jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2307661 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL BARDET LHOMME |
Vu la procédure suivante :
I°) Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2023 sous le n° 2307661, le groupement agricole d'exploitation en commune (GAEC) des quatre Vallées et la société anonyme à responsabilité limitée (SARL) Distillerie les 4 Vallées, représentées par Me Bardet, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 29 septembre 2023 du maire de la commune de Chamaloc interdisant sur la voie communale n°1 chemin des Garandons la circulation des véhicules dont le poids total roulant autorisé est supérieur à 19 tonnes et l'obligation de demander des dérogations pour pouvoir circuler.
2°) de mettre à la charge de la commune de Chamaloc une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il y a urgence car la décision bloque l'accès aux sites d'exploitation aux clients et fournisseurs et la SARL Distillerie les 4 Vallées ne rentre pas dans les entreprises pouvant faire une demande de dérogation
- l'arrêté du 29 septembre 2023 porte une atteinte excessive à la liberté du commerce et d'industrie et à la liberté d'aller et venir ;
- l'arrêté du 29 septembre 2023 a été pris sur détournement de pouvoir ;
II°) Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2023 sous le n° 2307662, le groupement agricole d'exploitation en commune (GAEC) des quatre Vallées et la société anonyme à responsabilité limitée (SARL) Distillerie les 4 Vallées, représentées par Me Bardet, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 13 juillet 2023 du maire de la commune de Chamaloc interdisant sur la voie communale n°1 chemin des Garandons la circulation des autocars et véhicules dont le poids total roulant autorisé est supérieur à 19 tonnes ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 29 septembre 2023 du maire de la commune de Chamaloc interdisant sur la voie communale n°1 chemin des Garandons la circulation des véhicules dont le poids total roulant autorisé est supérieur à 19 tonnes et l'obligation de demander des dérogations pour pouvoir circuler ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Chamaloc une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il y a urgence car la décision bloque l'accès aux sites d'exploitation aux clients et fournisseurs ;
- il est demandé au juge du référé d'étendre l'ordonnance de suspension à tout véhicule de plus de 19 tonnes ayant la nécessité d'accéder au site d'exploitation, y compris les véhicules appartenant à des fournisseurs ou prestataires ;
- il est demandé au juge du référé d'étendre l'ordonnance de suspension à l'arrêté du 29 septembre 2023 dans son ensemble.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2307661 et n° 2307662, présentées par les mêmes requérants, sont relatives à un même litige et posent à juger des questions similaires. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par une même ordonnance.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose que le juge des référés peut rejeter par une ordonnance motivée, sans procédure contradictoire écrite ou orale, une requête manifestement mal fondée ou ne présentant pas un caractère d'urgence.
3. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cette disposition soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise à très bref délai.
4. Par arrêté du 13 juillet 2023, le maire de la commune de Chamaloc a interdit sur la voie communale n°1 chemin des Garandons la circulation des autocars et des véhicules dont le poids total roulant autorisé est supérieur à 19 tonnes. Par ordonnance n° 2305994, n°2305995 du 26 septembre 2023, le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative par le GAEC des quatre Vallées et la SARL Distillerie les 4 Vallées, a suspendu l'exécution de l'arrêté du 13 juillet 2023 en tant qu'il interdit sur le chemin communal n°1 dit chemin des Garandons la circulation aux véhicules de la SARL Distillerie des 4 Vallées et du GAEC des Quatre Vallées dont le poids total roulant autorisé est supérieur à 19 tonnes. Par l'arrêté contesté du 29 septembre 2023, le maire de la commune de Chamaloc a interdit, par l'article 1er de l'arrêté, la circulation des autocars et des véhicules dont le poids total roulant autorisé est supérieur à 19 tonnes sur la voie communale n°1 chemin des Garandons. L'article 2 de ce même arrêté a toutefois prévu une dérogation à l'interdiction applicable notamment aux véhicules utilisés à des fins d'exploitation agricole à titre professionnel appartenant aux exploitants de la commune.
5. Pour justifier de l'urgence de nature à permettre l'intervention d'une mesure à très bref délai, les requérants font valoir que la décision bloque l'accès aux sites d'exploitation aux clients et fournisseurs et soutient que la SARL Distillerie les 4 Vallées ne rentre pas dans les entreprises pouvant faire une demande de dérogation.
6. Toutefois, d'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que les clients et fournisseurs des requérants auraient l'usage de véhicules dont le poids total roulant autorisé est supérieur à 19 tonnes. S'agissant des autocars de tourisme, ceux-ci peuvent se garer dans le village, à quelques centaines de mètres de la distillerie. D'autre part, les requérants ne soutiennent ni même n'allègue avoir fait l'objet d'un refus de dérogation pour les engins leur appartenant dont le poids total roulant autorisé est supérieur à 19 tonnes. Il ressort au contraire du courrier du maire de la commune de Chamaloc produit par les sociétés requérantes que ce dernier les invite à déposer une demande de dérogation. Par suite, et alors que les effets de l'ordonnance n° 2305994, n°2305995 du 26 septembre 2023 perdurent tant que l'arrêté du 13 juillet 2023 n'est pas abrogé, le GAEC des quatre Vallées et de la SARL Distillerie les 4 Vallées ne font pas état d'une situation d'urgence telle qu'elle implique qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise à très bref délai. Par suite, il y a lieu de rejeter ces conclusions sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
7. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. " L'article L. 522-3 du même code dispose que le juge des référés peut rejeter par une ordonnance motivée, sans procédure contradictoire écrite ou orale, une requête manifestement mal fondée ou ne présentant pas un caractère d'urgence.
8. En premier lieu, l'ordonnance n° 2305994, n°2305995 du 26 septembre 2023, dont la modification est demandée, a ordonné la suspension de l'exécution de l'arrêté du 13 juillet 2023 et non la suspension de l'arrêté du 29 septembre 2023. Par suite, les conclusions tendant à ce que le juge des référés ordonne, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 29 septembre 2023 du maire de la commune de Chamaloc sont irrecevables.
9. En second lieu, si les requérants demandent, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 13 juillet 2023 en tant qu'il interdit à tout véhicule de plus de 19 tonnes d'accéder au site d'exploitation, en ce compris les véhicules appartenant à des tiers tels que fournisseurs ou prestataires, il ne ressort pas des pièces du dossier que les clients et fournisseurs des requérants auraient l'usage de véhicules dont le poids total roulant autorisé est supérieur à 19 tonnes. S'agissant des autocars de tourisme, ceux-ci peuvent se garer dans le village, à quelques centaines de mètres de la distillerie. D'autre part, les requérants ne soutiennent ni même n'allègue que leurs clients ou fournisseurs auraient fait l'objet d'un refus de dérogation pour les engins leur appartenant dont le poids total roulant autorisé serait supérieur à 19 tonnes. Dès lors, ils ne peuvent être regardées comme apportant un " élément nouveau " justifiant la modification des mesures de l'ordonnance n° 2305994, n°2905995 du 26 septembre 2023. Par suite, il y a lieu de rejeter ces conclusions sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. La présente ordonnance rejetant les requêtes du GAEC des quatre Vallées et de la SARL Distillerie les 4 Vallées, les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er :Les requêtes du GAEC des quatre Vallées et de la SARL Distillerie les 4 Vallées sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au GAEC des quatre Vallées et à la SARL Distillerie les 4 Vallées.
Copie en sera adressée pour information à la commune de Chamaloc.
Fait à Grenoble, le 30 novembre 2023.
Le président de la 2ème chambre,
juge des référés,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 - 230766
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026