Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2308182

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2308182
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCABINET CEDRIC DROUIN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté la requête de la commune de Sarcenas, qui demandait le constat et le paiement de créances (taxes de remontées mécaniques et redevances d'occupation du domaine public) dues par la SAS Les Portes de Chamechaude pour 2021 et 2022. La solution retenue est fondée sur l'irrecevabilité : d'une part, les conclusions tendant à un simple constat de créance ne relèvent pas de l'office du juge administratif ; d'autre part, la commune ayant déjà émis des titres exécutoires pour recouvrer ces sommes, sa demande en justice était dépourvue d'objet. L'ordonnance a été prise en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 décembre 2023 et un mémoire enregistré le 1er août 2024, la commune de Sarcenas, représentée par Me Mollion, demande au tribunal :

1°) de constater la créance qu'elle détient sur la société par actions simplifiée (SAS) Les Portes de Chamechaude en l'absence de paiement, par cette dernière, de taxes de remontées mécaniques et de redevances d'occupation du domaine public au titre des années 2021 et 2022 ;

2°) de condamner la SAS Les Portes de Chamechaude au paiement de la somme totale correspondante de 10 778.13 euros ;

3°) de mettre à la charge de la SAS Les Portes de Chamechaude la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2024, la SAS Les Portes de Chamechaude conclut au rejet de la requête et demande une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu l'arrêté du 18 juillet 2024 par lequel le président de la juridiction a donné compétence à Mme Permingeat, premier conseiller, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ".

2. En premier lieu, les déclarations de droit n'entrent pas dans l'office du juge administratif. Il en résulte que les conclusions de la commune de Sarcenas tendant à ce que le tribunal constate les créances qu'elle détient sur la société Les Portes de Chamechaude sont irrecevables et doivent être rejetées comme telles.

3. En second lieu, les collectivités publiques peuvent, en matière contractuelle, soit constater elles-mêmes les créances qu'elles détiennent sur leurs cocontractants et émettre des titres exécutoires, soit saisir le juge administratif d'une demande tendant au recouvrement de ces créances. Toutefois, elles ne peuvent pas saisir d'une telle demande le juge lorsqu'elles ont décidé, préalablement à cette saisine, d'émettre des titres exécutoires en vue de recouvrer les sommes en litige. Dans un tel cas, dans la mesure où la décision demandée au juge aurait les mêmes effets que le titre émis antérieurement, la demande présentée est dépourvue d'objet et par suite irrecevable.

4. La commune de Sarcenas indique avoir émis des titres de perception en vue du recouvrement des sommes en litige antérieurement à la saisine du tribunal de céans. Par suite et par application de la règle énoncée au point précédent, ses conclusions tendant à la condamnation de la société Les Portes de Chamechaude au paiement desdites sommes doivent être rejetées comme irrecevables.

5. Eu égard à la qualité de partie perdante de la commune de Sarcenas dans la présente instance, les conclusions qu'elle présente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. Il en va de même, dans les circonstances de l'espèce, des conclusions présentées par la SAS Les Portes de Chamechaude sur le même fondement.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la commune de Sarcenas est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la SAS Les Portes de Chamechaude au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Sarcenas et à la SAS Les Portes de Chamechaude.

Fait à Grenoble, le 18 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

F. Permingeat

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°230818