Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2400184
lundi 5 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2400184 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique 10 |
| Avocat requérant | FRERY |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 janvier 2024, Mme C B, représentée par Me Frery, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 décembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Savoie l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État au profit de son conseil une somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme B soutient que :
l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
l'obligation de quitter le territoire français :
- est insuffisamment motivée ;
- n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation ;
- n'a pas eu connaissance de la grille de vulnérabilité établie le 13 décembre 2023 ;
- elle a fait un recours devant la Cour nationale du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
la décision fixant un délai de départ de trente jours :
- est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
la décision fixant le pays de destination :
- est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire ;
- méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
la décision portant interdiction de retour :
- illégale en conséquence de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire ;
- méconnaît les dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-110 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 janvier 2024, le préfet de la Haute-Savoie conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que par un arrêté du 25 janvier 2024, il a retiré l'arrêté litigieux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard à l'urgence qu'il y a à statuer sur la situation de Mme B, il y a lieu de prononcer son admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
2. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 25 janvier 2024, le préfet de la Haute-Savoie a retiré sa décision du 19 décembre 2023 portant obligation de quitter le territoire et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an à l'encontre de Mme B Dès lors, les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête de Mme B n'ont plus d'objet et il n'y a plus lieu de statuer sur ces conclusions.
3. IL n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête de Mme B
Article 3: Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à Me Fréry et au préfet de la Haute-Savoie.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2024.
Le président
J.P. A
La greffière
A. MULLER
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.