jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2308393 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | NDAYISABA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 décembre 2023, M. A C, représenté par Me Ndayisaba, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 décembre 2023 par lequel le préfet de la Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Savoie de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 euros.
Au regard tant de ses conclusions que de ses écritures les moyens rédigés par M. C sous le titre " Sur la décision de refus de titre de séjour " doivent être regardés comme dirigés contre la décision l'obligeant à quitter le territoire français .
Sur les moyens communs :
- l'auteur de l'acte est incompétent ;
- la décision est insuffisamment motivée.
Sur les autres moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, M. C soutient que :
- la décision est illégale en l'absence de saisine du maire de sa commune de résidence, aux fins d'apprécier la condition d'intégration républicaine du requéransur le fondement de l'article L. 314-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
- le préfet n'avait pas de compétence liée ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la décision fixant le pays de renvoi, M. C soutient que :
- la décision méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, M. C soutient que :
- l'auteur de l'acte est incompétent ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision méconnaît la " directive retour " ;
- la décision est entachée d'erreur de fait , d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire, M. C soutient que :
- l'auteur de l'acte est incompétent ;
- est insuffisamment motivée et est disproportionnée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique ont été entendus :
- le rapport de M. B,
- les observations de M. C accompagné d'un interprète.
Considérant ce qui suit :
1. M.X se disant C, de nationalité rwandaise a demandé l'asile politique le 27 novembre 2018. Sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides rendue le 21 avril 2020 et confirmée le 19 mars 2021 par la Cour nationale du droit d'asile. Par une décision du 25 octobre 2021, la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) a rejeté sa demande de réexamen pour irrecevabilité. Par un arrêté du 13 décembre 2023, le préfet de la Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an et a fixé le pays de destination.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les moyens communs :
3. Par un arrêté du régulièrement publié au recueil des actes administratifs du 4 juillet 2023, le préfet de la Savoie a donné à M. D directeur de cabinet, délégation pour signer tous actes à l'exception de décisions limitativement énumérées parmi lesquelles ne figurent pas celles relatives au séjour et à l'éloignement des étrangers. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit, dès lors, être écarté.
4. L'arrêté attaqué mentionne les éléments de fait propres à la situation du requérant et les considérations de droit sur lesquels il se fonde. Il est ainsi suffisamment motivé au regard de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et sa lecture démontre que la situation de l'intéressé a fait l'objet d'un examen complet et préalable. Le moyen sera écarté.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
5. Aux termes de son article L. 314-2 : " Lorsque des dispositions législatives du présent code le prévoient, la délivrance d'une première carte de résident est subordonnée à l'intégration républicaine de l'étranger dans la société française, appréciée en particulier au regard de son engagement personnel à respecter les principes qui régissent la République française, du respect effectif de ces principes et de sa connaissance suffisante de la langue française dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Pour l'appréciation de la condition d'intégration, l'autorité administrative tient compte, lorsqu'il a été souscrit, du respect, par l'étranger, de l'engagement défini à l'article L. 311-9 et saisit pour avis le maire de la commune dans laquelle il réside. Cet avis est réputé favorable à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la saisine du maire par l'autorité administrative. (). ".
6. En l'espèce une décision portant obligation de quitter le territoire français ne constituant pas la délivrance d'une première carte de résident le moyen tiré de la méconnaissance de cette disposition est inopérant.
7. Il ne ressort pas de la lecture de la décision attaquée que le préfet s'est estimé en situation de compétence liée pour obliger M. C à quitter le territoire français.
8. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
9. L'entrée en France de M. C est récente. Il est célibataire et sans enfant à charge. Il fait valoir qu'il a une tante à Dijon et un oncle à Givors mais n'en justifie pas. M. C n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie, où résident sa mère et sa sœur et où il conserve nécessairement des attaches personnelles et sociales. Il ne peut se prévaloir d'aucune intégration ni insertion professionnelle particulière en France. Ainsi, eu égard notamment aux conditions et à la durée de son séjour en France, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs de cette décision et a donc violé l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.
Sur la décision fixant le pays de destination :
10. M. C n'apporte pas d'éléments permettant d'établir qu'il risquerait d'être exposé , en cas de retour dans son pays d'origine, à des traitements prohibés par les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et par les dispositions du second alinéa de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
11. M. C n'a engagé aucune démarche en vue de régulariser sa situation. Il a déclaré avoir quitté son pays en 2018 clandestinement, avoir transité par l'Ouganda où il s'est procuré un faux passeport Ougandais et un visa allemand. Après être arrivé en Allemagne, il s'est rendu en France où il a déposé sa demande d'asile laquelle a été rejetée. L'OFPRA a déclaré sa demande de réexamen de sa situation irrecevable et si M. C a fait appel devant la CNDA il ne s'est pas rendu à l'audience du 14 septembre 2023 et en tout état de cause cet appel n'est pas suspensif . M. C ne dispose pas de moyens d'existence ni de garantie de rapatriement. S'il déclare résider chez des amis et travailler il n'a pas d'autorisation de travail. M. C a fait l'objet les 6 novembre 2012 et 5 juin 2014 d'obligations de quitter le territoire français qu'il n'a pas exécuté. Dès lors, le préfet de la Savoie a pu, sans commettre d'erreur de fait ou d'erreur d'appréciation, estimer qu'il existait un risque que l'intéressée se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français qui lui était faite et, par suite, lui refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire sur le fondement des dispositions du d) du 3° du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles ne sont pas incompatibles avec les objectifs des dispositions de l'article 7-4 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 relatives aux décisions refusant d'accorder un délai de départ volontaire notamment en cas de risque de fuite.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire :
12. Compte tenu de ce qui a été indiqué aux points 8 et 10., M. C n'est pas fondé à soutenir que la durée d'interdiction de retour sur le territoire fixé à un an est disproportionnée.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation, d'injonction et tendant à la condamnation de l'État au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 de requérant doivent être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : M. C est admis à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Ndayisaba et au préfet de la Savoie.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.
Le magistrat désigné,
S. B La greffière,
L. Bourechak
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026