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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2308148

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2308148

mardi 16 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2308148
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge unique 8
Avocat requérantBORGES DE DEUS CORREIA

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I°) Par une requête n°2308148 enregistrée le 15 décembre 2023, Mme A D, représentée par Me Borges de Deus Correia, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 6 novembre 2023 par lequel le préfet de la Drôme lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Drôme de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation sans délai à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État au profit de son conseil une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Mme D soutient que :

Les décisions attaquées :

- ont été prises par une autorité incompétente ;

- ont été prises en méconnaissance de son droit à être entendu ;

- n'ont pas été précédées d'un examen particulier de sa situation ;

La décision de refus de titre de séjour :

- est illégale en conséquence de l'irrégularité de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui ne lui a pas été communiqué ;

- le préfet s'est senti en situation de compétence liée du fait du rejet de sa demande d'asile et de la décision du collège de médecins de l'OFII ;

- l'avis du collège des médecins ne leur a pas été communiqué ;

- il est illégal, la procédure d'élaboration n'ayant pas été respectée ;

- les soins dont C a besoin ne sont pas disponibles en Géorgie ;

- la décision méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

La décision portant obligation de quitter le territoire :

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;

- le préfet s'est senti en situation de compétence liée du fait du rejet de sa demande d'asile et de la décision du collège de médecins de l'OFII ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

La décision lui accordant un délai de trente jours :

- n'est pas adaptée à sa situation familiale eu égard à sa situation de grossesse ;

La décision fixant le pays de destination :

- méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 janvier 2024, le préfet de la Drôme conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.

II°) Par une requête n° 2308149 enregistrée le 15 décembre 2023, M. G F, représenté par Me Borges de Deus Correia, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 6 novembre 2023 par lequel le préfet de la Drôme lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Drôme de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation sans délai à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État au profit de son conseil une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. F soutient que :

Les décisions attaquées :

- ont été prises par une autorité incompétente ;

- ont été prises en méconnaissance de son droit à être entendu ;

- n'ont pas été précédées d'un examen particulier de sa situation ;

La décision de refus de titre de séjour :

- est illégale en conséquence de l'irrégularité de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui ne lui a pas été communiqué ;

- le préfet s'est senti en situation de compétence liée du fait du rejet de sa demande d'asile et de la décision du collège de médecins de l'OFII ;

- l'avis du collège des médecins ne leur a pas été communiqué ;

- il est illégal, la procédure d'élaboration n'ayant pas été respectée ;

- les soins dont C a besoin ne sont pas disponibles en Géorgie ;

- la décision méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

La décision portant obligation de quitter le territoire :

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;

- le préfet s'est senti en situation de compétence liée du fait du rejet de sa demande d'asile et de la décision du collège de médecins de l'OFII ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

La décision lui accordant un délai de trente jours :

- n'est pas adapté à sa situation familiale eu égard à sa situation de grossesse

La décision fixant le pays de destination :

- méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 janvier 2024, le préfet de la Drôme conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. F ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990,

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- et les observations de Me Borges de Deus Correia, avocat de M. F et Mme D.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes susvisées sont relatives à un couple d'étrangers et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. M. F et Mme D, de nationalité géorgienne, sont entrés en France le 18 mars 2023 pour y demander l'asile, accompagnés de leurs trois enfants mineurs. Le 23 mai 2023, ils ont également déposé une demande d'autorisation provisoire de séjour sur le fondement de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par décisions du 4 août 2023, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté leurs demandes d'asile. Par arrêtés du 6 novembre 2023 dont ils demandent l'annulation, le préfet de la Drôme leur a refusé la délivrance d'un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard à l'urgence qu'il y a à statuer sur la situation de M. F et Mme D, il y a lieu de prononcer leur admission à l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions en annulation :

En ce qui concerne les moyens communs ;

4. En premier lieu, par un arrêté du 21 août 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs, le préfet de la Drôme a donné à M. Cyril Moreau, secrétaire général de la préfecture, délégation pour signer tous actes à l'exception de décisions limitativement énumérées parmi lesquelles ne figurent pas celles relatives au séjour et à l'éloignement des étrangers. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés attaqués doit, dès lors, être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".

6. Dès lors que les décisions attaquées portant refus de séjour sont intervenues en réponse à la demande de titre de séjour présentée par M. F et Mme D, ces derniers ne peuvent utilement invoquer la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration à l'appui de leurs conclusions dirigées contre ces décisions.

7. En troisième lieu, les requérants ont eu la possibilité de présenter tous les éléments qu'ils estimaient utiles lors du dépôt de leur demande d'asile et en cours d'instruction de leur demande. En tout état de cause, M. F et Mme D ne justifient pas d'éléments qu'ils auraient vainement tenté de porter à la connaissance du préfet et qui aurait eu une incidence sur le sens des décisions contestées. En conséquence, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu doit être écarté.

8. En quatrième et dernier lieu, il ne résulte ni des termes des décisions attaquées ni d'aucune pièce des dossiers que le préfet se serait cru en situation de compétence liée pour refuser les titres de séjour sollicités ou pour fixer le pays de destination ou qu'il n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation des requérants avant de prendre les décisions attaquées.

En ce qui concerne les refus de titre :

9. Aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9 () se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. / Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9 ". L'article L. 425-9 du même code prévoit que " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an () ".

10. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, sa capacité à bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

11. Il ressort des pièces du dossier et notamment de l'avis du collège de médecins de l'OFII du 16 octobre 2023, produit par le préfet que le rapport médical sur l'état de santé de la jeune C F, a été établi par le docteur E le 27 août 2023 puis transmis au collège de médecins le 16 octobre suivant et que ce médecin rapporteur n'a pas siégé au sein du collège composé des docteurs Fresneau, Ruggieri et Delprat-Chatton qui ont signé cet avis. Enfin, cet avis n'avait pas à être communiqué aux requérants avant l'édiction des arrêtés attaqués. Dans ces conditions, les moyens tirés, d'une part, du vice de procédure pris en ses différentes branches et, d'autre part, de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peuvent être accueillis.

12. Par ailleurs, par l'avis du 16 octobre 2023 précité, le collège de médecins de l'OFII, a estimé que l'état de santé C F nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays dont elle est originaire, elle peut effectivement y bénéficier d'un traitement approprié et voyager sans risque vers celui-ci.

13. Pour remettre en cause l'avis précité du collège de médecins de l'OFII et l'appréciation faite sur ce point par le préfet, selon laquelle elle peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans ce pays, les requérants, qui indiquent que leur fille souffre d'une encéphalopathie profonde avec crises d'épilepsie fréquentes, produisent deux certificats médicaux rédigés par les docteurs Arnold le 26 avril 2023 et Raoulx le 29 novembre 2023. Si ces deux certificats établissent qu'Anastasia nécessite un suivi pluri-disciplinaire (kinésithérapie, psychomotricité, orthophonie, suivi ORL et dentaire), ils ne se prononcent pas sur l'indisponibilité éventuelle de ces soins dans le pays d'origine dans son pays d'origine et les requêtes sont peu circonstanciées sur ce point et ne suffisent pas à remettre en cause l'avis du collège des médecins de l'OFII. Par suite, les décisions par lesquelles le préfet a refusé la délivrance d'un titre de séjour à M. F et Mme D n'ont pas méconnu les dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

14. Il ressort des pièces du dossier que l'entrée en France de M. F et Mme D est très récente et qu'ils n'ont aucune attache dans ce pays alors que leur vie privée et familiale pourra se poursuivre en Géorgie. Dans ces conditions, les décisions refusant d'accorder un titre de séjour à M. F et Mme D n'ont pas porté à leur droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'elles poursuivent. Elles n'ont ainsi méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes raisons, le préfet de la Drôme n'a pas commis d'erreur manifeste sur l'appréciation des conséquences de ses décisions sur la situation personnelle de M. F et Mme D et n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français et les décisions fixant le pays de renvoi :

15. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité des décisions de refus de titre de séjour à l'appui de la contestation des obligations de quitter le territoire français doit être écarté.

16. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation, qui reprennent les mêmes arguments que ceux développés à l'encontre des décisions de refus de séjour, ne peuvent qu'être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés ci-dessus.

17. Aux termes de de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

18. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'Anastasia ne pourrait effectivement accéder à un traitement approprié à son état de santé en cas de retour dans son pays d'origine. Par ailleurs, les requérants, dont la demande d'asile avait été rejetée, ne font valoir aucun élément susceptible d'établir le bien-fondé des craintes pour leur sécurité en cas de retour dans leur pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne le délai de départ :

19. Si M. F et Mme D font valoir qu'un délai de départ supérieur à trente jours aurait dû leur être accordé, Mme D étant enceinte à la date des décisions attaquées et ayant d'ailleurs accouché le 3 décembre 2023, ils n'établissement pas avoir porté cette information à la connaissance du préfet et sollicité un délai de départ prolongé.

20. IL résulte de ce qui précède que les requêtes de M. F et Mme D doivent être rejetées dans toutes leurs conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : M. F et Mme D sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Les requêtes de M. F et Mme D sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G F et Mme A D, à Me Borges de Deus Correia et au préfet de la Drôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2024.

Le président

J.P. B

La greffière

C. JASSERAND

La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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