lundi 4 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2307351 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CANS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 16 et 28 novembre 2023, M. A C D C, représenté par Me Cans, demande au juge des référés :
1°) D'annuler la décision implicite du préfet de l'Isère, intervenue le 24 septembre 2023, portant refus de regroupement familial au bénéfice de ses deux enfants ;
2°) B au préfet de l'Isère de lui délivrer une autorisation provisoire à faire résider en France ses deux enfants, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) A défaut, B au préfet de l'Isère, sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter du prononcé du jugement ;
4°) De condamner l'Etat à payer à lui payer la somme de 1 200 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. A C D C soutient que :
- la condition d'urgence est remplie : le refus de regroupement familial qui lui a été opposé préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation et à celle de ses deux enfants dans la mesure où : - la décision du Préfet de l'Isère a pour effet de séparer Aluaye et Miracle de leur père, pour une durée indéterminée, ce qui affecte profondément leur état de santé, - son état de santé est affecté par la décision du préfet de l'Isère ; la décision a pour effet d'empêcher Aluaye et Miracle de venir vivre auprès de leur père et de leurs frères et sœur ; depuis le décès de leur mère, ses enfants n'ont pas de prise en charge pérenne et se trouvent souvent livrés à eux-mêmes ;
- il existe un doute sérieux concernant la légalité de la décision : la décision méconnaît les dispositions de l'article R. 434-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle méconnaît les dispositions des articles L. 434-2, L. 434-3, L. 434-7 et R. 434-26 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est dirigée contre une décision qui n 'existe pas et que la condition d'urgence n'est pas remplie.
Vu la requête enregistrée sous le n° 2307301, le 14 novembre 2023, par laquelle M. A C D C, représenté par Me Cans, demande l'annulation de la décision attaquéeué.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Vial-Pailler, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 4 décembre 2023 à 11H :
- le rapport de M. Vial-Pailler.
- les observations de Me Cans, représentant M. A C D C.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. Aux termes de l'article L. 431-26 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité compétente pour délivrer l'autorisation d'entrer en France dans le cadre du regroupement familial est le préfet et, à Paris, le préfet de police. Cette autorité statue sur la demande de regroupement familial dans un délai de six mois à compter du dépôt par l'étranger du dossier complet de cette demande. L'absence de décision dans ce délai vaut rejet de la demande de regroupement familial ". Aux termes de l'article R. 434-12 du même code : " Au vu du dossier complet de demande de regroupement familial, les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration délivrent sans délai une attestation de dépôt de dossier qui fait courir le délai de six mois dont bénéficie l'autorité administrative pour statuer ". Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision expresse de l'administration à l'expiration d'un délai de six mois qui court à compter de la délivrance de l'attestation de dépôt de dossier, une décision implicite de rejet de la demande de regroupement familial naît du silence gardé par l'autorité compétente.
3. Il résulte de l'instruction qu'à la suite de sa demande de regroupement familial du 24 mars 2023, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a délivré à l'intéressé une attestation de dépôt de dossier, eu égard au caractère complet de son dossier. En application des dispositions précitées de de l'article R. 434-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cette attestation prenant effet au 6 juillet 2023 fait courir le délai de six mois dont bénéficie le préfet de l'Isère pour statuer sur la demande de M. D C, soit jusqu'au 6 janvier 2024. Dans ces conditions, les conclusions de la requête de M. D C à fin de suspension de l'exécution de la décision du 24 septembre 2023, sont irrecevables en tant qu'elles sont dirigées contre une décision dont l'existence n'est à ce jour pas établie.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. D C doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. A C D C est rejetée.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C D C et au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 4 décembre 2023.
Le juge des référés,
C. Vial-Pailler
Le greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026