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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2306549

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2306549

mardi 14 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2306549
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge unique 4
Avocat requérantGAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 octobre 2023, Mme E A, représentée par Me Gay, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er septembre 2023 par lequel le préfet de la Drôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre audit préfet à titre principal de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire de réexaminer son dossier ;

3°) de condamner l'État à verser à son conseil une somme de 1000 euros au titre des frais irrépétibles du procès, cette condamnation valant renonciation à l'indemnisation prévue par la loi du 10 juillet 1991.

Mme A soutient que :

La décision portant refus de titre de séjour :

- a été signée par un auteur incompétent ;

- le médecin qui a établi le rapport médical, prévu par l'article R. 313-22, qui est transmis au collège de médecins, ne peut pas siéger au sein de ce collège ;

- le préfet s'est borné à se conformer à l'avis émis par les médecins de l'OFII et a ainsi méconnu l'étendue de sa compétence ;

- la décision méconnaît les articles L.425-10 et L.425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- est illégale en raison des motifs énoncé ci-dessus.

La décision fixant le pays de destination

- est insuffisamment motivée ;

- méconnaît les article 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2023, le préfet de la Drôme conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B en application l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, de nationalité Sénégalaise, déclare être entrée en France le 7 janvier 2020. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides rendue le 19 octobre 2020 et confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 7 décembre 2020. Par l'arrêté du 1er septembre 2023 le préfet de la Drôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

3. Par un arrêté du 21 août 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs, le préfet de la Drôme a donné à M. Cyril Moreau, secrétaire général de la préfecture, délégation pour signer tous actes à l'exception de décisions limitativement énumérées parmi lesquelles ne figurent pas celles relatives au séjour et à l'éloignement des étrangers. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit, dès lors, être écarté.

4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4o La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3o () ". Aux termes de l'article L. 431-2 du même code : " Lorsqu'un étranger a présenté une demande d'asile qui relève de la compétence de la France, l'autorité administrative, après l'avoir informé des motifs pour lesquels une autorisation de séjour peut être délivrée et des conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements à ce stade, l'invite à indiquer s'il estime pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre et, dans l'affirmative, à déposer sa demande dans un délai fixé par décret. Il est informé que, sous réserve de circonstances nouvelles, notamment pour des raisons de santé, et sans préjudice de l'article L. 611-3, il ne pourra, à l'expiration de ce délai, solliciter son admission au séjour. / Les conditions d'application du présent article sont précisées par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article L. 425-9 du même code : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. (). ". Par ailleurs, l'article R. 425-11 du même code dispose que : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. (). ". En outre, aux termes de l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. / () / Il transmet son rapport médical au collège de médecins. (). ". L'article R. 425-13 dudit code dispose que : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. (). ". Aux termes de l'article 3 de l'arrêté susvisé du 27 décembre 2016 : " Au vu du certificat médical et des pièces qui l'accompagnent ainsi que des éléments qu'il a recueillis au cours de son examen éventuel, le médecin de l'office établit un rapport médical (). ". Aux termes de l'article 5 du même arrêté : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport. ". Enfin, aux termes de l'article 6 du même arrêté : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. ".

5. L'avis rendu par le collège de médecins de l'OFII sur l'état de santé de Mme A, du 1er août 2023 a été produit par le préfet de la Drôme et communiqué à l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'avis de l'OFII manque en fait et doit être écarté. Cet avis est signé par les docteurs Norindr, Sahrane et Candillier. Il ressort des pièces du dossier que cet avis a été rendu sur la base du rapport médical rédigé par le docteur D qui n'a pas siégé au collège des médecins. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure, du fait de l'irrégularité de l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration, doit être écarté. Selon l'avis émis par le collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration, l'état de santé de Mme A nécessite une prise en charge médicale, dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Mais Mme A peut bénéficier d'un accès effectif à un traitement approprié dans son pays d'origine. Il a, également, indiqué que l'état de santé de cette dernière peut lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine. Enfin, le collège de médecins de l'OFII, dont l'avis est requis préalablement à la décision du préfet relative à la délivrance de la carte de séjour prévue au à l'article L.425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit accomplir sa mission dans le respect des orientations générales définies par l'arrêté du ministre chargé de la santé du 5 janvier 2017 et émettre son avis dans les conditions fixées par l'arrêté du 27 décembre 2016 des ministres chargés de l'immigration et de la santé. Les dispositions rappelées ci-dessus imposent au collège des médecins de l'OFII de rendre leur avis dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrit au tableau de l'ordre, le demandeur disposant d'un délai d'un mois à compter de l'enregistrement de sa demande en préfecture pour transmettre à l'OFFI ce certificat médical. Ce certificat doit être dûment renseigné et accompagné de tous les documents utiles.

6. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. Le tribunal doit s'assurer, eu égard à la pathologie du requérant, de l'existence d'un traitement approprié et de sa disponibilité dans des conditions permettant d'y avoir accès. Il ne lui appartient pas de rechercher si les soins dans le pays d'origine sont équivalents à ceux offerts en France.

7. Mme A soutient que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que, selon elle, le défaut de traitement approprié devrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa santé. Elle soutient ainsi que son fils est suivi dans le cadre d'une marche sur la pointe des pieds avec une raideur asymétrique, avec douleurs. Cette pathologie est très spécifique et nécessite un suivi médical spécialisé rapproché, notamment par des séances de kinésithérapie, deux fois par semaine, mais également la mise en place d'attelles afin d'immobiliser les chevilles et les pieds. Elle fait valoir que le Docteur C, du service pédiatrie du Centre Hospitalier de Valence, précise que " la prise en charge doit être poursuivi pendant plusieurs années jusqu'à ce que l'enfant parvienne à corriger son schéma de marche. Ce n'est pas le cas pour l'instant ". A défaut, cela engendre un enraidissement des chevilles très important. Mme A indique qu'il a été précisé, que le port des attelles devrait se faire durant toute sa croissance. Et que l'appareillage mise en place évolue, en fonction de l'âge de l'enfant et de l'évolution de sa pathologie. Elle précise que son fils est vu par le service de pédiatrie et de chirurgie infantile du Centre Hospitalier de Valence tous les 3 mois. Elle estime que compte tenu de l'état du système de santé au Sénégal, il ne pourrait pas bénéficier d'un suivi aussi complet, que celui auquel il a accès en France. Toutefois si le collège des médecins de l'OFFI a estimé, au mois de mai 2022, que le fils de Mme A ne pouvait bénéficier d'une prise en charge effective dans son pays d'origine ; il a en revanche estimé au mois d'août 2023, que son état de santé pouvait être pris en charge au Sénégal. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Drôme, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, a méconnu les dispositions des articles L. 425-9 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Eu égard à ce qui précède, elle n'est pas davantage fondée à soutenir que le préfet de la Drôme, en adoptant la décision en litige, a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

8. Il ne ressort pas des pièces du dossier, ni des termes de la décision attaquée que le préfet de la Drôme se serait estimé tenue de suivre l'avis du collège de médecins. Ainsi, contrairement à ce que soutient la requérante, le préfet de la Drôme n'a pas méconnu l'étendue de sa compétence. Par suite, le moyen doit être écarté.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

9. Ainsi qu'il vient d'être mentionné, la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas illégale, Mme A n'est pas fondée à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité du refus de titre de séjour à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français ;

10. Compte tenu de ce qui a été indiqué aux points 5 à 8 Mme A n'est pas fondée à se prévaloir contre la décision portant obligation de quitter le territoire français des moyens soulevés contre la décision de refus de titre de séjour.

Sur la décision fixant le pays de destination :

11. Il ne ressort pas de la lecture de cette décision qu'elle est insuffisamment motivée en droit ou en fait ou entachée d'un défaut d'examen de la situation personnelle de la requérante ;

12. Aux termes de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1 Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi.() ". Aux termes de l'article 3 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

13. Compte tenu de ce qui a été indiqué aux points 5 à 8 la requérante n'est pas fondée à invoquer la méconnaissance des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni à soutenir que les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation s'agissant du choix du pays de destination ;

14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête aux fins d'annulation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, leurs conclusions présentées aux fins d'injonction et au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

D E C I D E:

Article 1er : Mme A est admise à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.

Article 3: Le présent jugement sera notifié à Mme A, à Me Gay et au préfet de la Drôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2023.

Le magistrat désigné,

S. B Le greffier,

P. Muller

La République mande et ordonne au préfet de la Drôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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