Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2402224

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2402224
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème Chambre
Avocat requérantMANYA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble a été saisi par Mme A de deux requêtes (n° 2402224 et 2402226) visant à contester le refus de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) de lui verser la prime "Ma Prime Rénov’". La requérante soutenait notamment que l’administration avait commis une erreur de droit en considérant que le délai de réalisation des travaux incluait la justification de leur achèvement. En cours d’instance, Mme A s’est désistée de ses conclusions en annulation, désistement dont le tribunal lui a donné acte. Par conséquent, le tribunal a rejeté le surplus des conclusions, notamment celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, sans se prononcer sur le fond du litige.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I°) Par une requête enregistrée le 2 avril 2024 sous le n° 2402224, et un mémoire du 26 septembre 2024, Mme A, représentée par Me Manya, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite du 8 février 2024 par laquelle la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a rejeté le recours administratif obligatoire ;

2°) d'enjoindre à l'Agence nationale de l'habitat de procéder au paiement de la prime " Ma Prime Rénov' " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à défaut d'enjoindre à l'Agence nationale de l'habitat de procéder au réexamen de sa demande de paiement ;

3°) de mettre à la charge de l'Agence nationale de l'habitat le versement de la somme de 2 000 euros tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'Agence nationale de l'habitat a commis une erreur de droit : le délai de 12 ou 18 mois encadre la réalisation des travaux et prestations et non la justification de la réalisation de ces derniers et la justification de la réalisation des travaux peut intervenir après le terme de ce délai, pour autant que les travaux aient été réalisés avant l'expiration de celui-ci ;

- elle a rencontré des difficultés techniques pour déposer les justificatifs ; la directrice de l'Agence nationale de l'habitat a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui accorder un délai supplémentaire pour produire les justificatifs des travaux ;

- l'Agence nationale de l'habitat aurait dû mettre en œuvre une procédure contradictoire.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 octobre 2024, l'Agence nationale de l'habitat conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire au non-lieu à statuer.

Elle soutient que la requête est irrecevable.

Les parties ont été informées en application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative que le tribunal était susceptible de se fonder sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête.

Par un mémoire enregistré le 10 octobre 2024, Mme A déclare se désister purement et simplement de ses conclusions d'annulation mais déclare maintenir ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

II°) Par une requête enregistrée le 2 avril 2024 sous le n° 2402226, et un mémoire du 26 septembre 2024, Mme A, représentée par Me Manya, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision explicite du 29 mars 2024 par laquelle la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a rejeté le recours administratif obligatoire ;

2°) d'enjoindre à l'Agence nationale de l'habitat de procéder au paiement de la prime " Ma Prime Rénov' " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à défaut d'enjoindre à l'Agence nationale de l'habitat de procéder au réexamen de sa demande de paiement ;

3°) de mettre à la charge de l'Agence nationale de l'habitat le versement de la somme de 2 000 euros tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient les mêmes moyens que dans la requête n° 2402224.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 octobre 2024, l'Agence nationale de l'habitat conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire au non-lieu à statuer.

Elle soutient que la requête est irrecevable.

Les parties ont été informées en application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative que le tribunal était susceptible de se fonder sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête.

Par un mémoire enregistré le 10 octobre 2024, Mme A déclare se désister purement et simplement de ses conclusions d'annulation mais déclare maintenir ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les décisions attaquées et les autres pièces des dossiers.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Sauveplane,

- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n° 2402224 et n° 2402226 sont relatives à un même requérant et posent à juger des questions similaires. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.

2. Le désistement de Mme A de ses conclusions d'annulation est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la requérante tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er :Il est donné acte du désistement des conclusions d'annulation des requêtes de Mme A.

Article 2 :Le surplus des conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejeté.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme A et à l'Agence nationale de l'habitat.

Délibéré après l'audience du 14 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Mathieu Sauveplane, président,

- Mme C E, première-conseillère,

- Mme D B, première-conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.

Le président-rapporteur,

M. Sauveplane

L'assesseure la plus ancienne,

C. E

La greffière,

C. Jasserand

La République mande et ordonne au ministre du logement et de la rénovation urbaine et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie ce qui les concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2 - 2402226