mercredi 28 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2401927 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CANS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 mars 2024, M. A B, représentée par Me Cans, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du préfet de l'Isère du 26 janvier 2024 refusant d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de cette demande ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère d'enregistrer sa demande de titre de séjour, dans un délai de 48 heures sous astreinte journalière de 300 euros et de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour valant autorisation de travail aux mêmes conditions de délai et d'astreinte ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de prendre une décision sous quatre mois ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- elle satisfait aux conditions fixées par les stipulations de l'article 7 bis e) de l'accord franco-algérien ; en exigeant une condition qui n'est pas prévue par ces stipulations, le préfet de l'Isère a entaché sa décision d'une erreur de droit ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; un récépissé de demande de titre de séjour aurait dû lui être remis.
Par ordonnance du 23 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 10 mai 2024, en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 juillet 2024.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique du 28 juin 2024, Mme Letellier a lu son rapport. Me Provost, substituant Me Cans, a présenté des observations pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante algérienne âgée de 18 ans, est entrée sur le territoire français le 7 novembre 2016 selon ses déclarations, alors qu'elle était âgée de 10 ans. Le 26 janvier 2024, elle s'est présentée à la préfecture de l'Isère pour déposer une demande de certificat algérien sur le fondement de l'article 7 e) de l'accord franco-algérien. Par la décision orale attaquée du 26 janvier 2024, un agent de la préfecture de l'Isère a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour.
2. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. () ". Aux termes de l'article R. 431-10 de ce code : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande :/ 1° Les documents justifiants de son état civil ;/ 2° Les documents justifiants de sa nationalité ;/ 3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial./La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents./ Lorsque la demande de titre de séjour est introduite en application de l'article L. 431-2, le demandeur peut être autorisé à déposer son dossier sans présentation de ces documents. ". Aux termes de l'article R. 431-11 de ce code : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code. ".
3. D'une part, il résulte de ces dispositions qu'en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. D'autre part, le refus d'enregistrer une demande tendant à l'octroi d'un titre de séjour, à l'appui de laquelle est présenté un dossier incomplet, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir.
4. La requérante expose sans être contredite que le motif opposé pour refuser d'enregistrer son dossier de demande de titre de séjour était tiré de l'absence de justification par ses parents d'un titre de séjour. Elle produit une attestation qui corrobore le motif de refus invoqué par l'agent de préfecture. Elle soutient également que son dossier était complet, ce que le préfet de l'Isère, qui n'a pas produit de mémoire en défense, ne conteste pas davantage.
5. Il ne ressort par ailleurs ni des dispositions précitées ni d'aucun autre texte, notamment des stipulations de l'article 7 bis e) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 que la circonstance selon laquelle les parents du demandeur ne sont pas en mesure de produire un titre de séjour en cours de validité, est de nature à fonder un refus d'enregistrement d'une demande de titre de séjour, le préfet de l'Isère ne se prévalant d'aucune fraude. Dès lors, Mme B est fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision attaquée doit être annulée.
6. Compte tenu du motif de l'annulation du refus d'enregistrement opposé à la requérante, il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Isère d'enregistrer la demande de titre de séjour de Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette mesure d'une astreinte.
7. L'État, partie perdante, versera à Me Cans, une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Cans renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er :La décision de refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour est annulée.
Article 2 :Il est enjoint au préfet de l'Isère d'enregistrer la demande de titre de séjour présentée par Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour dans les quinze jours de la notification du jugement.
Article 3 :L'Etat versera la somme de 1 000 euros à Me Cans, sous réserve que Me Cans renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 :Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Cans et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Sauveplane, président,
- Mme Letellier, première conseillère,
- Mme Aubert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 août 2024.
La rapporteure,
C. Letellier
Le président,
M. Sauveplane
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026