mercredi 28 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2400268 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | ANGOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistré le 16 janvier et le 7 février 2024, M. F C, représenté par Me Angot, demande au tribunal :
1°) de lui accorder provisoirement le bénéfice de l'aide juridictionnelle;
2°) d'annuler la décision du 15 novembre 2023 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de le rétablir dans ses droits aux conditions matérielles d'accueil un délai de 48 heures et sous astreinte de 100 euros par jour passé ce délai ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le signataire était incompétent ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le motif retenu n'est pas au nombre de ceux énumérés à l'article L.551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il n'a pas déposé de demande d'asile en Italie ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa vulnérabilité ;
- elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 mars 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu la décision contestée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. F C, ressortissant afghan né en 1993, a déposé une demande d'asile à la préfecture de l'Isère le 12 avril 2023, qui a été placée en procédure Dublin puis requalifiée en procédure accélérée le 19 septembre 2023. Par la décision contestée du 15 novembre 2023, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Au regard de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants :/1° Il quitte la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 551-3 ;/2° Il quitte le lieu d'hébergement dans lequel il a été admis en application de l'article L. 552-9 ;/3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ;/4° Il a dissimulé ses ressources financières ;/5° Il a fourni des informations mensongères relatives à sa situation familiale ;/6° Il a présenté plusieurs demandes d'asile sous des identités différentes./Un décret en Conseil d'Etat prévoit les sanctions applicables en cas de comportement violent ou de manquement grave au règlement du lieu d'hébergement./La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret./Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil."
4. L'OFII fonde sa décision de cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil sur la dissimulation par l'intéressé de l'obtention de la protection internationale en Italie. Si M. C conteste dans la présente instance avoir déposé une demande d'asile en Italie, il ressort du compte rendu de son entretien individuel le 12 avril 2023 qu'il a indiqué avoir déposé antérieurement une demande d'asile en Italie. A ce titre, le seul courrier émanant du ministère de l'intérieur italien produit par la préfecture, qui n'est au demeurant pas traduit en français, ne permet pas de connaître si une protection a été accordée à M. C et la date à laquelle elle lui a été accordée. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette décision de protection, à supposer qu'elle existe et qui n'est pas versée aux débats, aurait été notifiée à M. C. Dans ces conditions, alors que M. C a informé l'administration de sa demande d'asile en Italie dans son entretien individuel et qu'il n'est pas établi qu'il avait connaissance d'une éventuelle suite favorable, la cessation des conditions matérielles d'accueil contestée est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la décision du 15 novembre 2023 doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose à son article L.551-13 que : " Le versement de l'allocation pour demandeur d'asile prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2. "
7. Il ne résulte pas de l'instruction que le droit de M. C, en sa qualité de demandeur d'asile, de se maintenir sur le territoire français a pris fin. Dans ces conditions et eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil pour M. C rétroactivement à compter du 15 novembre 2023, date de la décision contestée, dans un délai de deux mois à compter de sa notification. Dans les circonstances de l'espèce il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée par M. C.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Il y a lieu, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, de mettre à la charge de l'OFII, qui est la partie perdante dans la présente instance, le versement à Me Angot, avocat de M. C, d'une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 :La décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 15 novembre 2023 est annulée.
Article 3 :Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir M. C dans le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du 15 novembre 2023, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 :L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Angot la somme de 1 000 euros en application de de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 :Le présent jugement sera notifié à M. F C, à Me Angot et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Mathieu Sauveplane, président,
- Mme B D, première-conseillère,
- Mme Emilie Aubert, première-conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 août 2024.
La rapporteure,
E. A
Le président,
M. E
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2400268
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026