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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2306520

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2306520

mercredi 8 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2306520
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantCABINET MEROTTO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 octobre 2023, et un mémoire du 5 novembre 2023, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble le Crêt de la Dame, représenté par Me Laumet, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 11 mai 2023 accordant le permis de construire n° 074 006 22 A0013 à M. B, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Allonzier-la-Caille une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- en qualité de voisin immédiat, il a intérêt à agir ;

- sa requête au fond est recevable ;

- l'urgence est présumée au regard de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ;

- l'article R. 431-8 2° a été méconnu ainsi que les dispositions de l'article 11.2 AUX-OPA6 ;

- le règlement du PLU n'autorise pas l'activité car l'activité de broyage dans une ICPE n'est pas une activité artisanale mais une activité du secteur primaire ; en tout état de cause les deux conditions cumulatives ne sont pas réunies ;

- l'article 10.1 AUX du PLU a été méconnu ; la façade du bâtiment A est de 14,25 m du point le plus haut par rapport au terrain naturel ;

- l'article 11.2 AUX du PLU a été méconnu ; le projet de construire 3 énormes hangars ne s'intègre pas dans l'environnement ;

- le permis de construire n'est pas compatible avec les prescriptions de l'OAP ;

- l'article 12 du PLU a été méconnu : le nombre de place de stationnement a été sous-évalué ;

- l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme a été méconnu : le mur coupe-feu préconisé par le SDIS n'a pas été mis en place.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 30 octobre et le 3 novembre 2023, M. C B et Mme A B, représentés par Me Thiry, concluent au rejet de la requête et demande la condamnation du syndicat des copropriétaires à payer la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir et qu'il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2023, la commune d'Allonzier-la-Caille, représentée par Me Merotto, conclut au rejet de la requête et demande la condamnation du syndicat des copropriétaires à payer la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir et qu'il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 28 septembre 2023 sous le numéro 2306218 par laquelle le syndicat des copropriétaires de l'immeuble le Crêt de la Dame demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Jasserand, greffière d'audience, M. D a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Laumet, représentant le syndicat requérant,

- les observations de Me Merotto, représentant la commune d'Allonzier-la-Caille,

- et les observations de Me Gastrein, représentant M. B.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " A ceux de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () " .

2. En qualité de voisin immédiat, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble le Crêt de la Dame a intérêt à agir contre le permis de construire contesté.

3. Aux termes de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme : " Un recours dirigé contre une décision de non-opposition à déclaration préalable ou contre un permis de construire, d'aménager ou de démolir ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. / La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite. () Lorsqu'une personne autre que celles mentionnées à l'alinéa précédent défère une décision relative à un permis de construire ou d'aménager et assortit son recours d'une demande de suspension, le juge des référés statue sur cette demande dans un délai d'un mois. "

4. En l'espèce, le délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge n'étant pas expiré, la requête est recevable et la condition d'urgence est présumée remplie.

5. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées.

Sur les frais du procès :

6. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée, et peut, même d'office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.

7. Ces dispositions font obstacle aux conclusions du syndicat des copropriétaires dirigées contre la commune d'Allonzier-la-Caille qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du syndicat des copropriétaires la somme demandée par la commune et M. et Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête du syndicat des copropriétaires de l'immeuble le Crêt de la Dame est rejetée.

Article 2 :Les conclusions de la commune d'Allonzier-la-Caille et de M. et Mme B tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée au syndicat des copropriétaires de l'immeuble le Crêt de la Dame, à la commune d'Allonzier-la-Caille et à M. et Mme B.

Fait à Grenoble, le 8 novembre 2023.

Le juge des référés,

M. D

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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