vendredi 12 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2400490 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | DJINDEREDJIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 janvier 2024, M. C B, représenté par Me Djinderedjian, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 juillet 2023 par lequel le préfet de la Haute-Savoie lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie de lui délivrer un titre de séjour valant autorisation de travail ou à défaut de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application des dispositions des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relatives à l'aide juridictionnelle à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce la part contributive de l'Etat.
M. B soutient que :
- l'arrêté du 10 juillet 2023 est entaché d'incompétence du signataire de l'acte ;
- la décision de refus de titre de séjour est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant délai de départ volontaire de trente jours est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il nécessite un délai supplémentaire au titre d'un soutien psychologique suite au décès de son épouse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2024, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 15 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Bourion, première conseillère.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant kosovar, est entré en France le 7 avril 2017 accompagné de son épouse. Par arrêté du 3 août 2017, le préfet de la Haute-Savoie a ordonné sa remise aux autorités allemandes, dans le cadre de l'examen de sa demande d'asile. La légalité de cette décision a été confirmée par le tribunal administratif de Grenoble le 6 octobre 2017. Toutefois, l'intéressé ne s'étant pas présenté au vol prévu le 13 février 2018, sa fuite a été constatée le 19 février 2018. Puis les autorités françaises étant devenues responsables de sa prise en charge le 18 juin 2019, la demande d'asile de M. B a été placée en procédure accélérée. Le 23 août 2019, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté la demande d'asile et la Cour nationale du droit d'asile a confirmé cette décision le 28 novembre 2019. Par arrêté du 10 février 2020, le préfet de la Haute-Savoie a rejeté sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Cette décision a été confirmée par le tribunal le 27 mai 2020 et la cour administrative d'appel le 3 juin 2021. Enfin, le préfet de la Haute-Savoie a rejeté, par arrêté du 10 juillet 2023, une nouvelle demande de titre de séjour au titre de l'admission exceptionnelle, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, par un arrêté n°SGCD/SLI/PAS/2022-148, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 15 décembre 2022, le préfet de la Haute-Savoie a donné délégation à M. David-Anthony Delavoet, secrétaire général de la préfecture, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Ainsi, le moyen tiré du vice d'incompétence dont seraient entachées les décisions contestées manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision portant refus de titre de séjour comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est dès lors motivée.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ". Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. "
5. M. B se prévaut de son ancienneté sur le territoire français depuis 2017 et soutient avoir fixé en France le centre principal de ses intérêts. Il produit à l'appui de son dossier une note sociale du 6 septembre 2023 par laquelle une travailleuse sociale du CHRS la Passerelle atteste qu'il dispose d'un réseau d'amis et de certains membres proches de la famille, qu'il est actif au sein du tissu associatif local et qu'il suit des cours de français, des attestations du secours populaire en date des 21 juillet 2023 et 27 août 2018 selon lesquelles il a été bénévole du 11 juillet 2018 à début 2022, à raison de deux fois par semaine pour aider aux ramasses et à la mise en place des distributions alimentaires, des attestations de ses enfants, ainsi qu'une promesse d'embauche du 11 septembre 2023. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que sur toute sa durée de présence de plus de six ans en France à la date de la décision attaquée, M. B, qui a fait l'objet de plusieurs mesures d'éloignement, d'assignation à résidence et de remise aux autorités allemandes, ainsi qu'il a été dit au point 1, n'a jamais sollicité de titre de séjour, que la promesse d'embauche qui se borne à indiquer que " je suis prêt à l'embaucher dans mon entreprise " ne saurait justifier l'octroi d'un titre de séjour portant la mention " salarié " et qu'il ne justifie pas d'attaches familiales en France depuis le décès de sa conjointe fin 2022, alors par ailleurs qu'il a vécu jusqu'à l'âge de 49 ans au Kosovo et que ses trois enfants et petits-enfants résident en Allemagne. Dans ces conditions, la décision portant refus de séjour n'a méconnu ni les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour ces mêmes motifs, elle n'est pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article Article L612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ".
7. Il ressort de la décision attaquée que M. B a bénéficié du délai de départ volontaire de droit commun de trente jours. S'il fait état d'un besoin de délai de départ plus long dès lors qu'à la suite du décès de son épouse le 30 décembre 2022, il ressentirait un besoin de soutien psychologique, il ne l'établit par aucune pièce au dossier. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Me Djinderedjian et au préfet de la Haute-Savoie.
Délibéré après l'audience du 29 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
Mme Bourion, première conseillère,
M. Ruocco-Nardo, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 avril 2024.
La rapporteure,
I. BOURION
Le président,
V. L'HÔTE Le greffier,
M. PALMER
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026