mardi 16 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2307698 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique 7 |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées le 29 novembre 2023 et le 18 décembre 2023, M. B C, représenté par Me Huard, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 septembre 2023 par lequel le préfet de la Savoie l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a édicté à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Savoie de supprimer son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Savoie de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de réexaminer sa situation et dans l'attente de délivrer dans un délai de huit jours une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ;
5°) de mettre à la charge de l'État au profit de son conseil une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. C soutient que :
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est insuffisamment motivée ;
- a méconnu son droit à être entendu;
- méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision supprimant de délai de départ volontaire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est :
- illégale par voie de conséquence ;
- insuffisamment motivée ;
- entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a régulièrement été communiquée au préfet de la Savoie qui a produit des pièces le 7 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- vu la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience :
- le rapport de M. A ;
- les observations de Me Huard, représentant M. C.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant tunisien né le 7 février 1987 à Monastir, a fait l'objet d'un contrôle routier aléatoire au péage de Sainte-Hélène- sur-Isère le 27 novembre 2023. Il a été placé en retenue administrative aux fins de vérification de son droit au séjour. A l'issue de cette retenue, M. C s'est vu notifier l'arrêté litigieux le 27 novembre 2023 à 16 heures 30.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard à l'urgence qu'il y a à statuer sur la situation de M. C, il y a lieu de prononcer son admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
3. La décision attaquée comporte la mention des considérations de droit et de fait qui en constitue le fondement. Elle est par suite suffisamment motivée.
4. Le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour constitue un principe général du droit de l'Union européenne tel qu'il est notamment exprimé à l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Il implique que le ressortissant étranger ait la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une mesure d'éloignement.
5. M. C soutient que l'arrêté attaqué méconnait son droit d'être entendu dès lors qu'il a été pris sans que le préfet ne l'invite préalablement à présenter des observations, notamment s'agissant de ses attaches avec la France et de sa durée de présence sur le territoire. Il ressort toutefois du procès-verbal d'audition du 27 novembre 2023 que M. C a été interrogé sur la perspective d'un retour en Tunisie et qu'il a été invité à préciser d'autres éléments sur sa situation personnelle à destination de l'autorité préfectorale. En conséquence, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu doit être écarté comme manquant en fait.
6. Si M. C soutient avoir plusieurs cousins vivant sur le territoire, il ne produit aucun élément matériel prouvant ce lien et leur séjour régulier sur le territoire. Il soutient également être présent en France depuis quinze ans, sans en apporter la preuve. Il ne conteste pas être célibataire sans enfant à charge alors qu'il n'est pas dépourvu d'attaches en Tunisie où résident ses parents. Dès lors, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en prononçant une obligation de quitter le territoire à son encontre.
Sur la décision refusant le bénéfice d'un délai de départ volontaire :
7. M. C, qui n'a jamais demandé la régularisation de sa situation, ne produit aucun document permettant de justifier qu'il dispose de garanties de représentation suffisantes, dès lors le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation en lui refusant le bénéfice d'un délai de départ volontaire.
Sur la décision fixant le pays de destination :
8. La décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas illégale, la décision fixant le pays de destination ne peut être annulée par voie de conséquence.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
9. La décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas illégale, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an n'est pas illégale par voie de conséquence.
10. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes mêmes de la décision litigieuse, que le préfet de la Savoie s'est fondé sur l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour édicter l'interdiction de retour sur le territoire français de M. C pour une durée d'un an et il indique que l'examen d'ensemble de leur situation a été effectué relativement au prononcé et à la durée de l'interdiction de retour. Il précise que compte tenu des circonstances propres au cas d'espèce et même si sa présence sur le territoire ne représente pas une menace à l'ordre public une interdiction de retour d'un an peut être prononcée à son encontre. Le préfet a donc examiné sa durée de présence en France, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision est insuffisamment motivée.
11. M. C ne fait état d'aucun élément de nature à justifier que l'interdiction de retour limitée à un an porterait une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ou serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Huard et au préfet de la Savoie.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2024.
Le président
J.P. ALe greffier en chef,
Ph Buguellou
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026