LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2307798

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2307798

vendredi 22 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2307798
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantSELARL BLT DROIT PUBLIC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 4 et 18 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Gras, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative :

- 1°) de suspendre l'exécution de la décision du 12 octobre 2013 par laquelle le directeur du Centre Hospitalier Lucien Hussel a prononcé sa révocation ;

- 2°) d'enjoindre au Centre Hospitalier Lucien Hussel de le réintégrer provisoirement dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à venir ;

- 3°) de condamner le Centre Hospitalier de Vienne " Lucien Hussel " au versement de la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A B soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la condition d'urgence est remplie : en raison de la décision de révocation, les charges du foyers, à ce jour, excèdent, les revenus de ce dernier ; les charges mensuelles du foyer s'élèvent à 2 275,88 euros pour un revenu de 1 092,88 euros ; à compter du 5 juin, il doit également s'acquitter d'un prêt immobilier d'un montant mensuel de 880 euros puis de 1 092 euros ; l'aide au retour à l'emploi sera versée uniquement à compter du 1er février 2024, pour 1469,10 euros ; ce montant est ainsi bien inférieur à ses précédents revenus ; l'intérêt général invoqué par le Centre hospitalier ne pourrait être opposé qu'à la demande de réintegration ;

- il existe un doute sérieux concernant la légalité de la décision : l'enquête administrative est entachée d'un vice de procédure ; au cours de son audition devant le conseil de discipline, il n'a pas été questionné sur l'ensemble des griefs qui lui sont finalement reprochés ; un enregistrement a été pris à son insu ; il n'a pas eu accès à ces enregistrements et il n'a pas été interrogé sur ce point ; aucune précision n'a été demandée au sujet des dates ou des circonstances des faits reprochés ; la décision est entachée d'erreur de fait ; la matérialité des faits n'est pas établie ; la décision est entachée d'erreur d'appréciation.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 14 et 15 décembre 2023, le centre hospitalier Lucien Hussel de Vienne, représenté par Me Bonnet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable ;

- la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas respectée en l'espèce ; la décision de révocation du requérant répondait à des exigences d'intérêt général et visait à protéger la sécurité des agents du centre hospitalier ;

- aucun des moyens de la requête n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu les requêtes enregistrées sous les n° 2303680 et n° 2308085, respectivement, pour la première, les 11 juin et 29 novembre 2023, et le 14 décembre 2023 pour la seconde, par laquelle M. A B, représenté par Me Gras, demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. Vial-Pailler, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 décembre 2023 à 14H00 :

- le rapport de M. Vial-Pailler.

- les observations de Me Gras, représentant M. A B.

- les observations de Me Lucquet, représentant le Centre Hospitalier Lucien Hussel.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur la fin de non-recevoir :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

Il résulte des termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative qu'un recours aux fins de suspension d'un acte administratif n'est recevable que si cet acte a préalablement fait l'objet d'une requête en annulation.

2. Le centre hospitalier Lucien Hussel de Vienne fait valoir que la requête en référé-suspension enregistrée au greffe du Tribunal le 4 décembre 2023 n'étant pas accompagnée de la requête au fond aux fins d'annulation de la décision du 12 octobre 2023, qui n'a été enregistrée au greffe du Tribunal que le 14 décembre 2023 sous le n° 2308085, elle est irrecevable. Toutefois, et alors même, ainsi que le fait valoir le défendeur, la décision du 12 octobre 2023, intervenue à la suite de la suspension de la précédente décision prononcée par le juge des référés le 30 juin 2023, n'a pas retiré la décision du 12 avril 2023 et que le recours contre la décision du 12 avril 2023 ne peut être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision du 12 octobre 2023 en application de l'arrêt CE, 15 octobre 2018, n° 414375, il ressort des pièces du dossier que le requérant a contesté la légalité de la décision du 12 octobre 2023 dans le cadre d'un mémoire en date du 29 novembre 2023, enregistré dans l'instance au fond n° 2303680, soit antérieurement à la saisine du juge des référés. Cette requête au fond n° 2303680 pouvait comporter des conclusions additionnelles à l'encontre de la décision du 12 octobre 2023. Dès lors, la fin de non-recevoir doit être écartée.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Par ailleurs, en l'absence de disposition législative contraire, l'autorité investie du pouvoir disciplinaire, à laquelle il incombe d'établir les faits sur le fondement desquels elle inflige une sanction à un agent public, peut apporter la preuve de ces faits devant le juge administratif par tout moyen. Toutefois, tout employeur public est tenu, vis-à-vis de ses agents, à une obligation de loyauté. Il ne saurait, par suite, fonder une sanction disciplinaire à l'encontre de l'un de ses agents sur des pièces ou documents qu'il a obtenus en méconnaissance de cette obligation, sauf si un intérêt public majeur le justifie. Il appartient au juge administratif, saisi d'une sanction disciplinaire prononcée à l'encontre d'un agent public, d'en apprécier la légalité au regard des seuls pièces ou documents que l'autorité investie du pouvoir disciplinaire pouvait ainsi retenir.

5. Ainsi que le fait valoir le requérant, et ainsi qu'il ressort d'un courier d'alerte de onze agents du service en date du 15 novembre 2022, des enregistrements à l'insu du requérant semblent avoir été determinants dans l'engagement de la procédure disciplinaire. Le requérant soutient, par ailleurs, sans être utilement contredit, que ces enregistrements n'ont jamais été portés à sa connaissance. Dès lors, le moyen selon lequel certains des éléments de preuve retenus par son employeur auraient été obtenus par ce dernier en recourant à des stratagèmes ou procédés déloyaux, est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté litigieux

6. S'agissant de la condition d'urgence, il résulte de l'instruction que la décision contestée a pour effet de priver M. B, qui indique être demandeur d'emploi non indemnisé jusqu'au 1er février 2024, de son emploi d'agent titulaire de la fonction publique et de son traitement. Par ailleurs, si sa compagne perçoit un salaire mensuel de 1 092 euros, les charges du foyers, à ce jour, excèdent, les revenus du couple alors qu'en outre, depuis le 5 juin 2023, le foyer doit également s'acquitter d'un prêt immobilier d'un montant mensuel de 880 euros puis de 1092 euros. La décision contestée porte ainsi à la situation de M. B une atteinte grave et immédiate. Toutefois, le défendeur fait valoir l'atteinte au bon fonctionnement du service qui pourrait résulter de la suspension de la décision de révocation du 12 octobre 2023. Il ressort des témoignages produits d'une dizaine d'agents ayant travaillé avec le requérant ou l'ayant cotoyé au sein du service de sécurité incendie de l'établissement, qui sont suffisamment circonstanciés sur ce point, que M. B a dénigré à plusieurs reprises ses collègues, a fait courir des rumeurs sur ses collègues et a fait usage de propos sexistes ou racistes à l'encontre de ses collègues et une partie de la Direction. Ainsi, la réintégration de M. B, alors même qu'il a toujours fait l'objet de bonnes appréciations, pourrait entraîner une perturbation dans le fonctionnement du service. Dans ces conditions, la condition d'urgence fixée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

7. Il résulte de tout ce qui précède, que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le Centre Hospitalier Lucien Hussel au titre de ces dernières dispositions.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le Centre Hospitalier Lucien Hussel au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B et au Centre Hospitalier Lucien Hussel.

Fait à Grenoble, le 22 décembre 2023.

Le juge des référés,

C. Vial-Pailler

Le greffier,

G. Morand

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions