mardi 7 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2306531 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 3 |
| Avocat requérant | ZOUAOUI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Lyon le 1er octobre 2023 et transmise par ordonnance du 3 octobre 2023 du président dudit tribunal, M. C B, représenté par Me Zouaoui demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 septembre 2023 par laquelle la préfète de l'Ain lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a signifié une interdiction de retour pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de réexaminer sa situation ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de supprimer l'inscription de non admission au fichier d'information Schengen.
Il soutient que :
L'arrêté pris en son ensemble :
- a été pris par une autorité incompétente ;
- est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- est insuffisamment motivé ;
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
La décision fixant le pays de destination :
- est irrégulière eu égard à la durée de son séjour en France ;
La décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :
- est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
La décision portant inscription au fichier d'information Schengen :
- doit être annulée par voie de conséquences de l'annulation de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français.
Par un mémoire enregistré le 30 octobre 2023, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Morel a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative : " Lorsqu'un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence d'une juridiction administrative autre que le Conseil d'Etat, son président, ou le magistrat qu'il délègue, transmet sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente ".
2. Aux termes de l'article R. 312-8 du code de justice administrative : " Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions () ".
3. M. B, ressortissant Kosovar, est entré en France en 2018 accompagné de son épouse. Deux enfants sont nés sur le territoire français de cette union les 9 juin 2020 et 18 avril 2023. Sa demande d'asile a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) du 22 mars 2013 confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 6 février 2014. L'OFPRA a rejeté sa demande de réexamen de sa demande le 10 décembre 2018, décision confirmée le 13 Mai 2019 par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). M. B a fait objet le 16 juin 2020 d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français. Il a été interpellé pour conduite d'un véhicule sans permis par la brigade de Valserhône le 29 septembre 2023. Par un arrêté du 29 septembre 2023 la préfète de l'Ain lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a signifié une interdiction de retour pour une durée de deux ans. Par une requête enregistrée le 1er octobre 2023 M. B a demandé au tribunal administratif de Lyon l'annulation de cette décision. Par une ordonnance du 3 octobre 2023 ledit tribunal a, en application des articles R. 351-3 et R. 312-8 du code de justice administrative transmis le dossier de la requête au tribunal administratif de Grenoble compétent pour statuer en premier ressort sur cette affaire dans la mesure où à la date de l'arrêté contesté, l'intéressé était domicilié sur la commune d'Etrembières (74100).
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne les moyens communs :
4. Par un arrêté du 25 septembre 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs, la préfète de l'Ain a donné à M. D A, Chef du bureau de l'éloignement et du contentieux de la préfecture, délégation pour signer tous actes à l'exception de décisions limitativement énumérées parmi lesquelles ne figurent pas celles relatives au séjour et à l'éloignement des étrangers. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit, dès lors, être écarté.
5. L'arrêté attaqué qui mentionne les éléments de fait propres à la situation de M. B et les considérations de droit sur lesquels il se fonde est suffisamment motivé au regard de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et démontre que la situation de l'intéressé a fait l'objet d'un examen préalable. Dès lors, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et de l'absence d'examen préalable doivent être écartés.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
6. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
7. M. B allègue de sa présence en France depuis cinq ans. Toutefois il s'y est maintenu irrégulièrement du fait du non-respect de l'obligation de quitter le territoire français. Si M. B réside sur le territoire français avec son épouse et ses enfants cette dernière est également en situation irrégulière et rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue dans leur pays d'origine où M. B a vécu la majeure partie de sa vie et où son père, ses deux frères et sa sœur résident. M. B ne maîtrise pas le français et s'il allègue exercer la profession de menuisier et d'ouvrier en tout état de cause il n'en justifie pas. M. B qui a été placé en garde à vue pour des faits de conduite sans permis de conduire ne démontre pas une intégration socio-professionnelle particulièrement notable en France. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en France M. B n'est fondé à soutenir ni que la décision attaquée porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Il n'est pas d'avantage fondé à invoquer la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne La décision fixant le pays de destination :
8. Compte tenu de ce qui a été indiqué au point 7 M. B n'est pas fondé à soutenir que cette décision est illégale.
9. Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire. ". En vertu de l'article R. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour prise en application de l'article L. 613-5 sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription au fichier des personnes recherchées.
10. Lorsqu'elle prend à l'égard d'un étranger une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français, l'autorité administrative se borne à informer l'intéressé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Une telle information ne constitue pas une décision distincte de la mesure d'interdiction de retour et n'est, dès lors, pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
11. Les conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire et d'interdiction de retour sur le territoire français étant rejetées, les conclusions tendant à l'annulation du signalement de M. B aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ne peuvent, en tout état de cause, qu'être rejetées.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence ses conclusions présentées aux fins d'injonction et au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la préfète de l'Ain.
Rendu public par mise à disposition greffe le 7 novembre 2023.
Le magistrat désigné,
S. Morel Le greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026