lundi 29 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2401245 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 février 2024, M. A B, représenté par Me Schürmann, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridique provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté n° 2023-SB 205 du 29 janvier 2024 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a désigné le pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", ou subsidiairement de réexaminer sa situation tout en le munissant d'un récépissé de demande de titre de séjour assorti d'une autorisation de travail dans les cinq jours de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché de l'incompétence de son signataire ;
- il est entaché d'une insuffisance de motivation, d'une erreur de fait, ce qui révèle un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnait les stipulations de l'article 3.1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et familiale.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- la convention internationale des droits de l'enfant, signée à New-York le 30 janvier 1990 ;
- la loi n° 91-647du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique du 5 avril 2024, Mme Letellier a lu son rapport. Me Schürmann a présenté des observations pour M. B. Le préfet de l'Isère n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B est un ressortissant angolais, âgé de 43 ans. Il déclare être entré en France le 15 juin 2017. Sa demande d'asile a été rejetée en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile, le 13 mai 2022. Le 27 octobre 2022, il a présenté une demande de titre de séjour en application de l'article L. 423-23 et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a désigné le pays de destination.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions en annulation et en injonction :
4. Par un arrêté du 21 août 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs, le préfet de l'Isère a donné à M. Laurent Simplicien, secrétaire général de la préfecture, délégation pour signer tout acte à l'exception de décisions limitativement énumérées parmi lesquelles ne figurent pas celles relatives au séjour et à l'éloignement des étrangers. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit, dès lors, être écarté.
5. L'arrêté, qui mentionne les éléments de fait propres à la situation du requérant et les considérations de droit sur lesquels il se fonde, est suffisamment motivé au regard de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et le préfet a bien procédé à un examen particulier de sa situation.
6. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservé dans son pays d'origine. En outre, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne garantit pas aux ressortissants étrangers le droit de choisir le lieu le plus approprié pour développer leur vie privée et familiale.
7. M. B soutient résider en France depuis 2017 et y avoir un fils dont il assure l'entretien et l'éducation. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a constamment résidé en France de manière irrégulière, à l'exception de la période d'instruction de sa demande d'asile et de titre de séjour. En dehors d'une mission de bénévolat auprès du secours populaire, il ne fait état d'aucune insertion dans la société française et ne dispose d'aucun moyen de subsistance. En outre, M. B est célibataire, ainsi qu'il l'a lui-même déclaré en préfecture. S'il a eu un enfant né le 21 août 2021 d'une relation avec Mme C, une ressortissante congolaise en situation régulière, M. B ne vit pas avec la mère de l'enfant et celui-ci qui ont été placés au centre maternel du Nord-Isère. L'attestation de Mme C selon laquelle elle hébergerait désormais le requérant est postérieure à l'arrêté attaqué et n'est corroborée d'aucun autre élément. Par ailleurs, outre une attestation dactylographiée de la mère de l'enfant, la participation de M. B à l'éducation de son fils n'est étayée que de quelques attestations peu circonstanciées de professionnels de la petite enfance et d'un médecin généraliste. Ces pièces ne révèlent qu'une présence épisodique auprès de l'enfant ce qui n'est pas suffisant pour retenir un lien personnel et affectif entre le requérant et son fils. En revanche, M. B a vécu l'essentiel de sa vie en Angola où rien ne fait obstacle à ce qu'il y poursuive sa vie. Dans ces circonstances, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme doit être écarté. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est entachée ni d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur sa situation, ni d'erreur de fait.
8. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Ces stipulations sont applicables à toute décision affectant de manière suffisamment directe et certaine, la situation d'un enfant mineur.
9. La réalité des relations personnelles et affectives entre M. B et son fils ne ressortant pas des pièces du dossier, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Isère aurait méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions en injonction.
11. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions de l'avocat de M. B tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridique provisoire.
Article 2 :Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 :Les conclusions de Me Schürmann tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique sont rejetées.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Schürmann et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 5 avril 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Sauveplane, président,
- Mme Letellier, première conseillère,
- Mme Barriol, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 avril 2024.
La rapporteure,
C. Letellier
Le président,
M. Sauveplane
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026