lundi 29 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2306725 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MATHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 octobre 2023 et le 5 février 2024, M. B A, représenté par Me Mathis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 août 2023 par laquelle le préfet de la Savoie a refusé de lui accorder un rendez-vous et d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Savoie d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail dans un délai de 48 heures à compter du jugement à intervenir sous astreinte journalière de 100 euros ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation dans un délai de quatre mois suivant la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- la décision est entachée de l'incompétence de son signataire ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation et d'une insuffisante motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ont été méconnues ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 28 décembre 2023 et le 30 janvier 2024, le préfet de la Savoie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 31 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 19 février 2024.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridique totale par une décision du 19 février 2024.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique du 5 avril 2024, Mme Letellier a lu son rapport. Me Cans, substituant Me Mathis, a présenté des observations pour M. A. Le préfet de la Savoie n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant ivoirien, est entré en France en décembre 2017 selon ses déclarations et a demandé son admission au séjour le 15 juillet 2019. Par un arrêté du 21 septembre 2021, le préfet de la Savoie a refusé de l'admettre au séjour et l'a obligé à quitter le territoire français. Par un arrêt du 6 juillet 2023, la Cour administrative d'appel de Lyon a confirmé la légalité de l'arrêté du préfet. Par un courriel du 8 août 2023, M. A s'est vu opposer un refus de rendez-vous en préfecture pour déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour.
2. Aux termes de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit s'asile : " La demande de titre de séjour figurant sur une liste fixée par un arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice () ". Selon l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise () ".
3. Il résulte des dispositions citées au point précédent qu'en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. En revanche, lorsqu'un étranger a fait l'objet d'une décision de refus de titre de séjour assortie d'une mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée, cette circonstance s'oppose à ce qu'un nouveau récépissé lui soit délivré, sauf si des éléments nouveaux conduisent l'autorité préfectorale à l'autoriser à former une nouvelle demande.
4. Il ressort des termes même de la décision en litige prise à la suite de la demande d'admission exceptionnelle au séjour formulée le 8 août 2023, qu'elle a été prise au seul motif que M. A avait fait l'objet, le 21 septembre 2021 d'un refus de titre de séjour portant obligation à quitter le territoire. Cette seule circonstance est insuffisante à caractériser la nature dilatoire ou abusive de la demande, en application du principe énoncé au point précédent, alors au demeurant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A aurait présenté une demande de titre de séjour avant le 8 août 2023. Par suite, M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 8 août 2023.
5. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique, au sens de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, que l'administration réexamine la situation de M. A après lui avoir fixé un rendez-vous aux fins d'enregistrer sa demande. Il y a lieu d'adresser une injonction en ce sens au préfet de la Savoie et de lui impartir un délai de deux mois pour y procéder. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Me Mathis sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er :La décision du 8 août 2023 du préfet de l'Isère est annulée.
Article 2 :Il est enjoint au préfet de la Savoie, dans le délai de deux mois à compter du présent jugement, de réexaminer la situation de M. A après fixation d'un rendez-vous en vue de l'enregistrement de sa demande de titre de séjour.
Article 3 :Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 :Les conclusions de Me Mathis tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Mathis et au préfet de la Savoie.
Délibéré après l'audience du 5 avril 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Sauveplane, président,
- Mme Letellier, première conseillère,
- Mme Aubert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 avril 2024.
La rapporteure,
C. Letellier
Le président,
M. Sauveplane
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026