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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2307112

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2307112

jeudi 2 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2307112
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSELARL RETEX AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble rejette la requête en annulation d'un refus de permis d'aménager un lotissement. Le juge estime que le refus était légal au motif que le projet nécessitait une extension du réseau électrique public, et que la commune n'était pas en mesure d'indiquer les modalités de cette réalisation, conformément à l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme. La demande d'injonction et les conclusions relatives aux frais sont également rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 novembre 2023, M. A... B..., représenté par Me Matras, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 22 mai 2023 par lequel la maire de Châteauneuf-du-Rhône a refusé de lui délivrer un permis d’aménager un lotissement de cinq lots sur la parcelle cadastrée section AC n° 424, ainsi que la décision du 28 septembre 2023 rejetant son recours gracieux ;

2°) d’enjoindre à la maire de Châteauneuf-du-Rhône de lui délivrer le permis d’aménager sollicité dans un délai d’un mois à compter du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Châteauneuf-du-Rhône une somme de 3 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- l’arrêté méconnaît l’article L. 111-11 du code de l’urbanisme ;
- l’arrêté méconnaît l’article UC 4 du règlement du plan local d’urbanisme de la commune.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 janvier 2024 et 9 février 2024, la commune de Châteauneuf-du-Rhône, représentée par Me Blanc, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge du requérant une somme de 2 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. B... ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Beytout,
- les conclusions de Mme Paillet-Augey, rapporteure publique,
- et les observations de Me Chantepy, avocate de M. B..., et de Me Blanc, avocat de la commune de Châteauneuf-du-Rhône.


Considérant ce qui suit :
Le 24 janvier 2023, M. B... a déposé une demande de permis d’aménager un lotissement de cinq lots à bâtir sur la parcelle cadastrée section Ac n° 424. Le maire de Châteauneuf-du-Rhône a refusé de lui délivrer ce permis d’aménager par un arrêté du 22 mai 2023. Le recours gracieux formé par M. B... contre cet arrêté a été rejeté par une décision du 28 septembre 2023. Par la présente requête, M. B... demande l’annulation de l’arrêté du 22 mai 2023 et de la décision du 28 septembre 2023.
Sur les conclusions à fin d’annulation et d’injonction :
Aux termes de l’article L. 111-11 du code de l’urbanisme : « Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés (…) ». Il résulte de ces dispositions qu’un permis de construire doit être refusé lorsque, d’une part, des travaux d’extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics de distribution d’eau, d’assainissement ou d’électricité sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et, d’autre part, lorsque l’autorité compétente n’est pas en mesure d’indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation.
En l’espèce, il ressort de l’avis du service public des énergies dans la Drôme du 4 avril 2023 que le projet de M. B... nécessite une extension du réseau électrique de 145 mètres de longueur sur le domaine public, qui ne constitue pas un équipement propre pouvant être mis à sa charge. La circonstance que sa propriété soit survolée par une ligne électrique ne permet pas de pallier la nécessité de cette extension du réseau. M. B... ne peut ainsi utilement invoquer cette circonstance ni la méconnaissance de l’article L. 342-11 du code de l’énergie, entré en vigueur seulement le 10 septembre 2023, soit postérieurement à la décision en litige, dont la légalité s’apprécie à la date de son édiction. Dans ces conditions, la maire de Châteauneuf-du-Rhône était tenue de refuser le permis de construire sollicité et les moyens soulevés contre les autres motifs de l’arrêté par M. B... sont inopérants.
Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par M. B... doivent être rejetées.
Ce jugement n’appelant aucune mesure d’exécution, ses conclusions à fin d’injonction doivent également être rejetées.
Sur les frais de l’instance :
Aux termes de l’article L. 761-1 du code de justice administrative : « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation. ».
Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Châteauneuf-du-Rhône, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. B... au titre des frais exposés.
Il n’y a pas lieu, par ailleurs, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge du requérant le versement à la commune de Châteauneuf-du-Rhône d’une somme au titre des frais qu’elle a exposés. Ses conclusions sur ce point doivent ainsi être rejetées.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Châteauneuf-du-Rhône tendant à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.




Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et à la commune de Châteauneuf-du-Rhône.

Délibéré après l'audience du 19 mars 2026, à laquelle siégeaient :

M. Thierry, président,
Mme Beytout, première conseillère,
Mme Barriol, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2026.


La rapporteure,

E. BEYTOUT

Le président,

P. THIERRY

La greffière,





A ZANON



La République mande et ordonne à la préfète de la Drôme en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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