vendredi 19 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2401820 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | OFFICIO AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 mars et 3 avril 2024, Mme B A, représentée par Me Cochereau, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du 12 février 2024 par lequel le président du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes l'a placé en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 21 février 2024 et de la décision du 13 février 2024 par laquelle le président du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes lui a refusé l'octroi d'un congé de longue maladie ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au président de la région Auvergne-Rhône-Alpes de la placer rétroactivement en congé de longue maladie à compter du 21 février 2023 ou à tout le moins de la placer en congé de longue maladie ou, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation et de statuer à nouveau sur sa demande de congé de longue maladie ;
3°) de condamner la région Auvergne-Rhône-Alpes au versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence est remplie : les décisions contestées la placent dans une situation financière délicate dès lors qu'elle va se retrouver sans rémunération dans les semaines à venir du fait de l'expiration de ses droits à congé de maladie ordinaire et que le seul revenu de son compagnon d'environ 761 euros mensuel ne permettra pas de faire face aux charges du couple d'un montant total d'au moins 1 360 euros ; elle ne peut remplie pas les conditions permettant de bénéficier de prestations en espèces ou d'une allocation d'invalidité temporaire prévues aux articles 4 et 6 du décret n°60-58 du 11 janvier 1960 dès lors que, pour l'heure, elle n'a pas été déclarée inapte à l'exercice de toutes fonctions et qu'elle ne bénéficie pas d'un taux d'invalidité fixé à au moins 2/3 ;
- il existe un doute sérieux concernant la légalité des décisions en litige :
*la décision du 13 février 2024 lui refusant l'octroi d'un congé de longue maladie est insuffisamment motivée ;
*les décisions attaquées sont entachées d'incompétence négative, le président du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes s'étant senti lié par l'avis du conseil médical supérieur ;
*elles entachées d'une erreur d'appréciation des faits.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2024, la région Auvergne-Rhône-Alpes, représentée par Me Bory, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de Mme A à lui verser une somme d'un euro au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'aucun des moyens n'est sérieux.
Vu :
- la requête en annulation enregistrée sous le n°2401819 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bedelet, pour statuer sur les demandes de référé ;
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 4 avril 2024 au cours de laquelle ont été entendus :
- le rapport de Mme Bedelet, juge des référés ;
- les observations de Me Cochereau représentant Mme A ;
- les observations de Me Bory représentant la région Auvergne-Rhône-Alpes.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.
3. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution des décisions litigieuses, Mme A fait valoir que les décisions contestées la placent dans une situation financière délicate dès lors que, ses droits à congé de maladie ordinaire épuisés, elle ne percevra plus aucune rémunération et que le seul revenu de son compagnon d'environ 761 euros mensuel ne permettra pas de faire face aux charges du couple. Cependant, Mme A a été placée en congé de maladie ordinaire depuis le 21 février 2023, soit à plein traitement trois mois et puis les neuf mois suivants à demi-traitement. Par ailleurs, par la décision contestée du 12 février 2024, Mme A a été placée en disponibilité d'office pour raisons de santé avec maintien d'un demi-traitement, jusqu'à la décision de reprise de service ou de reclassement ou de mise en disponibilité ou d'admission à la retraite prise après avis du conseil médical départemental. Celui-ci, réuni en formation restreinte le 7 mars 2024, a sursis à statuer en l'absence de certificats médicaux circonstanciés de l'état de santé actuel de Mme A. Dans ces conditions, la requérante, qui continue à percevoir un demi-traitement qu'elle percevait déjà, depuis plusieurs mois avant l'intervention des décisions litigieuses, n'établit pas, compte tenu des ressources et des charges de son foyer, qu'elle est confrontée à des difficultés financières permettant de regarder, en l'état de l'instruction, la condition d'urgence comme remplie.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de suspension de l'exécution des décisions attaquées et d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de procès :
5. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par Mme A doivent dès lors être rejetées.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la région Auvergne-Rhône-Alpes tendant à la condamnation de la requérante à ce même titre.
O R D O N N E
Article 1er :La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 :Les conclusions de la région Auvergne-Rhône-Alpes tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes.
Fait à Grenoble, le 19 avril 2024.
La juge des référés,
A. Bedelet
Le greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2401820
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026