mercredi 11 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2401500 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP ALAIN BOUVARD & ALEX BOUVARD AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 mars et 22 juillet 2024, M. B, représenté par Me Planchet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2023 par lequel le maire de la commune de Reignier-Esery a accordé un permis de construire modificatif de 18 logements à la société CAP Développement ; ensemble la décision de rejet de son recours gracieux formé le 4 janvier 2023 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Reignier-Esery et de la SAS Cap Développement une somme de 2000 euros chacun en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Cap Développement, représentée par Me Bouvard, conclut à l'irrecevabilité de la requête pour défaut d'intérêt pour agir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juillet 2024, la commune de Reignier-Esery, représentée par Me Duraz, conclut à l'irrecevabilité de la requête pour défaut d'intérêt pour agir.
Vu la lettre adressée le 10 juillet 2024 demandant à M. B de justifier de son intérêt pour agir au regard de l'article L. 600-1-2 du code de justice administrative et l'avis de réception de cette lettre.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ().
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation () ".
3. Il résulte de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien.
4. Lorsque le requérant, sans avoir contesté le permis initial ou après avoir épuisé les voies de recours contre le permis initial, ainsi devenu définitif, forme un recours contre un permis de construire modificatif, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé.
5. Par un arrêté n° PC 074 220 18 A0043M02 du 3 octobre 2023, le maire de la commune de Reignier-Esery a accordé à la SAS Cap Développement un permis de construire modificatif portant sur les aménagements extérieurs : modification du trottoir d'accès, modification du cheminement piéton, place de stationnement traités en " evergravier ", modification est création de murs en gabions, suppression du grillage autour des cuves de gaz enterrées et ajout d'un grillage supplémentaire à proximité de la bouche de ventilation.
6. M. B fait valoir que le projet se situe à proximité immédiate de sa propriété et que les modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé affectent directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il soutient plus précisément que le permis de construire du programme " le chatenay " prévoyait initialement un cheminement piétons en partie de la propriété qui longeait en partie gauche de la voirie en limite du programme " le birdie ". Ce cheminement piéton permettait, selon lui, à la fois le raccordement au chemin piétonnier débouchant du programme " le birdie ", du raccordement au chemin piétonnier permettant la desserte de ses parcelles et offrait la possibilité aux habitants des programmes " montmorency " et " chatenay " de se diriger en traversant le programme " birdie " au terrain de jeux du village, à son golf ainsi qu'à l'église et permettait en outre de pouvoir faire tailler en toute sécurité la haie de thuyas qui borde ce chemin. Il soutient que le permis de construire modificatif en litige supprime ce trottoir prévu à gauche pour le remplacer par un talus. Il soutient enfin qu'une telle reconfiguration des voies lui est donc bien préjudiciable puisqu'elle dévalue de façon notoire leurs critères pour la constructibilité de ses parcelles.
7. Si la qualité de voisin immédiat de M. B n'est pas discutée, il ressort toutefois des pièces du dossier que le trottoir qui était initialement prévu à gauche de la voie d'accès, le long de la parcelle du requérant, a été déplacé par l'arrêté litigieux à droite de la voie, sans impact toutefois sur l'accès à la parcelle de M. B. Si ce dernier se prévaut d'un non-respect d'engagements contractuels pris par la société Cap Développement lors de l'acte de vente du 12 mai 2015 des parcelles appartenant à M. B, ce non-respect est une question de droit privé qui reste sans influence sur la légalité du permis de construire modificatif, qui est toujours délivré sous réserve du droit des tiers. D'autre part, le requérant ne saurait utilement se prévaloir des modifications de l'accès piéton pour les habitants des programmes " montmorency ", " chatenay " et " le birdie ", au nombre desquels il ne figure pas. Enfin, s'il soutient que ces modifications dévaluent de façon notoire leurs critères pour que ses parcelles deviennent constructibles, il se bornent à de simples allégations alors que la constructibilité de ses parcelles ne dépend que des dispositions règlementaires du plan local d'urbanisme et non des éléments d'un permis de construire modificatif d'un programme édifié sur d'autres parcelles jouxtant sa propriété. Dès lors, le seul déplacement du trottoir de gauche à droite de la voie d'accès par le permis de construire modificatif litigieux n'est pas, dans les circonstances de l'espèce, de nature à conférer à M. B un intérêt suffisant lui donnant qualité pour agir. Par suite, la fin de non-recevoir doit être accueillie et sa requête doit être rejetée comme irrecevable par ordonnance en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
8. Il a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter l'ensemble des conclusions des parties tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de M. B est rejetée.
Article 2 :Les conclusions des parties tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à la commune de Reignier-Esery et à la SAS Cap Développement.
Fait à Grenoble, le 11 septembre 2024.
Le président de la 2ème chambre,
Mathieu Sauveplane
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026