mardi 30 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2307173 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | DABBAOUI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 novembre 2023, Mme B C, représentée par Me Dabbaoui, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 octobre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Savoie a refusé de délivrer une autorisation provisoire de séjour " parent d'étranger malade " et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie de lui délivrer l'autorisation provisoire de séjour sollicitée dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, subsidiairement, lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sans délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.
Mme C soutient que :
- le refus de délivrance de l'autorisation provisoire de séjour est insuffisamment motivé ; il méconnaît l'intérêt supérieur des enfants ; il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ; il est entaché d'erreur d'appréciation au regard de l'état de santé de l'enfant, l'OFII ayant notamment considéré que le défaut de pris en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité ;
- l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 décembre 2023, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
A la demande du magistrat instructeur, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a produit l'entier dossier médical de l'enfant de la requérante, lequel a été communiqué aux parties le 8 janvier 2024.
Un mémoire présenté par le préfet de la Haute-Savoie a été enregistré le 15 janvier 2024, postérieurement à la clôture d'instruction.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Holzem a été entendu au cours de l'audience publique :
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante algérienne, est entrée en France le 30 novembre 2022, sous couvert d'un visa de court séjour, accompagnée de son enfant A âgée de deux ans. Elle a sollicité auprès des services préfectoraux la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour en sa qualité d'accompagnant d'enfant malade. Par l'arrêté attaqué le préfet de la Haute-Savoie a refusé de délivrer l'autorisation provisoire de séjour sollicitée et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué présente une motivation spécifique en droit et en fait tant sur le refus d'autorisation provisoire de séjour que sur la décision portant obligation de quitter le territoire français. La contestation du bien-fondé des motifs retenus est sans influence sur la suffisance de la motivation. L'arrêté est, par suite, suffisamment motivé au regard des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9 ".
5. Le collège des médecins de l'OFII, dans son avis du 14 avril 2023, a considéré que l'état de santé de A nécessite une prise une charge, le défaut de celle-ci ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il apparaît dans le dossier médical fourni et dans le certificat médical produit que A est une enfant atteinte d'une paralysie cérébrale dont l'état de santé nécessite un suivi médical tous les deux mois et un suivi socio-pédagogique. Pour autant, s'il n'est pas contesté que ce suivi socio-pédagogique soit important pour l'évolution de cette enfant, son état de santé n'apparaît pas nécessiter de traitement médical ou suivi médical particulier qui, au demeurant, peut-être assuré en Algérie. Dans ces conditions le préfet n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni n'a commis d'erreur d'appréciation en refusant de délivrer l'autorisation provisoire de séjour sollicitée.
6. En troisième lieu, Mme C est entrée en France à une date très récente dans le but de faire diagnostiquer l'état de santé de sa fille. L'état de santé de A ne nécessite pas de suivi médical particulier qui ne puisse être assuré en Algérie où réside son père. Dans ces conditions, le préfet n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme C, garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris.
7. En dernier lieu, si le fils de Mme C a rejoint sa mère très récemment sur le territoire français à l'âge de huit ans et est scolarisé depuis en CE1, il n'apparaît aucunement que cette scolarité ne puisse se poursuivre en Algérie où la cellule familiale pourra se reconstituer avec son père, sa mère et sa petite sœur. L'arrêté ne méconnaît, ainsi, pas l'article 3-1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées ainsi que par voie de conséquence les conclusions d'injonction et celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Mme C est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à Me Dabbaoui et au préfet de la Haute-Savoie.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Holzem, première conseillère,
Mme Naillon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2024.
La rapporteure,
J. Holzem
Le président,
C. Sogno
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2307173
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026