mardi 9 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2401063 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | BESSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 février 2024, M. A C B, représenté par Me Besson, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 août 2023 par lequel le préfet de la Savoie l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
M. C B soutient que l'arrêté attaqué :
- est entaché d'incompétence ;
- est entaché d'une erreur de fait, dès lors que M. C B n'a pas menti sur son identité ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Par ordonnance du 19 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 6 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Vial-Pailler,
Considérant de ce qui suit :
1. M. A C B, ressortissant congolais, a fait l'objet d'un arrêté en date du 4 mai 2023 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination. N'ayant pas exécuté cette obligation dans le délai imparti, M. C B a fait l'objet d'un nouvel arrêté du préfet de la Savoie en date du 27 août 2023 lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
2. En premier lieu, l'arrêté litigieux a été signé par Mme Laurence Tur, secrétaire générale, qui a reçu délégation à cet effet par un arrêté du préfet de la Savoie en date du 22 mai 2023, publié le jour même au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, M. B C soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait, dès lors que l'identité de A C B ne fait aucun doute puisqu'il justifie d'un passeport délivré par les autorités de son pays conforme à son acte de naissance. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la décision attaquée, que les empreintes digitales du requérant étaient connues comme étant celles d'un ressortissant angolais se nommant B Mabel Leonardo, né le 15 mars 1995, et qui aurait obtenu un visa court séjour le 21 septembre 2014 auprès des autorités consulaires portugaises en Angola. M. C est également suspecté d'avoir utilisé de faux documents afin d'être indument pris en charge par le département de la Nièvre en tant que mineur non accompagné. Au demeurant, le requérant reconnaît lui-même avoir utilisé une fausse identité lorsqu'il a quitté son pays d'origine. Dès lors il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de fait pour avoir mentionné : " M. se disant C B A, né le 15 mars 1999 à Matadi (République Démocratique du Congo), de nationalité congolaise ".
4. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. " Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. "
5. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. La durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
6. En l'espèce, il n'est pas contesté que par une décision du 4 mai 2023 M. se disant C B A, né le 15 mars 1999 à Matadi (République Démocratique du Congo), de nationalité congolaise, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire avec un délai de départ volontaire de trente jours, qu'il n'a jamais exécutée. Dès lors, le requérant entre dans le cas prévu à l'article L. 612-7 précité. Le requérant soutient être en couple avec une ressortissante française, mais il n'apporte aucune pièce démontrant cette relation. En tout état de cause, M. C B ne fait état d'aucune circonstance humanitaire de nature à justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour sur le territoire français.
7. M. B C soutient qu'après son arrivée en France, il a intégré le Lycée Jacques Duhamel, à Dole, le 3 décembre 2015, en classe de seconde professionnelle en électrotechnique, qu'il est entré, par la suite, en première baccalauréat professionnel en électrotechnique, énergie équipements, communicants, au lycée Jacques Duhamel, que son attitude et sa persévérance ont permis de prouver son investissement au quotidien, qu'il a toujours fait preuve de respect envers les adultes et les autres jeunes cohabitant avec lui, que depuis le 14 janvier 2019, il a toujours travaillé notamment en qualité d'électricien en effectuant de multiples missions, qu'il participe à la vie associative et qu'il entretient une relation amoureuse avec une compagne de nationalité française.
8. Toutefois, il ressort de l'examen de la situation de l'intéressé qu'il est célibataire et sans enfant à charge, qu'il ne justifie pas avoir tissé des liens personnels et familiaux intenses et anciens en France, ni d'une insertion particulière dans la société française. En outre, il ne justifie pas être démuni d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine où il a vécu une vingtaine d'années et où il déclare être retourné en 2018 ou 2019. S'il déclare être en couple avec sa petite amie et indique qu'elle serait enceinte, il ne justifie ni de la réalité ni de l'ancienneté de cette relation. Dès lors, et bien que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public, qu'il justifie d'une durée de présence sur le territoire de plus de sept ans, et qu'il travaille, M. B C n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Savoie aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris la décision attaquée et qu'il aurait méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, il n'est pas fondé à soutenir que cette autorité aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur sa recevabilité, que la requête de M. C B doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B et à la préfecture de la Savoie.
Délibéré après l'audience du 12 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Frapolli, première conseillère,
Mme Pollet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.
Le président, rapporteur,
C. VIAL-PAILLER
La première assesseure,
I. FRAPOLLILe greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2401063
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026