mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2402012 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ALZIEU-BIAGINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 mars 2024 et un mémoire du 15 avril 2024, la société civile immobilière (SCI) Ofuni, représentée par Me Alzieu-Biagini, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 10 octobre 2023 du maire de la commune de Chamonix-Mont-Blanc accordant un permis de construire n° PC 074056 23 A0091 au bénéfice de la SCCV Les Racines, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Chamonix-Mont-Blanc et de la SCCV Les Racines une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- La requête est recevable et elle a intérêt à agir ;
- L'urgence est présumée ;
- L'arrêté est entaché d'un vice de forme ;
- L'arrêté méconnait les articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme ;
- L'arrêté méconnait les article R. L. 111-11 du code de l'urbanisme et l'article IAU 4 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- L'arrêté méconnait l'article IAU 7 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- L'arrêté méconnait l'article IAU 13 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- L'arrêté méconnait l'article R.111-2 du code de l'urbanisme et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2024, la commune de Chamonix-Mont-Blanc, représentée par Me Bracq, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société Ofuni n'a pas d'intérêt pour agir ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2024, la SCCV Les Racines, représentée par Me Planchet, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société Ofuni n'a pas d'intérêt pour agir ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
Vu :
- l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 14 mars 2024 sous le n° 2401797 par laquelle la SCI Ofuni demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 15 avril 2024 en présence de Mme Jasserand, greffier d'audience, M. A a lu son rapport et entendu Me Alzieu-Biagini, représentant la SCI Ofuni, Me Teston, représentant la commune de Chamonix-Mont-Blanc et Me Planchet, représentant la SCCV Les Racines.
La SCI Ofuni a soulevé à l'oral un moyen supplémentaire tiré de la méconnaissance de l'article IAU 7 en raison de l'incohérence entre 2 pièces du dossier de permis de construire qui n'a pas permis à la commune d'exercer son contrôle sur ce point.
Une note en délibéré a été enregistrée le 15 avril 2024 pour la SCI Ofuni.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Ofuni est nu-propriétaire d'un chalet d'habitation situé chemin du Lavoussé sur les parcelles cadastrées section C n°6235 et C n° 6238. La SCCV Les Racines a obtenu par arrêté du 10 octobre 2023 un permis de construire n° PC074056 23 A0091 pour la construction d'un chalet sur la parcelle cadastrée section C n°2199. La société requérante a sollicité le retrait de ce permis de construire par courrier du 6 décembre 2023, régulièrement notifié au pétitionnaire. Une décision implicite de rejet de ce recours gracieux est née le 11 février 2024 du silence gardé par le maire de la commune de Chamonix-Mont-Blanc.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. "
3. Il résulte de cette disposition qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous les éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat, justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. Pour établir son intérêt pour agir, la société requérante fait valoir que la parcelle dont elle est nu-propriétaire n'est distante que de quelques mètres de la parcelle objet de la construction en litige, qui va entrainer une augmentation des nuisances sonores aux abords de la propriété, qu'un important boisement à proximité sera supprimé et qu'une voie d'accès sera créée à proximité immédiate de sa propriété, aggravant les conditions de circulation sur le chemin du Lavoussé.
5. Toutefois, il résulte de l'instruction que la société requérante est nu-propriétaire des parcelles cadastrées section C n°6235 et C n° 6238, qui sont séparées de la parcelle cadastrée section C n°2199, sur laquelle sera implanté la construction litigieuse, par la parcelle C n° 2198 entièrement boisée par des arbres de haute tige, à une distance d'environ 40 mètres. Elle ne peut donc être qualifiée de voisin immédiat.
6. En sa qualité de nu-propriétaire, la société requérante n'a pas vocation à utiliser le bien ni à l'occuper mais seulement à disposer du bien. Son intérêt à agir doit donc être apprécié en priorité, mais non exclusivement, au regard de l'atteinte à la valeur vénale de son bien entrainé par le projet. Toutefois, la SCI Ofuni ne soutient ni même n'allègue que la construction du chalet serait de nature à entrainer une diminution de la valeur vénale de son bien. De surcroit et en tout état de cause, les parcelles de la requérante sont séparées de la parcelle cadastrée section C n°2199 par la parcelle C n° 2198 entièrement boisée par des arbres de haute tige, à une distance d'environ 40 mètres. Dès lors, les nuisances sonores provenant d'une seule habitation à cette distance ne sont pas telles que l'atteinte à la jouissance qui en résulterait puisse constituer un intérêt lui donnant qualité pour agir. De surcroit, contrairement à ce qui est soutenu, aucune voie d'accès ne sera créée mais la voie d'accès déjà existante sera élargie, laquelle ne présente aucune dangerosité ; le projet n'entrainera pas davantage la suppression d'un important boisement mais seulement l'abattage de la végétation correspondant à l'emprise de la maison, qui ne supprime pas le rideau végétal entre la construction et la parcelle de la requérante. Enfin, la construction d'un seul chalet n'est pas de nature à engendrer un supplément de circulation significatif sur le chemin du Lavoussé de nature à porter un préjudice à la jouissance de son bien. Dès lors, la construction projetée ne peut être regardée comme de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien que détient la SCI Ofuni. Par suite, elle n'a pas intérêt lui donnant qualité pour agir contre l'arrêté en litige. Par suite, la fin de non-recevoir doit être accueillie.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée, et peut, même d'office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.
8. Ces dispositions font obstacle aux conclusions de SCI Ofuni dirigées contre la commune de Chamonix-Mont-Blanc et la SCCV Les Racines qui ne sont pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SCI Ofuni la somme de 1 000 euros en application desdites dispositions à verser tant à la commune de Chamonix-Mont-Blanc qu'à la SCCV Les Racines.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de SCI Ofuni est rejetée.
Article 2 : La SCI Ofuni versera la somme de 1 000 euros à la commune de Chamonix-Mont-Blanc et à la SCCV Les Racines en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à la SCI Ofuni, à la commune de Chamonix-Mont-Blanc et à la SCCV Les Racines.
Fait à Grenoble, le 16 avril 2024.
Le juge des référés,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026