement sur le fondement des dispositions de l'article L.731-1 du même code dont la durée maximale de 90 jours était atteinte en application de l'article L.732-3 du même code. Partant, les moyens tirés de l'erreur de droit et du détournement de procédure doivent être accueillis.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 2 octobre 2023 par laquelle le préfet de la Savoie l'a assignée à résidence pour une durée de 6 mois.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État, la somme demandée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du préfet de la Savoie du 2 octobre 2023 est annulé.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A, à Me Hourlier et au préfet de la Savoie.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Frapolli, première conseillère,
Mme Fourcade, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2023.
Le président-rapporteur,
C. VIAL-PAILLER
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
I. FRAPOLLILe greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026