mercredi 27 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2401926 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SECHAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 mars 2024 et le 23 mars 2024, M. C B, représenté par Me Sechaud, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 19 mars 2024 par lequel le préfet de l'Isère lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
3°) d'annuler l'arrêté du 21 mars 2024 par lequel le préfet de l'Isère l'a assigné à résidence ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 300 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. B soutient que :
L'arrêté dans son ensemble :
- il est insuffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- il est entaché d'incompétence ;
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle méconnaît les articles L. 521-1, L. 541-1 et L.542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La décision fixant le délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'illégalité par voie d'exception de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
La décision fixant le pays de destination :
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 19.2 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et l'article 33 de la convention de Genève.
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet n'a pas procédé à une nouvelle appréciation des éléments portés à sa connaissance concernant ses craintes en cas de retour dans son pays d'origine.
La décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français
- elle méconnait les articles L.612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation eu égard à sa durée et à l'absence de menace à l'ordre public ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La décision portant assignation à résidence :
- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il n'existe pas de perspective raisonnable de départ.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2024, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a délégué à Mme Bourion, première conseillère, les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bourion, magistrate désignée,
- les conclusions de Me Sechaud, représentant M. B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 14h15.
Considérant ce qui suit :
1. M B, ressortissant marocain, qui déclare être entré en France en 2016, se maintient depuis lors, irrégulièrement sur le territoire français. Il a fait l'objet de plusieurs obligations de quitter le territoire français en date des 14 juin 2019, 2 avril 2021 et 3 février 2024, ainsi que d'une interdiction judiciaire du territoire français d'une durée de trois ans en date du 7 octobre 2023, mesures qu'il n'a pas exécutées. Par l'arrêté du 19 mars 2024, M. B a fait l'objet d'une obligation de quitter sans délai le territoire français assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans et par l'arrêté du 21 mars 2024, il a été assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. B, ressortissant marocain, au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
4. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par M. Laurent Simplicien, secrétaire général, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature par arrêté du 21 août 2023, régulièrement publiée au registre des actes administratifs du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de ces décisions manque en fait.
5. En deuxième lieu, l'arrêté du 19 mars 2024 contesté mentionne de façon suffisamment précise les considérations de droit ainsi que les éléments de fait propres à la situation de M. B sur lesquels il se fonde. Ainsi, l'arrêté, qui n'est pas stéréotypé, satisfait à l'obligation de motivation résultant de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, il ne résulte pas des termes de cet arrêté que le préfet de l'Isère n'aurait pas procédé à un examen particulier et complet de la situation de M. B, quand bien même il n'aurait pas fait état de toutes les circonstances de fait. Il s'ensuit que les moyens tirés de l'insuffisante motivation de cet arrêté et du défaut d'examen de la situation personnelle de M. B doivent être écartés.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente qui enregistre sa demande " et de l'article L. 521-7 du même code : " Lorsque l'enregistrement de sa demande d'asile a été effectué, l'étranger se voit remettre une attestation de demande d'asile dont les conditions de délivrance et de renouvellement sont fixées par décret en Conseil d'Etat. La durée de validité de l'attestation est fixée par arrêté du ministre chargé de l'asile. La délivrance de cette attestation ne peut être refusée au motif que l'étranger est démuni des documents et visas mentionnés à l'article L. 311-1. Elle ne peut être refusée que dans les cas prévus aux c ou d du 2° de l'article L. 542-2 ". D'autre part, aux termes de l'article L.542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin :1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : [] ; 2° Lorsque le demandeur : [] ".
7. M. B ne saurait utilement invoquer la méconnaissance des dispositions précitées afférente au droit d'asile, dès lors que depuis son arrivée sur le territoire français en 2016, il n'a déposé aucune demande d'asile. La circonstance qu'il supposait que l'absence de passeport en cours de validité l'en empêchait est sans incidence sur la méconnaissance desdites dispositions. Par suite, le préfet de l'Isère n'a méconnu aucune des dispositions relatives au droit d'asile des étrangers, ni n'a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
8. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
9. Il ressort des pièces du dossier que M. B, bien qu'entré en France il y a environ 8 ans, n'a fait aucune démarche administrative en vue de régulariser sa situation et s'est maintenu sur le territoire français en situation irrégulière depuis son arrivée. S'il fait valoir qu'il serait en couple avec Mme A qui attendrait un enfant, il n'apporte au dossier aucun élément tendant à attester ses dires. Il n'établit pas davantage son intégration sociale sur le territoire, alors que sous couvert de nombreux alias, il a fait l'objet de multiples interpellations notamment pour vol, recel de biens, vol en réunion, détention de stupéfiant, détention frauduleuse de faux documents administratifs. En outre, s'il déclare être intégré professionnellement, ce n'est qu'au titre d'une activité, au demeurant non établie, irrégulière administrativement. Enfin, il a fait l'objet de trois mesures d'éloignement qu'il ne justifie pas avoir exécutées. Dans ces conditions. M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
10. En troisième lieu, M. B ne saurait invoquer la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'appui des conclusions dirigées contre la décision faisant obligation de quitter le territoire français, cette dernière ne fixant pas le pays de renvoi.
En ce qui concerne la décision portant délai de départ volontaire :
11. La décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas illégale, la décision portant délai de départ volontaire ne peut être annulée par voie de conséquence.
12. Aux termes de l'article L. 612-2 du CESEDA, " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. De même aux termes de l'article L.612-3 du CESEDA : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ;() 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ()".
13. Il ressort des pièces du dossier que M. B entré irrégulièrement sur le territoire français, n'a sollicité aucun titre de séjour. Par ailleurs, il a fait l'objet de trois obligations de quitter le territoire français, en date des 14 juin 2019, 2 avril 2021 et 3 février 2023 qu'il n'a pas exécutées. Dans ces conditions, le préfet de l'Isère a justifié le risque de soustraction de M. B à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français et a suffisamment motivé sa décision d'absence de délai de départ volontaire. Pour les mêmes raisons, la décision portant délai de départ volontaire n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
14. La décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas illégale, la décision fixant le pays de destination ne peut être annulée par voie de conséquence.
15. Si M. B soutient qu'il craint pour sa vie en cas de retour au Maroc dans la mesure où l'assassin de son père a été libéré de prison et qu'il fait l'objet de constantes menaces de mort de la part de l'assassin et de sa famille, il n'apporte aucun élément à l'appui de ses affirmations, de nature à établir les risques de traitements inhumains ou dégradants qu'il courrait en cas de retour dans son pays d'origine. Dès lors, le moyen relatif à la violation de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 19.2 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de l'article 33 de la convention de Genève doit être écarté. Pour les mêmes raisons, la décision fixant le pays de destination n'est entachée ni d'une erreur manifeste d'appréciation ni d'une erreur de droit en ce que le préfet n'a pas procédé à une nouvelle appréciation des éléments portés à sa connaissance concernant ses craintes en cas de retour dans son pays d'origine.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
16. La décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas illégale, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français ne peut être annulée par voie de conséquence.
17. D'une part, aux termes l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :" () les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ". D'autre part, aux termes des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
18. L'arrêté mentionne sa durée de présence en France, le fait qu'il représente une menace pour l'ordre public et le fait qu'il a déjà fait l'objet de trois mesures d'éloignement. Si le requérant fait valoir que le préfet, en méconnaissance des dispositions précitées, a omis d'évoquer la nature de ses liens avec la France, et notamment son concubinage avec Mme A et leur enfant à naître, d'une part, il ressort de l'arrêté attaqué, que contrairement à ses dires, le préfet de l'Isère a noté qu'il " n'a aucune famille en France " et d'autre part, qu'il n'établit pas avoir informé le préfet de ces circonstances de fait à la date à laquelle l'arrêté a été adopté. Enfin, le préfet de l'Isère ajoute qu'aucune circonstance humanitaire ne s'oppose à l'édiction de cette mesure. Par suite, l'arrêté permet d'informer l'intéressé des considérations qui ont conduit à retenir une durée de trois ans et est ainsi suffisamment motivé.
19. M. B fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai et ne justifie d'aucune circonstance humanitaire de nature à faire obstacle à ce que le préfet de l'Isère prononce à son égard une interdiction de retour sur le territoire français. En outre, l'intéressé ne justifie pas ainsi qu'il a été dit au point 9 d'attaches privées ou familiales stables et intenses en France. En outre, M. B qui soutient qu'il est présent en France depuis 8 ans, a fait l'objet de trois obligations de quitter le territoire français, ainsi que d'une mesure d'interdiction judiciaire du territoire français et de nombreuses interpellations pour des délits, de telle sorte que sa présence en France représente une menace pour l'ordre public. Enfin, si M. B soutient que la décision attaquée constitue une mesure d'expulsion automatique dans tout l'espace Schengen en raison de son signalement dans le système d'information, ce signalement n'est qu'une conséquence de l'interdiction de retour en litige et demeure sans incidence sur sa légalité. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir qu'en prononçant à son égard une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, le préfet de l'Isère a méconnu les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'est pas davantage fondé à soutenir, pour les mêmes motifs, que cette décision porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
20. En premier lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ".
21. L'arrêté attaqué vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles il se fonde ainsi que la dernière décision portant l'obligation de quitter le territoire français en date du 19 mars 2024. En outre, il mentionne que M.B dispose de garanties de représentation effectives permettant d'envisager son éloignement, qu'il n'a pas remis son passeport et s'engage à le remettre au premier pointage et qu'après un examen approfondi de sa situation personnelle sous ses divers alias, l'éloignement demeure une perspective raisonnable. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué est suffisamment motivé au regard des dispositions précitées. Par suite, le moyen doit être écarté.
22. En deuxième lieu, la mesure d'assignation à résidence permet à l'autorité administrative de mettre à exécution d'office une mesure d'éloignement qu'un étranger s'est abstenu d'exécuter de sa propre initiative dans le délai qui lui était imparti. Dès lors, la seule circonstance qu'à la date de la décision en litige, l'autorité administrative n'aurait entamé aucune démarche pour organiser l'éloignement de l'intéressé, alors que la durée de l'assignation de quarante-cinq jours lui permet précisément d'effectuer toutes les diligences utiles à cette fin, n'est pas de nature à démontrer l'absence de perspectives raisonnables d'éloignement. M. B n'est donc pas fondé à soutenir que les dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auraient été méconnues au seul motif que le préfet de l'Isère ne justifierait pas des démarches initiées pour l'éloigner du territoire français.
23. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés attaqués.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
24. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Me Sechaud, M. C B et au préfet de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2024.
La magistrate désignée,
I. BOURIONL La greffière,
A. ZANON
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026