Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2400169

mercredi 28 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2400169
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL CLDAA LIOCHON ET DURAZ

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A qui demandait d'enjoindre à la commune de Notre-Dame-de-Bellecombe d'engager une procédure d'expropriation pour une emprise irrégulière. Le juge a relevé que M. A n'était pas propriétaire des parcelles concernées et ne justifiait donc pas d'un intérêt à agir, rendant sa demande irrecevable. Par conséquent, l'intervention de la société PIFF, propriétaire des terrains, n'a pas été admise. Les conclusions de la commune au titre des frais de justice ont également été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 janvier 2024, M. B A, représenté par la SCP Ducrot associés société d'avocats, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la commune de Notre-Dame-de-Bellecombe d'engager la procédure d'expropriation des 116 m² constituant l'emprise irrégulière du chemin du Chelou et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Notre-Dame-de-Bellecombe une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2024, la commune de Notre-Dame-de-Bellecombe conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par une intervention enregistrée le 19 décembre 2024, la société PIFF conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'injonction, la procédure d'expropriation ayant été diligentée après l'introduction de l'instance, et au rejet des conclusions présentées par la commune de Notre-Dame-de-Bellecombe au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Pfauwadel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

2. Il résulte de l'instruction que la société à responsabilité limitée PIFF est propriétaire depuis le 31 décembre 2018 de parcelles cadastrée section A numéros 1891, 1892 et 1510 au lieudit Le Chelou, sur le territoire communal de Notre-Dame-de-Bellecombe. M. A n'étant ainsi pas propriétaire de ces parcelles, la commune de Notre-Dame-de-Bellecombe est fondée à soulever l'irrecevabilité de sa requête aux fins d'injonction d'engager la procédure d'expropriation des 116 m² constituant une emprise irrégulière sur ces parcelles, en ce que le requérant ne justifie pas d'un intérêt à agir. La requête doit dès lors être rejetée dans toutes ses conclusions et par suite, l'intervention de la société PIFF n'est pas admise.

3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée par la commune de Notre-Dame-de-Bellecombe au titre dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : L'intervention de la société PIFF n'est pas admise.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Notre-Dame-de-Bellecombe au titre dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à la société PIFF et à la commune de Notre-Dame-de-Bellecombe.

Fait à Grenoble, le 28 mai 2025

Le juge des référés,

T. Pfauwadel

La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.