jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2307496 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 novembre 2023, M. A, représenté par Me Schürmann, doit être regardé comme demandant au juge des référés :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 5 octobre 2023 de classer sans suite sa demande et lui refusant par voie de conséquence la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de renouveler le récépissé de M. A dans un délai de 5 jours à compter de la notification de la décision à venir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'urgence est constituée par le refus implicite de renouveler son récépissé, et par le refus d'instruire sa demande de titre de séjour ; cette décision le place dans la précarité, puisqu'il n'a plus d'autorisation de travail, alors même qu'il justifie être en possession d'un récépissé l'autorisant à travailler jusqu'au 28 octobre 2023, et qu'une demande de titre de séjour était en cours ;
- en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité préfectorale ne peut refuser d'enregistrer une demande de titre de séjour ni de délivrer le récépissé y afférent, sauf si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. En l'espèce, la demande du requérant n'est ni abusive, ni dilatoire ou incomplète de sorte de l'article R. 431-12 a été méconnu ;
- la décision méconnait l'article 7 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été méconnu ;
- il conteste toute demande de pièce complémentaire qui aurait été faite par la préfecture et la décision de classement sans suite fondée sur une erreur de fait
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2023, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le courrier du 25 juillet 2023 a été retourné à la préfecture avec la mention " pli avisé non réclamé ". Il en est de même du courrier du 19 septembre 2023. La demande de titre de séjour a été classée sans suite. Il n'y a aucune urgence et les moyens de la requête de M. A ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 22 novembre 2023 sous le numéro 2307493 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Jasserand, greffier d'audience, M. B a lu son rapport et entendu Me Schürmann, avocat de M. A ; le préfet n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen, est entré en France le 22 juillet 2019 selon ses déclarations, alors qu'il était encore mineur. Il a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance et a bénéficié d'un titre de séjour valable du 3 novembre 2021 au 25 avril 2023. Il a sollicité le 4 avril 2023 le renouvellement de son titre de séjour et a été muni d'un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, valable jusqu'au 25 octobre 2023. Arrivé à échéance, le récépissé n'a pas été renouvelé en raison du classement sans suite de sa demande. Pour justifier le classement sans suite de la demande de M. A, le préfet fait valoir que ce dernier a été convoqué à se présenter en préfecture le 4 août 2023 et le 27 septembre 2023 pour les formalités administratives sans qu'il n'honore ces convocations.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " A ceux de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () " Enfin le premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code prévoit que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. "
5. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
6. Le refus de renouvellement de récépissé, arrivé à échéance le 25 octobre 2023, prive M. A, qui est titulaire d'un contrat de travail, de toute rémunération. Par suite, ce dernier justifie d'une situation d'urgence. La circonstance que M. A n'a pas retiré les plis adressés en recommandé n'est pas de nature, dans les circonstances particulières de l'espèce, à faire obstacle à la reconnaissance de cette urgence.
7. Toutefois, en l'état de l'instruction, aucun des moyens n'est de nature à faire naitre un doute sérieux sur la légalité de la décision de classement sans suite ni sur le refus de renouvellement de récépissé qui en découle. Par suite, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont rejetées. Il y a lieu également de rejeter, par voie de conséquence, les conclusions de Me Schürmann tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
O R D O N N E :
Article 1er :M. A est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2 :Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 :Les conclusions de Me Schürmann tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sont rejetées.
Article 4 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A, à Me Schürmann et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 30 novembre 2023.
Le juge des référés,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026