mardi 14 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2306897 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 octobre 2023, M. A, représenté par Me Huard, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision révélée par un courriel du 12 octobre 2023 de l'agent instructeur du ministère de l'intérieur lui indiquant que sa demande de titre de séjour était clôturée ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de réexaminer sa demande de titre de séjour, de lui fixer un rendez-vous en préfecture dans un délai de 8 jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, aux fins d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail ;
3°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le défaut d'enregistrement d'une demande de titre de séjour, non motivé par le caractère incomplet du dossier, crée par nature une situation d'urgence ; il est illégalement maintenu en situation irrégulière et de précarité alors qu'il est parent d'enfant français ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision dès lors qu'elle est entachée d'incompétence, non signée, illégalement fondée sur l'existence d'une obligation de quitter le territoire français, prise en méconnaissance de la primauté de l'accord franco-algérien particulièrement de son article 6-4 et entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 novembre 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Le préfet conteste l'urgence dès lors que la situation résulte de la non-exécution de la mesure d'éloignement du 5 juillet 2023 et qu'aucun moyen n'est de nature à créer un doute sérieux, la clôture du dossier étant fondée sur les dispositions des articles L. 411-2 et L. 711-1 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 26 octobre 2023 sous le numéro 2306894 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Triolet, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 13 novembre 2023, Mme Triolet a lu son rapport et entendu les observations de Me Miran, représentant M. A, qui, sur question, indique que le rendez-vous en préfecture est exclusivement destiné à la remise d'un récépissé de demande de titre.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, né le 22 juillet 1995, de nationalité algérienne, déclare être entré en France le 8 octobre 2015. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile le 16 août 2017. La Cour nationale du droit d'asile a confirmé ce rejet le 18 mai 2018. Un arrêté portant obligation de quitter le territoire français a été pris à son encontre le 10 août 2018. Le 22 octobre 2022, M. A a épousé Mme B, ressortissante française. Il a déposé, le 19 janvier 2023, une demande de titre de séjour en qualité de conjoint de française qui a été rejetée par un arrêté du 5 juillet 2023, vainement contesté devant ce tribunal. Postérieurement à cet arrêté, M. A et son épouse ont eu une enfant, née le 23 août 2023. M. A a déposé le 21 septembre 2023 une demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant française. Par la décision dont il est demandé de suspendre l'exécution, cette demande a été classée en raison de l'existence d'une obligation de quitter le territoire non exécutée.
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence qui s'attache au règlement du litige, il y a lieu d'admettre M. A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
3. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
4. M. A se trouve en situation irrégulière sur le territoire et ne peut enregistrer de demande de titre de séjour alors même qu'il est constant qu'il est père d'une enfant française. L'urgence est caractérisée.
5. Les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte et de l'illégalité du motif de clôture sont, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
6. Par suite, il y a lieu de suspendre son exécution jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
7. Dès lors qu'il est constant que la demande est complète, la suspension implique qu'il soit enjoint au préfet de fixer à M. A un rendez-vous, qui devra avoir lieu dans un délai de 14 jours à compter de la notification de la présente ordonnance, afin de remettre au requérant un récépissé de demande de titre de séjour. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La décision révélée par un courriel du 12 octobre 2023 de l'agent instructeur du ministère de l'intérieur est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de fixer à M. A un rendez-vous, qui devra avoir lieu dans un délai de 14 jours à compter de la notification de la présente ordonnance, afin que de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour.
Article 4 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros à Me Huard au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me Huard et au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 14 novembre 2023.
La juge des référés,
A. Triolet
La greffière,
J. Bonino
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026