Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2401866

lundi 16 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2401866
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantHASSID

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, saisi d’un recours en excès de pouvoir contre le refus du préfet de la Savoie d’abroger des obligations de quitter le territoire français, a constaté un non-lieu à statuer. En cours d’instance, le préfet a accordé aux requérants un titre de séjour sur le fondement de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, privant d’objet les conclusions en annulation. Les demandes accessoires, notamment celles fondées sur l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 mars 2024, Mme C épouse A et M. B A, représentés par Me Hassid, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 30 mars 2023 par laquelle le préfet de la Savoie a refusé d'abroger les arrêtés du 3 juillet 2020 portant obligation de quitter le territoire français ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Savoie à titre principal de délivrer aux requérants une carte de séjour dans le mois suivant le jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, d'effacer l'interdiction de retour d'un 1 an figurant sur la fiche des requérants, à titre principal de réexaminer le dossier des requérants dans les 15 jours suivants le jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 à charge pour l'avocat des requérants de renoncer à l'aide juridictionnelle.

Ils soutiennent que :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- le préfet n'a pas fait un examen particulier de la demande ;

- des évènements nouveaux de fait et de droit sont intervenus depuis les décisions du 3 juillet 2020 de sorte que le refus d'abrogation méconnait les dispositions des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 août 2024, le préfet de la Savoie conclut au non-lieu à statuer.

Il soutient qu'il a décidé d'accorder à titre exceptionnel et dérogatoire un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Mme C D A et M. A ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par deux décisions du 21 décembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. L'article R. 222-1 du code de justice administrative permet aux présidents de formation de jugement des tribunaux, par ordonnance, de constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête et de statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens.

2. Mme C épouse A et de M. A sont arrivés en France respectivement en janvier 2018 et aout 2017, accompagnés de leurs deux enfants nés en 2008 et 2014. Mme C a été mise en possession d'une carte de séjour portant la mention " étranger malade " valable du 19 aout 2019 au 19 février 2020. Le préfet de la Savoie a pris le 3 juillet 2020 deux arrêtés portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Le préfet a refusé le 30 mars 2023 d'abroger ces deux décisions du 3 juillet 2020.

3. Le préfet de la Savoie ayant accordé aux requérants en cours d'instance un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les conclusions d'annulation sont désormais privées d'objet et il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de Mme C épouse A et de M. A.

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de leur avocat tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er :Il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de Mme C épouse A et de M. A.

Article 2 :Les conclusions de Me Hassid tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sont rejetées.

Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme C épouse A, à M. A, à Me Hassid et au préfet de la Savoie.

Fait à Grenoble le 16 septembre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

Mathieu Sauveplane

La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.