mardi 19 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2307614 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PUNZANO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 27 novembre 2023 et le 19 décembre 2023 à 11 h 31, Mme B C, représentée par Me Punzano, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 2 novembre 2023 par laquelle la commission de médiation de la Savoie a rejeté son recours en vue d'une offre de logement, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre à la commission de médiation de la Savoie de procéder à son relogement dans un délai de deux semaines à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- le juge administratif a suspendu une précédente décision de la commission du 20 juillet 2023 et sa situation ne s'est pas modifiée ;
- la condition d'urgence est remplie car elle vit avec son concubin et leurs trois enfants dans un logement suroccupé ;
- le logement étant sur-occupé, la commission aurait dû reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement ;
- elle a été expulsée de son logement en 2021 par son bailleur social mais a trouvé par ses propres moyens son logement actuel dans le parc privé ;
- elle est tout à fait à même de gérer un logement autonome et n'a pas eu de difficulté pour régler le montant de son loyer ; elle bénéficie d'une mesure administrative d'accompagnement en économie sociale et familiale.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 décembre 2023, le préfet de la Savoie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie, Mme C n'étant pas dépourvue de logement ;
- aucun des moyens de la requête n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 27 novembre 2023 sous le numéro 2307612 par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Buguellou, greffier d'audience, M. A a lu son rapport et entendu les observations de Me Punzano, avocat de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a saisi le 22 juin 2023 la commission de médiation du département de la Savoie d'un recours tendant à ce que sa demande de logement soit reconnue prioritaire et urgente. Par une décision du 20 juillet 2023, la commission de médiation a rejeté son recours en considérant que la requérante n'avait pas mis en œuvre les mesures nécessaires pour se maintenir dans son logement social conformément à l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation. Par ordonnance du 19 octobre 2023, le juge des référés du tribunal administratif a suspendu l'exécution de cette décision et enjoint à la commission de médiation de réexaminer la demande de Mme C dans le délai d'un mois. Le 2 novembre 2023, la commission de médiation a repris une décision de rejet. Mme C en demande la suspension.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
4. Aux termes de l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation : "La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Île-de-France dans la région./Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivante : - être dépourvues de logement./La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus. ".
5. En l'état de l'instruction et compte tenu des explications du préfet de l'Isère sur les circonstances dans lesquelles Mme C a été expulsée de son logement social de Challes-les-Eaux en 2021, aucun des moyens de Mme C n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 2 novembre 2023. Les conclusions à fin de suspension de Mme C ne peuvent par suite qu'être rejetées sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence est remplie ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de Mme C est rejetée
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C, à Me Punzano et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de la Savoie.
Fait à Grenoble, le 19 décembre 2023.
Le juge des référés,
J.P. A
Le greffier en chef,
Ph Buguellou
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026