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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2400354

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2400354

jeudi 25 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2400354
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSELARL BS2A (BESCOU & SABATIER)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrés le 18 et le 22 janvier 2024, M. A B , représenté par la Selarl BS2A, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 janvier 2024 par lequel le préfet de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux années ;

2°) d'annuler l'arrêté du même jour par lequel le préfet de l'Isère l'a assigné à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

4°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de procéder à l'effacement du signalement aux fins de non-admission Schengen ;

5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

M. B soutient que :

L'arrêté dans son ensemble est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte.

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

La décision fixant le délai de départ volontaire :

- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen préalable, réel et sérieux ;

- elle est entachée de plusieurs erreurs de faits ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation des garanties de représentation ;

La décision faisant interdiction de retour :

- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et portant refus de délai de départ volontaire ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur de fait et d'erreur de droit ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 612-6 et L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Les décisions fixant le pays de destination et décidant l'assignation à résidence sont illégales par voie d'exception d'illégalité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2024, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu :

- la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a délégué à Mme Bourion, première conseillère, les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bourion,

- les observations de Me Bescou représentant M. B, ainsi que celles de M. B.

- Me Bescou fait valoir s'agissant du risque de soustraction à la présente obligation de quitter le territoire français, seule peut être invoqué sa non présentation au vol programmé pur Tunis ; que cela ne figure pas dans la décision attaquée.

En outre la nouvelle décision d'interdiction de retour sur le territoire français cumulée à la précédente excède la durée de 3 ans réglementairement prévue par les dispositions légales.

- M. B précise que demeurent en Tunisie ses deux parents alors divorcés.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 14h15.

Considérant ce qui suit

1. M. A B, ressortissant tunisien, né en 1995, est entré en France le 25 mars 2021 sous couvert d'un visa long séjour valable jusqu'au 18 mars 2022, obtenu en qualité de conjoint d'une ressortissante française. Il a fait l'objet par le préfet du Rhône d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire à destination du pays dont il a la nationalité à laquelle a été associée une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois en date du 24 juin 2022 et d'une assignation à résidence de quarante-cinq jours en date du 26 juin 2022. La légalité de l'arrêté du 24 juin 2022 a été confirmée par le tribunal administratif de Lyon en date du 30 juin 2022 et par la cour administrative d'appel de Lyon en date du 19 décembre 2022. Par les arrêtés attaqués en date du 16 janvier 2024, le préfet de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux années et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours dans le département de l'Isère.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Les décisions attaquées ont été signées par Mme Cencic, secrétaire générale adjointe, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature par arrêté du 21 août 2023, régulièrement publié au registre des actes administratifs du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de ces décisions manque en fait.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

3. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

4. M. B fait état de ce qu'il est entré régulièrement sur le territoire français sous couvert d'un visa de long séjour, de ce qu'il y a séjourné régulièrement jusqu'à la notification d'une décision portant obligation de quitter le territoire français le 24 juin 2022, de ce qu'il exerce de manière habituelle, à l'exception de sa période d'incarcération de six mois, une activité professionnelle et de ce qu'il dispose d'un logement puisqu'il vit avec sa nouvelle compagne de nationalité française avec laquelle il projette de se marier. Toutefois, si le requérant a été régulièrement admis à entrer et à séjourner sur le territoire national en qualité de conjoint de ressortissante française qu'il avait épousée le 26 décembre 2020 et dont il est à présent séparé, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il se maintient irrégulièrement sur le territoire français sans avoir déféré à l'obligation de quitter le territoire français qui lui a été faite le 24 juin 2022. En outre, à la date de la décision attaquée, sa relation avec sa nouvelle compagne de nationalité française, chez laquelle il déclare habiter, est, de son propre aveu, récente. Les intéressés ne pouvaient ignorer, dès le début de leur relation, que les perspectives d'installation en France de M. B étaient incertaines, en l'absence de tout droit au séjour. Il conserve nécessairement des attaches personnelles, sociales et familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 25 ans et où résident, ainsi qu'il l'a indiqué lors de l'audience, ses parents. Par ailleurs, son comportement ne témoigne pas d'une bonne intégration au sein de la société française dans la mesure où il est défavorablement connu des forces de l'ordre et de la justice, pour des faits de conduite sans permis, usage illicite de stupéfiants et de violence conjugales ayant donné lieu à un emprisonnement de dix-huit mois, dont six mois de prison ferme. Enfin, les circonstances selon lesquelles il exerce une activité professionnelle salariée et maîtrise la langue française ne sauraient en elles-mêmes démontrer que M. B aurait noué des liens à la fois intenses et pérennes en France, où il réside depuis moins de trois ans, à la date de la décision attaquée. Par suite, eu égard aux conditions et à la durée de séjour du requérant, l'obligation de quitter le territoire ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation de la situation de l'intéressé.

En ce qui concerne la décision de départ volontaire :

5. Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :/ 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa () sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; ()/ 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; ()/ 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts () ".

6. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision portant refus de délai de départ volontaire doit être écarté.

7. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet de l'Isère n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B avant d'édicter la décision en litige. S'il est loisible au requérant de contester les motifs retenus par l'autorité administrative pour fonder la décision en litige, la circonstance qu'il entende contester l'appréciation portée sur sa situation ne saurait démontrer le défaut d'examen invoqué. Par ailleurs, si le requérant souligne que l'autorité administrative peut refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire lorsque l'étranger se trouve dans les cas prévus par les dispositions précitées mais que la seule mention d'une hypothèse visée par ces dispositions est insuffisante à justifier de la privation d'un délai de départ volontaire, il ressort de la lecture de la décision attaquée que le préfet a procédé en l'espèce à l'examen de la situation du requérant. Il a ainsi estimé qu'à défaut d'avoir engagé des démarches administratives pour régulariser sa situation, qu'à défaut de justification d'une adresse effective sur le territoire français et qu'en raison d'un risque de soustraction à la mesure d'éloignement, M. B pouvait se voir privé d'un délai de départ volontaire. Il résulte ainsi de ces éléments que le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

8. En troisième lieu, pour refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. B, le préfet de l'Isère a visé les dispositions de l'article L. 612-2 précité en relevant que, s'agissant du risque de soustraction, M. B relevait des cas prévus aux 1° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'outre la possession d'un passeport, M. B dispose d'un hébergement stable et effectif à Vienne chez une ressortissante française ayant attesté l'héberger et chez laquelle il est d'ailleurs assigné à résidence, ainsi que des ressources stables tirés de l'emploi qu'il occupe en qualité de préparateur de commandes. Par suite, la décision en litige ne pouvait être fondée sur le motif tiré de ce qu'un risque de soustraction à la mesure d'éloignement résultait de l'absence de garanties de représentation du requérant. Le préfet a ainsi commis une erreur de fait en la matière et méconnu les dispositions du 8° de l'article L. 612-3 précité. Néanmoins, le préfet, dans son mémoire en défense, a procédé à une substitution de motif et s'est fondé sur les dispositions du 2° et du 5°alinéa de l'article l. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, selon lesquels, d'une part, l'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour et d'autre part, l'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que le préfet n'a pas commis d'erreur de fait en relevant que l'intéressé n'avait pas engagé de démarches tendant à obtenir un rendez-vous pour solliciter la régularisation de sa situation, ni a fortiori avoir effectivement déposé une demande complète de demande de renouvellement de titre de séjour à la date de la décision attaquée. En effet, l'existence d'un rendez-vous avec la préfecture ne peut être démontrée par la seule production d'une photographie d'écran d'ordinateur, tronquée, non accompagnée d'autres justificatifs et à supposer qu'un rendez-vous ait été effectivement programmé le 14 mars 2022, l'erreur de fait invoquée demeurerait sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors que la seule obtention d'un rendez-vous en préfecture ne peut être regardée comme valant dépôt effectif d'une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour au sens des articles R. 431-9 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, M. B ne justifie pas avoir pris l'attache des services pénitentiaires d'insertion et de probation (SPIP) lors de son incarcération à la maison d'arrêt de Lyon Corbas, à compter du 5 février 2022, en vue de déposer une demande de renouvellement de titre de séjour. D'autre part, le préfet n'a pas non plus commis d'erreur de fait en relevant que l'intéressé s'est soustrait à l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre, dès lors que le vol prévu pour Tunis le 27 septembre 2022 au départ de Lyon Saint-Exupéry a été annulé en raison même de l'absence de M. B à sa convocation. Par suite, le préfet, nonobstant les erreurs de faits avérées, a valablement pu, sans méconnaître les dispositions du 2° et du 5° de l'article L. 612-3 précité, refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. B.

En ce qui concerne l'interdiction de retour en France :

9. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

10. En premier lieu, en l'absence d'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et portant refus de délai de départ volontaire, le moyen tiré de l'illégalité de ces décisions, soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, doit être écarté.

11. En deuxième lieu, M. B a fait l'objet d'une mesure d'éloignement pour laquelle aucun délai de départ volontaire n'a été accordé. Il entre ainsi dans les cas prévus à l'article L. 612-6 précité, pour lesquels le préfet assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour, sauf s'il existe des circonstances humanitaires de nature à justifier qu'une telle interdiction ne soit pas décidée. Or, la situation personnelle du M. B, telle qu'elle a été exposée précédemment, ne relève pas de circonstances humanitaires au sens des dispositions précitées et le préfet de l'Isère n'a, dès lors, pas méconnu les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni commis d'erreur manifeste d'appréciation à cet égard, en ne s'abstenant pas de prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. Par ailleurs, si le requérant soutient que le préfet ne pouvait pas considérer que son comportement constitue une menace pour l'ordre public, réelle, actuelle et suffisamment grave contre un intérêt fondamental de la société, il ressort des pièces du dossier que M. B a été condamné à une peine d'emprisonnement de dix-huit mois et qu'il a été incarcéré à la maison d'arrêt de Lyon Corbas, de telle sorte que le préfet a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation à cet égard, retenir cette menace, qui en tout état de cause n'est pas isolée, pour déterminer le quantum de la décision attaquée. Ensuite, le requérant souligne qu'il a déjà fait l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français prononcée le 14 juin 2022 pour une durée de dix-huit mois et que le préfet ne pouvait dès lors, sans méconnaître les dispositions précitées prononcer une nouvelle mesure d'interdiction de retour sur le territoire français fixée à une durée supplémentaire de deux années dès lors que le cumul des deux mesures conduirait à dépasser le maximum légal de trois années fixé par ces dispositions légales. Toutefois, cette nouvelle mesure d'interdiction de retour sur le territoire français est associée à la nouvelle obligation de quitter le territoire français du 16 janvier 2024 de telle sorte qu'elle se substitue à la précédente. Il résulte ainsi de ces éléments que le préfet de l'Isère n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en fixant la durée de l'interdiction de retour en litige à deux années, cette durée ne présentant pas, dans les circonstances de l'espèce, le caractère disproportionné invoqué, la durée d'une telle mesure pouvant aller jusqu'à trente-six mois.

12. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, en l'absence de toute argumentation spécifique, être écarté par les mêmes motifs que ceux exposés au point 4 s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination et la décision d'assignation à résidence :

13. En l'absence d'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et portant refus de délai de départ volontaire, le moyen tiré de l'illégalité de ces décisions, soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de destination et de la décision d'assignation à résidence doit être écarté.

14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Bescou et au préfet de l'Isère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2024.

La magistrate désignée,

I. BOURION

L Le greffier,

L. BOURECHAK

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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